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    Economie

    L’Etat siphonne la trésorerie de ses entreprises

    Par Soufiane NAKRI | Edition N°:4947 Le 26/01/2017 | Partager
    Cinq «vaches à lait» assurent 85% de dividendes
    8 milliards perçus en 2016 et 9 milliards attendus cette année
    La stratégie de gestion des participations publiques est illisible
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    A fin 2016, le trésor a perçu 8 milliards de dirhams de dividendes. L’OCP reste le principal contributeur

    Tous les moyens sont bons pour assurer le train de vie de l’Etat et financer la hausse des dépenses de fonctionnement. Et tant pis si cela affaiblit la capacité d’autofinancement des entreprises publiques qui doivent continuer d’investir et à se développer. En 2016, le Trésor a reçu 8 milliards au titre de dividendes. Et cette pression ne va pas se relâcher, au contraire. Les prévisions inscrites dans le projet de la loi de finances 2017 tablent sur une rentrée de 9 milliards de dirhams.

    L’essentiel des revenus des participations du Trésor  provient essentiellement de cinq «vaches à lait»: le groupe OCP, Maroc Telecom, l’Agence nationale de la conservation foncière, Marsa Maroc et Bank Al-Maghrib. Les grandes structures qui n’apparaissent pas dans ce quinté sont soit en difficulté financière (ONEE), soit en pleine restructuration (CDG).

    Ce qui est certain, c’est que la stratégie de l’Etat-actionnaire, s’il en existe une, est illisible. Car au moment où le Trésor ponctionne la capacité de financement des entreprises, leur endettement augmente de manière inquiétante, au point d’attirer les inquiétudes de la Cour des comptes. Résultat, la dette publique (celle du Trésor plus les garanties accordées) s’emballe pour s’établir à plus de 80% du PIB.

    La Cour des comptes avait souligné dans son dernier rapport qu’entre 2014 et 2015, le total des encours des dettes de financement des établissements et entreprises publiques a explosé de 315% à 245,8 milliards de dirhams soit environ 25% du PIB. Cette explosion de l’endettement est liée à l’engagement de ces entreprises dans des programmes d’investissement massifs.

    L’OCP reste le principal contributeur.  Entre 2010 et 2015, ses contributions ont représenté 24% du total des transferts du secteur des établissements et des entreprises publiques vers l’Etat et 41,8% des dividendes et bénéfices au Trésor. En revanche, la CDG qui traverse une mauvaise passe, n’a pas encore versé le moindre dirham au Trésor. Il est prévu qu’elle lui signe un chèque de 350 millions de dirhams. C’est une illustration de plus de l’incohérence de la stratégie de l’Etat-actionnaire.

    Le portefeuille public regroupe 209 établissements opérant dans les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de l’aménagement et de la distribution d’eau et d’électricité. Il compte également 44 entreprises à participation directe du Trésor à hauteur de 84% par les sociétés de grande importance (OCP, ADM, Masen, RAM, Barid Al-Maghrib).

     

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