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    Economie

    Le HCP optimiste sur la croissance

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4942 Le 19/01/2017 | Partager
    3,6% en 2017, mais avec très peu d’emplois
    La demande intérieure restera le moteur
    Le taux de pénétration des importations, 34%, dépasse celui des pays à PIB élevé
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    La valeur ajoutée agricole reste dépendante des conditions climatiques. Dans le non agricole, l’on constate un ralentissement du rythme de croissance

    2017 sera l’année de la reprise. Les prévisions qu’elles émanent des institutions internationales ou nationales s’accordent sur l’augmentation de la croissance au Maroc. Pour cette année, le Haut commissariat au plan reste optimiste: le PIB devrait enregistrer une hausse de 3,6% en 2017 contre 1,1% en 2016 sous l’effet d’une bonne tenue du secteur agricole. Une croissance qui n’est pas assez forte pour créer suffisamment d’emplois et améliorer le taux d’activité, un indicateur qui a reculé au cours des dernières années.  

    Dans ses prévisions, le HCP met l’accent sur les incertitudes liées notamment aux enjeux géopolitiques, à l’environnement international caractérisé par une croissance modérée des partenaires économiques et à la poussée des prix des matières premières. L’augmentation des prix à l’importation conjuguée à l’amélioration de la demande intérieure se traduirait par une hausse de l’inflation: 2,1% contre 1,7% en 2016.

    En revanche, le HCP fait l’impasse sur l’impact du retard pris pour la formation du gouvernement. Il s’est ainsi basé sur les dispositions prévues par le projet de loi de finances 2017 en particulier en matière de fiscalité, de dépenses d’investissement, de fonctionnement et de compensation. Il table ainsi sur une campagne agricole moyenne préférant rester prudent car même si le niveau de précipitations observé jusqu’à la fin du mois de décembre 2016 a augmenté de 30% par rapport à une année normale, la vague de froid pourrait impacter certains produits agricoles. Ainsi la superficie emblavée a atteint 4 millions d’hectares sur les 5 millions ciblés. La production céréalière serait de 70 millions de quintaux et une consolidation des réalisations des autres cultures industrielles, de l’élevage et de la pêche maritime est attendue.

    Dans ces conditions, la valeur ajoutée agricole augmentera de 9,7% contre une baisse de 9,8% en 2016. En revanche, les activités non agricoles ne vont pas rompre avec le ralentissement constaté ces dernières années: un taux d’accroissement de 2,1% par an durant la période 2013-2017 contre 5,3% par an en  2010-2012.  Elles vont dégager  une valeur ajoutée de 2,4% en 2017 au lieu de 2,2% en 2016.

     Le tertiaire poursuivra sur la tendance haussière amorcée en 2015 avec une croissance de 2,4%. Celle-ci s’explique par l’effet de la campagne agricole sur le commerce et le transport. Les services non marchands seront impactés par l’augmentation de la masse salariale dans l’administration à cause des  recrutements prévus dans le projet de loi de finances. En tout cas, la valeur ajoutée des services non marchands prendrait 2,2%.  

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    De son côté, le secteur secondaire améliorera son rythme de croissance: 2,5% contre 1,9% en 2016 dû à une légère hausse de la demande en particulier intérieure. «La demande extérieure adressée au Maroc ne croîtra pas de manière importante en raison du manque de visibilité», souligne Ahmed Lahlimi, haut commissaire au plan. Elle aura donc une contribution négative à la croissance (-0,3 points) puisque les exportations n’arrivent toujours pas à contrebalancer le poids des importations. «C’est un indicateur important qui renseigne sur la vulnérabilité du modèle de croissance et qui renvoie vers la compétitivité du tissu productif», soutient Lahlimi.

    La demande intérieure, qui reste le principal moteur de la croissance,  contribuerait pour 3,9 points à la hausse du PIB. Elle est notamment tirée par la consommation finale nationale (3,1%). L’investissement serait en hausse de 4,6% participant pour 1,5 point à la croissance. Cet investissement est à l’origine d’une part importante des importations de biens d’équipement, lesquels représentent 29% des achats à l’étranger en 2016 contre  19% en 2011.  «A lui seul, le compartiment industriel des exportations aurait entraîné un volume d’importations en intrants intermédiaires d’un montant global de 25 milliards en 2015 contre 12,7 milliards en 2011», indique le patron du HCP.

    Et d’ajouter que «le taux de pénétration des importations se situerait à 34% aujourd’hui». Il s’agit de l’un des niveaux les plus élevés relevés dans les pays émergents, notamment parmi ceux qui réalisent un PIB plus élevé. Pour le HCP, les effets multiplicateurs de la demande intérieure sur les importations de produits finis de consommation et d’équipements devraient être atténués pour réduire l’ampleur du déficit des échanges extérieurs.

    17 objectifs, 169 cibles

    L’ENCOURS de la dette publique globale du Maroc a connu une augmentation importante ces dernières années. Elle se stabiliserait à 80,5%. Cette dette a atteint 81,8% du PIB en 2016 contre 59,4% en 2010, soit un accroissement de plus de 22% du PIB. Plus des deux tiers de l’accroissement moyen de cette dette proviendrait de la dette directe du Trésor laquelle est passée de 49% du PIB en 2010 à 64,8% en 2016. 45% de cet accroissement de la dette publique globale vient de la montée de l’endettement des établissements publics. «Autant par son niveau par rapport au PIB que par les indicateurs de risque dont elle est assortie, elle ne susciterait pas aujourd’hui une réelle préoccupation. Mais il faut rester vigilant surtout que la dette extérieure des établissements publics aurait tendance à prendre le pas sur celle du Trésor et que l’environnement international décline de réelles menaces sur les coûts de financement de notre économie», souligne Lahlimi.

                                                                    

    Verbatim

    - La consommation des ménages, qui devrait croître de 3,2% en 2017, renvoie  à une amélioration du niveau de vie et à de nouveaux besoins satisfaits le plus souvent par les importations. Les achats de biens et services destinés aux ménages occupent une part croissante dans la balance commerciale atteignant 20% des importations.

    - L’effort d’investissement ne saurait se relâcher, comme cela a été le cas au cours des années 2013 et 2014, sans compromettre la croissance potentielle future de notre pays. C’est dans une meilleure gestion des programmes, leur allocation optimale sectorielle et technologique que le pays pourrait puiser les facteurs d’amélioration de la compétitivité du tissu productif et de la croissance économique.

    - Le déficit budgétaire sera ramené à un niveau tolérable: 3,5% du PIB en 2017 contre 4% estimé pour 2016. Un déficit qui sera comblé par l’emprunt. Ce qui devrait ramener le taux d’endettement du Trésor à 64% du PIB.

     

     

     

     

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