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    Entreprises

    Croissance: Les patrons veulent un électrochoc!

    Par Safall FALL | Edition N°:4947 Le 26/01/2017 | Partager
    A 4% pour ce trimestre, le Maroc devra changer de modèle et diversifier ses moteurs de croissance
    L’informel, l’éducation, la fiscalité sur l’investissement et le capital humain… ces boulets qui pèsent
    «Un choc de confiance, pour un choc de croissance»
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    Pour Driss Guerraoui, secrétaire général du Conseil économique, social et environnemental (CESE), l’économie marocaine devra relever plusieurs défis en 2017. Il s’agit notamment de celui de la création d’entreprises, donc d’emplois et de compétences, ainsi que le financement de l’investissement privé (Ph. APD)

    «La locomotive n’a jamais été aussi puissante, pour aussi peu de wagons à tirer». La métaphore est de Driss Benhima. L’ex-patron de la RAM et de l’ONEE était, mardi 24 janvier dernier, à la tribune de l’Association pour le progrès des dirigeants (APD). En employant cette comparaison plutôt imagée, le responsable faisait justement allusion au défaut de progrès dans les politiques économiques du Royaume quant à leur capacité à libérer l’investissement privé et les énergies entrepreneuriales.

    «Notre situation économique est totalement anormale, dans les conditions sociodémographiques actuelles: 4%, c’est bien, mais la croissance industrielle est en baisse tendancielle, le déficit de création d’entreprises s’accentue et l’emploi se crée plutôt dans l’informel. Nous sommes dans une économie qui favorise l’informel, avec des politiques budgétaires qui alourdissent la fiscalité d’année en année, en particulier sur l’investissement», fustige Benhima. D’ailleurs, pour l’ex-manager de la compagnie aérienne nationale, 2007 a été l’année phare où le moteur de la croissance s’est enrayé au Maroc. «C’est lorsqu’on a décidé d’imposer une TVA de 20% sur l’acte d’investir», rappelle l’ex-pilote de RAM et de l’ONEE. «D’où la nécessité de changer fondamentalement de politiques économiques».

    Cette panne de l’investissement, d’autres patrons la déplorent. «Il n’y a aucun deal flow dans nos banques venant du secteur privé. Heureusement que le secteur public est là», renchérit Moncef Belkhayat, PDG du groupe Dislog. «Il nous faut changer de paradigmes et de niveaux de réflexion, avec une vision à très long terme et une vraie réforme de l’éducation et de la justice», poursuit l’homme d’affaires. Belkhayat ne rate d’ailleurs pas l’occasion de ramener tout cela à l’actualité politique. «Le retard de formation du gouvernement n’est qu’un problème dogmatique qui montre que nous sommes encore dans une configuration bicéphale: conservateurs/progressistes. Nous avons oublié de nous concentrer sur l’essentiel: quel Maroc voulons-nous pour 2050?» signale  le patron de H&S Invest.

    Partick Dupoux, associé gérant à Boston Consulting Group, pense pour sa part que le Maroc a su bien réussir l’étape de la mise en place des conditions infrastructurelles d’une économie émergente. Mais dans un rythme et une qualité complètement en décalage par rapport au reste. «Il y a une grande nécessité à investir massivement dans le soft: l’éducation, la fiscalité et la réglementation… Et en faire des outils de compétitivité des acteurs locaux». Le consultant y ajoute l’impératif d’un «choc de confiance» entre secteurs privé et public, pour susciter un «choc de croissance». Cela passera d’abord, par exemple, par une décision de l’Etat de payer ses fournisseurs privés, au lieu de tout miser dans les infra-structures.

    «Ceci permettrait de réinjecter du cash et de la confiance dans l’économie», poursuit l’économiste. Quant aux accords de libre-échange et les retombées de l’ouverture économique prônée ces dernières années par le Royaume, Benhima est intransigeant: «Nous avons mal négocié notre entrée dans la mondialisation». L’ex-patron de la compagnie nationale brandit l’un des exemples qu’il connaît le mieux. «Dans l’aérien, le Maroc s’est engagé sur un accord open sky sans s’intéresser aux dissymétries entre les environnements fiscaux et sociaux des deux côtés  de la Méditerranée». 2017 est plutôt mal partie…

    Ces entreprises à contre-courant

    Mais tout n’est pas sombre dans ce tableau. Le contexte est certes difficile, mais quelques acteurs tentent de tirer leur épingle du jeu en misant la carte de l’innovation et de la transformation en profondeur, pour s’adapter à la rapide évolution du marché. Même les plus vieilles structures trouvent encore assez de flexibilité pour sécuriser leur avenir. D’autres, par ailleurs, continuent de croire  au miracle de l’entrepreneuriat et restent optimistes. C’est le cas de Amine Benkirane, le président de Kitea. «On m’a toujours dit que c’est la crise et que le Maroc va mal, mais il y a des acquis importants à développer», comme un marché intérieur qui gagne de plus en plus en maturité et en exigence de qualité.

     

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