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    Banques participatives: «Ce n’est pas un maquillage marketing»

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4936 Le 11/01/2017 | Partager
    La vulgarisation, le principal challenge selon les opérateurs
    100 agences à l’horizon 2021 pour la filiale d’Attijariwafa bank
    Agée de sept ans, elle part avec un léger avantage sur la concurrence
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    La tarification des produits participatifs est l’une des principales sources de curiosité de la clientèle. Pour Youssef Baghdadi, président du directoire de Dar Assafaa, «nous avons déjà des clients, ce qui veut dire que nous arrivons à vendre. Le business modèle de la banque participative est totalement différent. Il faut comparer le coût de financement sur la durée du contrat et non uniquement lors de la souscription» (Ph. Jarfi)

    «Le virage que prend la finance participative est en partie imputable à Dar Assafaa», revendique Youssef Baghdadi, président du directoire de la filiale d’Attijariwafa bank. Ses remontées du terrain contribuent en partie à bâtir l’architecture actuelle de la finance participative. Sept ans après sa création, Dar Assafaa, qui va changer de nom, bénéficie d’un léger avantage par rapport à la concurrence. «Nous sommes prêts à lancer les nouvelles offres dès que les circulaires seront publiées. Nous avons déjà une base clientèle et des agences qui sont opérationnelles», markete Baghdadi.
     
    - L’Economiste: Dar Assafaa fête son septième anniversaire cette année. Qu’est-ce qui va changer avec le nouvel agrément?
    - Youssef Baghdadi:
    Déjà nous allons changer d’appellation. Ce ne sera plus Dar Assafaa, mais un autre nom qui fera l’objet d’une communication ultérieurement. Surtout, la stratégie change puisque le nouvel agrément nous permet de développer une gamme plus large de services à commencer par les produits bancaires classiques. Jusque-là, nous étions une société de financement qui commercialisait essentiellement des produits Mourabaha pour le financement d’un logement ou d’une voiture.

    - Quel est le dispositif prévu pour développer cette activité?
    - Nous avons actuellement un réseau de 17 agences. Nous prévoyons de nouvelles ouvertures cette année avec un objectif de 100 agences à l’horizon 2021.
    Nous sommes à l’écoute du marché et nous allons avancer en fonction des besoins. Dès que la réglementation sera prête et que le Conseil supérieur des oulémas aura donné son avis sur les produits, nous allons déployer notre nouvelle offre.

    - Que reste-t-il à faire au niveau réglementaire?
    - Des circulaires d’application  doivent sortir pour permettre la commercialisation des premiers produits. L’aboutissement de ce chantier prendra encore un ou deux mois en fonction de la diligence de la Banque centrale et de la disponibilité du Conseil supérieur des oulémas qui doit trancher définitivement sur la conformité des produits.
    De notre côté, nous travaillons sur des outils qui vont nous permettre de gérer notre trésorerie.
    Aujourd’hui, nous sommes prêts à lancer les nouvelles offres dès que les circulaires seront publiées. Nous avons déjà une base clientèle et des agences qui sont opérationnelles.

    - A court terme, quel est le défi le plus important pour les banques participatives?
    - Le principal challenge à relever est la vulgarisation. Il faut que les clients comprennent cette finance et la différence avec les produits conventionnels pour ne pas rentrer dans l’amalgame.
    Il ne s’agit pas d’un maquillage marketing. Certes, les banques participatives sont des filiales des banques conventionnelles, mais elles seront totalement autonomes. Elles seront soumises au respect de règles approuvées par le Conseil supérieur des oulémas.

    - La tarification nourrit beaucoup de fantasme. Etes-vous compétitive par rapport aux banques conventionnelles?
    - Nous avons déjà des clients, ce qui veut dire que nous arrivons à vendre. Nous sommes sur un business modèle totalement différent dans la banque participative. Il faut comparer le coût de financement sur la durée du contrat et non uniquement lors de la souscription.
    Dans le cas du produit Mourabaha par exemple, le client paie une traite fixe quelle que soit la difficulté qu’il rencontrera durant la durée du financement. Dans la finance classique, il doit supporter des intérêts de retard.
    - Comment traitez-vous les impayés alors?
    - Les règles varient en fonction du client. Celui qui arrive à justifier son incapacité réelle à payer sa traite bénéficiera d’un traitement spécial, c’est-à-dire que nous trouverons avec lui une solution pour qu’il régularise sa situation. Mais un client de mauvaise foi sera soumis aux règles générales, celles qui sont appliquées en cas d’impayés dans la finance conventionnelle. Il n’y aura pas que de bons clients dans la banque participative. Le comportement des clients indélicats sera sanctionné en conséquence.

    - Jusqu’ici les produits alternatifs n’ont pas connu un grand succès. A quoi faut-il s’attendre les prochains mois?
    - Il y a un marché, maintenant, son développement dépendra de l’offre et de la législation. Déjà, c’est un atout d’avoir la neutralité fiscale. Que ce soit la finance conventionnelle ou alternative, le client a besoin d’une qualité de service, d’un pricing, d’une proximité... Les remontées que nous avons du terrain et les benchmarks à l’international laissent entrevoir que l’activité pèserait aux alentours de 8% des actifs du secteur dans un délai de 5 à 10 ans. Si nous sommes au-delà, tant mieux.
    Il faut dire aussi que les banques participatives ne sont pas en concurrence avec les établissements conventionnels. A mon sens, il y aura une complémentarité. Nous venons compléter un écosystème.

    1,5 milliard de DH d’encours de crédits

    LA filiale d’Atttijariwafa bank porte un encours de crédits de près de 1,5 milliard de DH au bilan après quasiment sept années d’activité. Pour les dirigeants de Dar Assafaa, l’apport est ailleurs. «L’objectif premier d’Attijariwafa bank était d’installer cette finance. Le virage que prend cette activité est en partie imputable à Dar Assafaa», estime Youssef Baghdadi. «Nous avons en permanence échangé avec la Banque centrale et les autorités sur notre expérience.
    Cette connaissance du terrain permet à la place d’avoir une meilleure visibilité sur l’avenir de la finance participative», ajoute-t-il. Si Dar Assafaa a en partie contribué à la vulgarisation des produits alternatifs, le chantier en la matière reste immense.

    «Mercato»

    LE dispositif de mobilité bancaire sera effectif à partir du 15 janvier prochain. Les banques participatives devraient en profiter. Les déplacements pourraient s’effectuer au sein du même groupe.
    Toutefois, Youssef Baghdadi tempère l’impact de ces mouvements sur le recrutement des banques participatives: «il y aura une migration, mais elle ne sera pas significative. Le client choisira entre la banque conventionnelle et la participative en fonction de la qualité de service, de la proximité, de la tarification...»

    Propos recueillis par
    Franck FAGNON

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