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    Culture

    L’Orchestre philharmonique du Maroc fête ses 20 ans

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4945 Le 24/01/2017 | Partager
    Il a acquis une maturité et attire de grands noms internationaux
    Une ouverture sur la région avec la création de l’Orchestre philharmonique du Maghreb
    Une quarantaine de concerts par an
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    L’OPM a aujourd’hui acquis la maturité qui lui permet d’être dirigé par les plus grands chefs à l’image du compositeur et chef d'orchestre français Laurent Petitgirard (Ph. OPM)

    Emmanuelle Bertrand, Jean-Claude Casadesus, Marc Coppey, Abdel Rahman El Bacha, Laurent Korcia, Paul Meyer, Laurent Petitgirard, ou encore Xavier Phillips… Les initiés reconnaîtront des noms illustres qui du bout de leurs doigts, archets ou baguettes, ont participé à la création d’une véritable identité musicale de l’Orchestre philharmonique du Maroc (OPM). Chefs d’orchestre, violonistes, violoncellistes, clarinettistes ou encore pianistes…

    entre Salzbourg, Beyrouth ou Baden Baden, ils ont tous inscrit dans leur agenda Casablanca, Rabat ou Marrakech durant ces 20 dernières années. Le pari, lancé il y a deux décennies par l’homme d’affaires Farid Bensaid, Louis Peraudin, professeur de musique, et d’autres amis mélomanes, semble avoir réussi: doter le Maroc d’une formation symphonique (la première du Maghreb) et donner des concerts de musique classique de qualité.

    Ne manquait plus que les salles, les spectateurs et l’argent!

    Nous sommes en 1996, le projet, soutenu par feu Hassan II et une association à but non lucratif, est créé avec pour objectif de faire découvrir la musique classique au plus grand nombre. Le principal défi étant de trouver des musiciens  capables de jouer un répertoire aussi complexe que celui de Liszt, Rachmaninov, Bach, Beethoven ou encore Dvorak. Il a fallu faire la chasse aux talents dans les grands conservatoires du pays, identifier les meilleurs musiciens et puis les former avec des partenaires étrangers notamment l’orchestre  symphonique français Pasdeloup.

    Ne manquait plus que les salles, les spectateurs et l’argent! C’est là «qu’il fallait mouiller la chemise», déclare Farid Bensaid. «Nous étions dans une exigence d’excellence, il n’était pas question de faire "moyen" sous prétexte qu’on était au Maroc».  Le président de l’OPM, violoniste émérite, est également un homme d’affaires connu sur la place, ce qui lui a permis de convaincre quelques institutions et entreprises afin d’assurer le financement du projet. Des démarches qu’il faut sans cesse renouveler pour pérenniser l’aventure. «Nous voulons continuer à organiser de vraies saisons, à monter de vrais spectacles et des opéras aux standards internationaux».

    Le premier concert a eu lieu en février 1997, sous le patronage de SAR le prince héritier Sidi Mohammed. 20 ans plus tard l’OPM s’apprête à célébrer cet anniversaire avec une série de concerts à Casablanca et Rabat. Il faut dire que depuis, la formation a fait du chemin. Elle compte aujourd’hui quelque 80 musiciens professionnels et réalise à chaque saison une quarantaine de concerts: du grand  répertoire symphonique à la musique contemporaine, en passant par l’opéra et la musique de chambre. 

    Développer une véritable ingénierie culturelle

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    En ouverture de la saison en cours, le concert «Religion à l’unisson» prônant le vivre-ensemble à travers la musique, mettait en scène trois artistes d’exception issues des trois confessions (musulmane, juive et chrétienne). Ainsi, Dina Bensaïd et Eloïse Bella Kohn formant le duo Yadaïn et Caroline Casadesus, soprano, accompagnées des musiciens de l’OPM, de Smahi El Harati et Françoise Atlan ont transmis une émotion unique qui n’a pas manqué de marquer les esprits (Ph. OPM)

    «Aujourd’hui, l’OPM est perçu comme un trésor national, c’est un acteur incontournable dans le paysage culturel  au Maroc, mais son action va au-delà des frontières. Nous nous efforçons également de donner de notre pays une image d’ouverture et de modernité,  déclare pour sa part Caroline Saunier, directrice déléguée de la Fondation Ténor pour la culture. L’OPM a en effet développé  une véritable ingénierie culturelle notamment  avec la création de l’Orchestre philharmonique du Maghreb ou encore le Concours  international de musique, ainsi que des  productions d’opéra, mais il a surtout œuvré à faire sortir la musique classique de l’apparat traditionnel dans lequel elle se drape.

    Car si les concerts de gala gardent un certain cérémonial, l’OPM reste fidèle à sa mission: celle de promouvoir la musique classique au Maroc et de la rendre accessible à tous. Le choix du répertoire, qui reste abordable tout en étant d’une richesse harmonique exceptionnelle, y est pour quelque chose.

    D’autant plus que les concerts gratuits en plein air, les programmes Avant-Scène où le public est invité à se familiariser avec le langage musical classique et à décrypter les grandes œuvres du répertoire mais surtout  les concerts scolaires commentés, adaptés aux enfants font désormais partie de la programmation annuelle de l’OPM. «Aujourd’hui, les salles sont pleines», constate, non sans fierté, Farid Bensaid. «Assister à la 9e symphonie de Beethoven devant 4.500 spectateurs est tout simplement une consécration de tout notre travail».

    Témoignages, images d'archives et de coulisses...

    L’OPM s’apprête à célébrer son vingtième anniversaire avec une programmation surprise du 8 au 11 février à Casablanca et Rabat: quatre concerts inédits, impliquant 80 musiciens, 40 choristes, 10 solistes internationaux et 4 chefs d’orchestre, avec Frédéric Mitterrand en maître de cérémonie. Les concerts seront ponctués par des projections vidéo, retraçant l’histoire de  l’OPM avec un retour sur les évènements qui ont marqué l’histoire à travers des témoignages, des interviews, des images d’archives et de coulisses. Toujours en images, une exposition photo rétrospective  mettant à l’honneur 20 ans de moments forts de l’Orchestre philharmonique du Maroc, et sera présentée au public dans les halls des salles de spectacle.

     

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