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    Entreprises

    L'écosystème Alstom monte en régime

    Par Amin RBOUB | Edition N°:4942 Le 19/01/2017 | Partager
    Bientôt une augmentation de 40% des activités du site de Cabliance
    Une plateforme de fournisseurs pour le sourcing local
    Un taux d'intégration locale de 20% dès 2018
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    Brahim Soua, DG d'Alstom Maroc: «Nous allons monter tout un panel de fournisseurs avec 20% d'intégration locale dès 2018» (Ph. L'Economiste)

    Le groupe français Alstom nourrit de grandes ambitions industrielles au Maroc. Le management a dressé un bilan d'étape de l'avancement de la stratégie d'industrialisation du groupe de ce côté-ci de la Méditerranée. «Alstom a pris l'engagement d'augmenter de 40% les activités de Cabliance», annonce Brahim Soua, DG Maroc. Cette décision se traduira par la création de plus de 60 emplois dans le site de Fès, avec des retombées et projets supplémentaires. L'enjeu est d'être prêt à «supporter la montée en régime des commandes».

    Mais attention, cette accélération capacitaire ne se traduira pas uniquement par du volume, mais aussi avec de la diversification. «En plus des faisceaux de câbles, nous comptons développer d'autres métiers et former les ressources à la fabrication d'équipements, de coffres, armoires électriques...» Derrière cette montée en régime, il y a des enseignements à tirer. En fait, cela renseigne sur la rentabilité avérée du site de Cabliance qui a fait ses preuves avec des livraisons dans les délais et une maîtrise des coûts. «Si notre maison mère nous autorise à augmenter la production de 40%, c'est parce que Cabliance s'est avéré une réussite», soutient le patron d'Alstom Maroc.

    Aujourd'hui, le site de production de Fès compte 210 employés, soit 180.000 heures par an d'activités  dans les faisceaux de câbles, armoires électriques... Avec le marché LGV et l'extension du tram (Phase2), Cabliance devra passer à 300.000 heures par an à fin 2018. Pour y arriver, il va falloir monter des investissements, acquérir des outillages de l'ordre de 1 million d'euros ou encore recruter plus de 60 personnes de plus. 70% de ces recrutements devront aller vers des postes d'encadrement. Le reste (30%) alimentera le staff des opérateurs.

    Autre enjeu majeur du groupe, faire évoluer considérablement le sourcing local au Maroc. Là encore, le curseur est placé très haut. L'objectif est d'exporter pour l'équivalent de 400 millions d'euros à l'horizon 2020. Pour rappel,  la multinationale a déjà réalisé 214 millions d'euros d'achats, depuis le Maroc, qui ont été acheminés vers différents sites Alstom en Europe. A fin 2015, le groupe français a commandé plus de 175 millions d'euros de sourcing local.

    A l'avenir, le constructeur français compte asseoir les fondements d'une culture industrielle ferroviaire au Maroc pour optimiser les opportunités liées à la localisation du sourcing et à l'export. Et c'est là où réside le grand défi! Le challenge consiste à assurer une maîtrise des process de manière à qualifier le tissu industriel conformément aux standards ferroviaires européens. «Il y a des fondamentaux et des standards à respecter dans les process de contrôle, en termes de conformité... de manière à intégrer l'excellence, les spécificités. C'est plutôt culturel», tient à préciser Brahim Soua. Autrement dit, le verre est à moitié vide car l'enjeu est de paramétrer le tissu industriel  marocain de façon à intégrer une logique de valeur ajoutée, de taille critique... pour ancrer une culture de standards ferroviaires et de ressources humaines adéquates.

    «Dans peu de temps, il va falloir être prêt pour assurer l'export vers le marché africain», signale le management.Et c'est l'une des raisons pour lesquelles le groupe français compte développer d'autres métiers au Maroc. L'accent sera mis sur 5 métiers majeurs. En plus des faisceaux de câbles, l'on s'acheminera aussi vers la fabrication de câbles. Il y a aussi l'activité vitrage qui sera développée localement. S'y ajoutent l'usinage de pièces, la climatisation, l'intérieurisme (habitacle, habillage, agencement) ainsi que l'ingénierie de l'infrastructure ou encore tout ce qui relève de la Classe C. En clair, l'activité visserie, boulonnerie. Jusque-là, le Maroc est absent sur ces métiers.

    Alstom compte aussi faire jouer plusieurs leviers: d'abord développer un panel solide de fournisseurs au Maroc. Il faudra au moins un fournisseur par métier. Pour l'heure, le fabricant a retenu une liste de 22 fournisseurs qu'il a accrédités sur 300 audités. Ensuite, faire évoluer la taille critique (business case). Enfin, développer l'activité maintenance est fondamental car cela permet de pérenniser des métiers et de rentabiliser les acquisitions. Ce qui passe aussi par le levier du transfert de savoir-faire pour ramener les fournisseurs locaux aux standards internationaux. Bien évidemment, la formation aura une place de choix dans ce chantier censé repositionner le made in Maroc.

    Sur le registre de l'intégration locale, l'objectif d'Alstom est d'arriver à un taux de 20% dès 2018. «L'intégration, ce n'est pas uniquement des pièces physiques, cela peut être de l'ingénierie, du service...», tient à préciser le DG. En même temps, Brahim Soua nuance que la notion d'intégration locale mérite d'être relativisée. «Il faut définir un modèle marocain qui n'existe pas encore. Il en va de même pour les spécificités et le cahier des charges de ce modèle qui doit être cohérent avec la vision du donneur d'ordre et de la stratégie industrielle du pays».

    Par rapport à sa stratégie industrielle au Maroc, Alstom privilégie la logique «best cost» (pays à coûts optimisés) au lieu de la politique low cost (pays à bas coûts).  Sur ce registre, le Maroc a de nombreux atouts (coût de main-d'œuvre, proximité avec l'Europe, coût de fret, réactivité...).

    Programme Eco-écoles

    La Fondation Alstom a signé une convention de partenariat avec la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'environnement autour du programme «Eco-écoles». Ce programme national permet aux élèves de 7 écoles publiques de (6 à Tanger et 1 à Fès) de devenir des ambassadeurs de l'environnement au Maroc. Cette opération intègre des actions de sensibilisation, de développement d'infrastructures écolo, des actes d'efficacité énergétique, plantation d'arbres... Le budget Eco-écoles d'Alstom tourne autour de 800.000 DH...

     

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