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    Crédit du Maroc rebondit

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4961 Le 15/02/2017 | Partager
    Les reprises de provisions, entre autres, propulsent les bénéfices à 309 millions de DH
    Le produit net bancaire s'améliore de 3,4% mais la marge d'intérêt sous pression
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    En l'espace d'un an, Crédit du Maroc a affiché des résultats très contrastés. Le facteur commun à ces deux exercices reste le coût du risque. La baisse de 35% en 2016 a soutenu les résultats tout comme la baisse des charges d'exploitation. L'activité commerciale se maintient, mais l'environnement de taux bas et la concurrence accentuent la pression sur la marge d'intérêt

    Crédit du Maroc a ouvert le bal des résultats annuels en publiant un résultat net part du groupe multiplié par 3,7 à 309 millions de DH. Il versera un dividende de 10 DH par action, soit un montant total de 109 millions de DH. Cela correspond à un taux de distribution de 53%. Malgré une hausse de 25% du coupon, il reste loin des niveaux observés entre 2005 et 2014. «Nous étions sur des taux de distribution relativement élevés les années précédentes. Ceci dit, nous restons dans la moyenne du marché. Et puis, nous avons une politique de consolidation de nos fonds propres pour notamment financer notre développement», justifie Baldomero Valverde, président du directoire de Crédit du Maroc, lors de la présentation des performances de la banque.

    La filiale de Crédit Agricole France s'est bien remise d'une année 2015 marquée par un coût du risque historiquement élevé (766 millions de DH) en raison de la défaillance de certains grands clients et un redressement fiscal de 79 millions de DH. Sur le risque, la situation est en nette amélioration, s'est réjoui le top management lors de la présentation des résultats mardi 14 février. Le coût du risque a diminué de 35% à 500 millions de DH en 2016. Les menaces qui pesaient sur un certain nombre de dossiers corporate se sont éloignées. En tout cas, l'exercice n'a pas enregistré la défaillance d'un gros dossier. Le recul du coût du risque provient aussi de l'amélioration du recouvrement. Les reprises de provisions ont bondi de 34%. A cela s'ajoute une baisse de 7% des créances en souffrance contre une progression de 5% pour l'ensemble du marché. Elles sont couvertes à hauteur de 78% par des provisions contre 70% une année auparavant.

    «Nous sommes fiers de nos résultats mais il n'y a pas d'autosatisfaction à avoir», tempère Patrice Boccaccini, directeur général adjoint Finances Groupe. Si le produit net bancaire a augmenté de 3,4% en 2016 à 2,2 milliards de DH, la marge d'intérêt qui représente 80% des revenus reste sous pression. Elle a limité sa hausse à 0,7% en 2016, malgré une croissance de 4% des crédits aux particuliers et aux entreprises. L'environnement de taux bas et le renforcement  de la concurrence accentuent la pression sur les revenus de la banque de détail. Pour contrer le ralentissement de la marge d'intérêt, l'effort sera notamment porté sur les commissions qui contribuent à peine à 15% au produit net bancaire. Le développement de la marge sur commissions passera par une accélération des acquisitions de nouveaux clients.

    «Nous allons déployer un plan de conquête extrêmement agressif», indique Baldomero Valverde. Le parc client a augmenté de 3% l'année dernière à 815.580 personnes. Il s'agira aussi d'améliorer le taux d'équipement des clients actuels.
    La diversification des métiers permettra aussi de lisser l'impact de la petite forme des revenus d'intérêts. La bancassurance ou encore la finance participative devraient à l'avenir prendre de l'importance dans le PNB du groupe. Cela dit, la banque va rester à l'offensive sur le crédit, en particulier les prêts à l'habitat.  
    Pour gagner de la compétitivité, Crédit du Maroc a lancé une vaste révision des process et une chasse aux coûts. Les fonctions support de certaines filiales par exemple ont été rapatriées au siège. L'objectif est de gagner en productivité en permettant aux équipes de se concentrer sur le business, fait savoir le management. Au passage, ces ajustements ont permis une économie de 6 millions de DH.

    «Le but n'est pas uniquement de réduire les coûts pour gonfler les résultats, mais il s'agit aussi de dégager des marges de manœuvre pour investir davantage», avance Boccaccini. Par contre, les fermetures d'agences interpellent sur les ambitions de la banque, même si elle réalise d'importants investissements dans le digital notamment. Quatre agences ont fermé en 2016 après six une année plus tôt. «Ce sont des points de vente qui n'étaient pas rentables et pour lesquels il n'y a pas de perspectives de rentabilité», justifie Valverde. «L'efficacité du réseau commercial et la productivité des agences sont une préoccupation permanente. Nous considérons que le niveau de productivité des agences au Maroc est insuffisant», constate le président du directoire. En dehors des agences au Maroc, Crédit du Maroc a fermé trois bureaux à l'étranger (2 en France et 1 en Italie) à cause de la faiblesse de l'activité depuis plusieurs années et des résultats structurellement déficitaires.

     

     

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