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    Art-thérapie: La création comme remède contre le stress

    Par Karim Agoumi | Edition N°:4930 Le 03/01/2017 | Partager
    Une méthode d’accompagnement par la création permettant la transformation de soi
    Une démarche pratiquée sous forme de team building dirigé par des thérapeutes
    Des séances facturées entre 1.500 et 2.000 DH la journée
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    Réaliser une œuvre artistique pour interpréter les souffrances de son passé et faire apparaître des solutions permettant d’acquérir une confiance nouvelle et une meilleure estime de soi. Une démarche pour le moins originale de plus en plus employée en entreprise et portant le nom d’art-thérapie qui nécessite pour les salariés de suivre des objectifs préalablement fixés par un thérapeute et à travers laquelle l’image sert en permanence de fil conducteur. Un moyen efficace de lutter contre le stress, l’angoisse et l’anxiété des troupes qui commence à se faire connaître au Maroc. Petit tour d’horizon.
    L’art-thérapie consiste plus exactement en une psychothérapie à support artistique, souligne Aziza Ziou Ziou, psychologie clinicienne et art-thérapeute. C’est une thérapie au sein de laquelle l’activité créatrice est utilisée comme processus thérapeutique, ajoute Adib Chikhi, Consultant en ressources humaines et DG d’Altitude RH. «Le but n’est pas de réaliser une œuvre  mais d’utiliser l’art comme moyen d’expression de l’intériorité du patient», explique ce dernier. Il est donc essentiel de laisser voguer son imagination sans se focaliser sur le résultat lui-même. Un travail artistique qui donne progressivement du sens aux évènements antérieurs douloureux de la vie du salarié, ouvrant alors un véritable chemin de transformation de soi. L’employé renforce alors sa confiance en ses capacités puis devient ainsi moins exposé au stress. Une démarche qui sollicite à la fois l’imagination, l’intuition, la pensée ainsi que les émotions du salarié, ce qui lui permettra d’approfondir sa connaissance de soi et de générer par la suite une vision et des comportements nouveaux.
    Cette démarche est le plus souvent pratiquée en entreprise à travers des team building, nous révèle Aziza Ziou Ziou. Des séances en groupe ou encore individuelles qui durent généralement entre 90 minutes et trois heures et sont facturées entre 1.500 et 2.000 DH la journée, précise l’art-thérapeute. Une thérapeute y «accompagne» les participants dans leur travail créatif sans toutefois s’adonner à des interprétations, jouant ainsi le rôle de guide. Dans un premier temps, elle choisit avec ces derniers une modalité artistique. Il peut s’agir de collage, de peinture, de

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    dessin ou encore de sculpture. Ensuite, elle définit avec les employés les objectifs de la séance. Les participants s’adonnent alors à la création artistique, suivant rigoureusement les conseils prodigués par l’experte sur les matériaux ou les techniques à utiliser. A la fin de chaque séance, les sujets discutent entre eux et avec la thérapeute au sujet de leur création du jour, analysant entre autres les formes et les couleurs de leurs œuvres d’art.  Des échanges et des réflexions qui donnent souvent naissance à des pistes de réflexion personnelles et nouvelles, confie l’art-thérapeute.
    L’art-thérapie pratiquée en entreprise n’en est qu’au stade embryonnaire au Maroc. Apparue pour la première fois au Royaume à l’hôpital de Berrechid en 1981, la discipline a longtemps été l’apanage des centres de soins psychiques et mentaux ainsi que des institutions d’éducation pour les enfants en bas âge, révèle Chikhi. Néanmoins, la donne est en train de changer et de plus en plus de cabinets spécialisés offrent leurs services dans ce domaine. C’est notamment le cas du cabinet de consulting «Key RH» qui propose régulièrement ce type d’intervention aux entreprises. L’art-thérapeute nous confie notamment avoir collaboré conjointement avec ce bureau de conseil pour la fondation allemande  Frédéric Herbert basée à Rabat au niveau d’un projet de team building multidisciplinaire intégrant entre autres de l’art-thérapie. Parallèlement aux consultants en ressources humaines et aux cabinets, bon nombre d’artistes indépendants proposent des formations en médiation artistique et aux particuliers ou à des organismes travaillant sur la formation personnelle. «C’est notamment le cas de Salima Raoui qui accueille ses patients au sein de résidences artistiques», précise Ziou Ziou. Cependant, la discipline n’est encadrée par aucune réglementation officielle. Ainsi, tout coach peut se prévaloir du titre d’art-thérapeute, prévient Chikhi.
    Un véritable remède en entreprise contre les souffrances au travail et les risques psychosociaux, nous apprend la psychologie clinicienne. L’art-thérapie permet également au salarié de rester «zen» et «détendu» face à des aspirations professionnelles non concrétisées ou encore à un travail non épanouissant, ajoute la spécialiste. Cette méthode apporte également à l’employé bien-être et renforce son estime de soi. Un excellent moyen de gérer le stress et de réduire l’anxiété en favorisant émotions et énergies positives.

    Des formations encore discrètes dans le Royaume

    Les formations d’art-thérapie existent au Maroc mais demeurent très rares. Seuls quelques organismes d’inspiration anglo-saxonne peuvent prétendre former officiellement à cette discipline, précise Aziza Ziou Ziou, psychologue clinicienne et art-thérapeute. C’est notamment le cas de l’Institut marocain de psychothérapie intégrative (IMPI), fondé par la psychothérapeute Ghizlaine Chraibi, qui  permet également de devenir psychothérapeute et hypnothérapeute. Néanmoins, il n’existe pas de formation universitaire à proprement parler dans ce domaine ni de formations continues délivrant des certifications reconnues, souligne Adib Chikhi, consultant en ressources humaines et DG d’Altitude RH.

     

     

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