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    International

    Production manufacturière: L’Afrique devra profiter des produits «innovants»

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4921 Le 21/12/2016 | Partager
    Automobile, produits chimiques, agroalimentaire…
    Ciment, textile, industrie de la chaussure… ressources et main-d’oeuvre
    Plusieurs opportunités pour le Maroc
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    Les grandes entreprises resteront minoritaires dans la croissance des dépenses sauf en Afrique du Sud

    Le Maroc devra profiter de la plus forte croissance que connaîtra l’Afrique d’ici la fin de la décennie. Pour le FMI, le taux va s’accélérer entre 2016 et 2020 au rythme annuel moyen de 4,3% sur la période. La BAD elle, prédit une croissance moyenne modérée en 2016, à 3,7%, avant une accélération à 4,5% en 2017. Des prévisions tributaires de la vigueur de l’économie mondiale et du redressement progressif des cours des produits de base.
    Le Maroc est bien positionné pour tirer profit de cet essor, selon l’étude «Les Lions en mouvement II-Réaliser le potentiel économique de l’Afrique» du McKinsey Global Institute, think-tank indépendant adossé au cabinet de conseil McKinsey. Un Focus sur le Maroc a été réalisé par l’équipe de McKinsey Maroc.
    L’accroissement des échanges intra-régionaux constitue l’une des priorités identifiées, alors que l’Afrique dépend encore beaucoup des importations. Sur ce créneau, le Maroc pourrait accroître ses parts de marché à l’export, tant pour les biens que les services. Concernant les produits manufacturés, il pourrait viser, en l’espace de dix ans, de faire passer ses exportations automobiles vers l’Afrique de 1,6 à 7 milliards de DH, agroalimentaires de 1,4 à 5,9 milliards de DH et celles de matériel électrique de 1,5 à 4,5 milliards de DH. La consommation pour ces catégories de produits serait tirée surtout par deux segments, les consommateurs de classe moyenne mondiale et les émergents. C’est au Nigéria et en Afrique de l’Est que ces segments connaîtront la progression la plus rapide.
    Pour les services, le Maroc dispose d’un avantage concurrentiel dans les activités financières et services professionnels, notamment à travers la plateforme Casablanca Finance City. Il pourrait mettre à profit, par exemple, l’essor attendu des produits d’assurance-vie dont la collecte serait susceptible de progresser de 20 milliards de dollars d’ici 2025, et les besoins de financement de projets, avoisinant les 150 milliards de dollars par an dans les infrastructures seules.
    Le Maroc dispose traditionnellement en Afrique de liens économiques privilégiés avec l’Afrique de l’Ouest francophone, mais il devrait aussi raffermir ceux qu’il a commencés d’établir avec certains pays d’Afrique anglophone, en particulier le Nigéria et l’Afrique de l’Est. Les visites royales ont insufflé une forte dynamique aux relations maroco-africaines.  Rabat peut conforter son rôle économique dans ces régions à travers plusieurs secteurs notamment bancaire et de l’assurance, les télécoms et l’industrie, mais également l’agriculture et les fertilisants. Il faut dire que les IDE marocains en Afrique sont relativement diversifiés, mais restent concentrés entre les mains d’un groupe d’opérateurs restreint. Il s’agit principalement de Maroc Telecom, Attijariwafa bank, BMCE Bank of Africa, BCP, Managem, Ynna Holding,

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    Addoha et Alliances… Le second vecteur d’importance est la logistique, commerciale et aérienne. Il «conviendrait notamment de renforcer les liaisons aériennes avec les principales métropoles d’Afrique de l’Est, comme Nairobi, Kigali ou Adis Abeba, qui sont en plein essor aujourd’hui et d’envisager l’établissement de plateformes logistiques régionales à même de favoriser le commerce inter-régional», indique Yassir Zouaoui, directeur associé de McKinsey au bureau de Casablanca et co-auteur de l’étude.
    L’industrie manufacturière africaine pourrait viser le milliard de dollars de production annuelle en 2025. Toutefois si sa valeur ajoutée a progressé de 2,5% par an entre 2000 et 2015 (en ligne avec la moyenne mondiale), ce rythme est demeuré près de trois fois moindre que dans les pays émergents d’Asie, où il s’est élevé à 7,4% par an sur la même période. En 2015, la valeur de la production dans l’industrie manufacturière africaine s’est établie à 500 milliards de dollars environ, largement créée dans cinq pays: l’Egypte, le Maroc, le Nigéria, l’Afrique du Sud et la Tunisie. 70% de cette production sont allés à la demande domestique. Une part de 10% a alimenté le commerce intra-régional, et la part restante, soit tout juste 20%, a été exportée hors d’Afrique.
    Plusieurs catégories de produits contribueraient à un quasi doublement de la production manufacturière actuelle. La première d’entre elles regroupe des produits qualifiés «d’innovants mondialisés» tels les automobiles ou les produits chimiques. L’expérience du Maroc dans l’industrie automobile revient en avant. Les produits agroalimentaires (y compris les boissons) constituent la deuxième catégorie dont la fabrication locale pourrait être développée. A cet égard, l’industrie agroalimentaire africaine pourrait, d’ici 2025, augmenter sa production annuelle de 122 milliards de dollars par rapport à la trajectoire actuelle, ce qui correspondrait à un triplement de sa croissance. Enfin, les produits intensifs en ressources, comme le ciment par exemple, et ceux intensifs en main-d’oeuvre, tels que le textile ou l’industrie de la chaussure, sont les autres catégories qui affichent le plus grand potentiel d’accélération. A l’horizon 2025, ils devront connaître un surcroît de production envisageable de 72 milliards de dollars et 27 milliards respectivement.

    Il faudrait davantage de grandes entreprises

    Compte tenu de leur rôle moteur pour la croissance, l’Afrique a besoin de plus de grandes entreprises. Mais celles-ci jouent un rôle limité: environ 700 firmes dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les 500 millions de dollars réalisent un peu plus de 40% des dépenses B2B. Autrement dit, 60% du marché interentreprises découlent des dépenses effectuées par des entreprises de plus petite taille. En Afrique du Sud, les grandes entreprises représentent 90% du marché B2B, en Algérie 48% et au Maroc (29%). La répartition par taille des entreprises dépend beaucoup du secteur d’activité considéré. Si les grandes entreprises sont majoritaires dans les secteurs des services financiers, des industries extractives et des télécommunications, leur importance est en revanche moindre dans l’agriculture, la construction, les services en réseau ou les transports.

     

     

     

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