×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    «Le pragmatisme finira par l’emporter»

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:4917 Le 15/12/2016 | Partager
    Isolés, les climatosceptiques devront se rattraper
    L’usage des énergies fossiles doit baisser d’au moins 5% par an
    lalonde_4917.jpg

    Pour Brice Lalonde, l’une des chevilles ouvrières de l’Accord de Paris, ancien ministre français de l’Environnement, si les Etats-Unis se retirent de l’Accord, ce ne sera pas une «tragédie». Le président Bush avait fait pareil pour le Protocole de Kyoto, sans que cela menace le processus (Ph. ID)

    - L’Economiste: Une dynamique importante semble avoir été enclenchée avec l’Accord de Paris et la COP22. Comment capitaliser dessus?

    - Brice Lalonde: Il faut d’abord que le débat puisse atteindre tout le monde. Au Maroc, il faut qu’il touche les écoles et les universités, que les élèves et les étudiants l’assimilent et l’appliquent. Les citoyens croient que le changement climatique est une affaire trop grande ou trop lointaine et ne savent pas comment lui faire face. Il est nécessaire de rappeler que chacun a son rôle à jouer. En fait, ce sont les petits gestes qui font la différence: rouler plus doucement, faire des efforts d’économie d’énergie ou même savoir choisir ce que l’on va manger. En effet, nul besoin d’aller à l’autre bout du monde pour faire ses courses, alors que l’on peut manger des produits de saison locaux. 

    - Et à plus grande échelle?
    - Pour stopper le réchauffement climatique, il est important d’arrêter d’utiliser les combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et même le gaz naturel. Afin d’y arriver, nous devons réduire l’usage de ce type de combustibles d’au moins 5% par an. En parallèle, il faut se préparer aux perturbations hydriques. Nous savons que nous aurons des problèmes avec l’eau. L’un des principaux effets du réchauffement, c’est la modification de la pluviométrie et de l’évaporation. Il y aura de plus en plus de sécheresses, mais aussi, paradoxalement, des inondations et des crues. Il s’agit d’un élément supplémentaire auquel il faudra s’habituer et qui devra guider nos choix futurs.  Il faudra, par exemple, sélectionner des arbres qui résistent mieux aux pénuries d’eau. La planification devrait couvrir des périodes de 20 ans. Enfin, il est crucial de pousser les gouvernements et les maires à agir. 
    - Quel impact pourrait avoir un éventuel retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris? 
    - Je suis un peu angoissé de voir Donald Trump, connu pour être un climatosceptique, aux commandes. En même temps, je me rappelle d’un scénario similaire, lors des négociations pour la ratification du Protocole de Kyoto, quand le président Bush s’était retiré. Cela n’avait en aucun cas ralenti le protocole ni menacé sa mise en œuvre. 
    Je  pense que l’histoire se répétera. Les Etats-Unis ne peuvent pas à eux seuls changer la face du monde. Cet état des choses est dépassé. Les Etats-Unis se sentiront isolés et essayeront de se rattraper, en cherchant non seulement à éviter l’épuisement des réserves de pétrole, mais en développant de nouvelles sources d’énergie. 

    - Comment régler la question des financements? 
    - Le montage financier n’est pas encore totalement ficelé. Si nous ne comptons que les dons, nous n’atteindrons pas les 100 milliards de dollars promis. Si nous y rajoutons les prêts et les investissements, nous nous en rapprocherons un peu. Mais cela reste une question secondaire à mon avis, car de toutes les manières, il faudra investir. 
    Le problème réside dans le système financier qui reste instable.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc