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    Analyse

    Jeunes, génération «Printemps arabe» : Plus instruits, plus connectés… et toujours conservateurs

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4915 Le 09/12/2016 | Partager
    Un niveau d’insatisfaction élevé
    Les Marocains champions de l’égalité des sexes dans le monde arabe
    L’âge et le niveau d’instruction influencent l’évolution des valeurs chez les jeunes
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    Selon les responsables du Pnud, les événements de 2011, notamment ceux menés au Maroc par le Mouvement 20 février, «ont montré que nous ne pouvons plus traiter les jeunes de la région comme une génération en attente». Désormais, ils haussent le ton contre l’exclusion économique et sociale, mais restent toujours otages de l’incertitude de leur avenir (Ph. Bziouat)

    Passifs, désintéressés de la vie politique… Les jeunes étaient pendant longtemps victimes de stéréotypes. Les soulèvements de 2011, plus connus sous le termes générique «Printemps arabe», ont changé la perception de cette catégorie de la population. En effet, «la vague de soulèvements, qui a balayé la région arabe depuis 2011, nous a montré que nous ne pouvons plus traiter les jeunes de la région comme une génération en attente», selon Sophie de Caen, directrice du bureau régional pour les Etats arabes du Pnud. Plus de 5 ans après ces événements qui ont conduit au changement de plusieurs régimes dans le monde arabe, les jeunes n’arrivent toujours pas à s’affirmer en tant qu’acteur essentiel dans la vie publique. Même s’ils ont «continué à hausser le ton contre l’exclusion économique, sociale et politique», comme le souligne le dernier rapport du Pnud sur le développement humain arabe en 2016. Ce document met en avant les différents défis auxquels font face les jeunes dans les pays arabes, dont le Maroc. Il s’agit d’une analyse de l’évolution des convictions de la jeunesse concernant des thématiques centrales comme la place de l’individu dans la société, le rôle de la famille ou encore le niveau de participation civile et politique. Le profil dressé par ce document montre que «les jeunes de la région sont plus instruits, plus connectés et plus mobiles que jamais». Parallèlement, ils sont toujours sous l’effet des idées conservatrices, en dépit de l’émergence de courants modernistes. Dans leur quête d’émancipation, ils font face à des contraintes liées à l’inégalité croissante et à l’augmentation des conflits. En dépit de certains traits communs, les jeunes marocains affichent certaines différences par rapports à leurs homologues dans les autres pays arabes. Cela concerne les différents aspects couverts par ce rapport.
    ■ En manque de visibilité concernant leur avenir
    La plupart des jeunes arabes affichent des niveaux élevés d’insatisfaction. Au Maroc, les jeunes sont moins satisfaits de -8% par rapport à la moyenne internationale des pays de niveau similaire. La situation semble meilleure dans les Etats voisins, notamment l’Algérie et la Tunisie, où l’insatisfaction des jeunes est de seulement -4% par rapport à la moyenne. Les niveaux les plus élevés (-20%) sont enregistrés dans des pays connaissant des conflits comme l’Irak. Il faut dire que ces taux sont influencés par l’âge. Les seniors semblent plus satisfaits de leur vie. Au Maroc, la courbe  prend une tendance baissière de la tranche des 30-44 ans, selon les données du rapport du Pnud. Globalement, les raisons sont pratiquement les mêmes dans les différents pays arabes. Les jeunes sont influencés par le taux élevé du chômage, qui alimente l’incertitude concernant leur avenir. Cependant, le rapport montre une relation directe entre le niveau de scolarité et l’amélioration de la satisfaction des jeunes. Pour le Maroc, ce lien est visible dans la mesure où les données du Pnud montrent une courbe en hausse du primaire jusqu’au niveau universitaire. Les constats relatifs à l’insatisfaction des jeunes semblent avoir un impact direct sur les valeurs dominantes dans la société. Ce sentiment favorise l’extrémisme religieux et social, car il nourrit des positions conservatrices par rapport aux «différences».
    ■ Egalité des sexes: Le patriarcat en perte de vitesse
    Si les jeunes arabes s’accrochent toujours au modèle patriarcal de la société, des évolutions traduisent la perte de vitesse de ce type de conservatisme. La situation dans le monde arabe montre que le Maroc figure parmi les pays qui poussent le plus vers l’installation d’une véritable égalité des sexes, au même titre que l’Algérie et la Tunisie. La Jordanie et l’Egypte sont considérées comme étant encore en retard concernant ce point. Dans le cas marocain, les personnes les moins âgées sont les plus impliquées dans la défense de l’instauration de cette égalité. Dans d’autres pays comme la Tunisie et le Liban, l’impact de l’âge est moins prononcé. Le soutien de cette cause évolue plutôt en fonction du niveau éducatif.

    ■ Génération rebelle
    La vague des manifestations lancées par les jeunes dans plusieurs pays arabes en 2011 a favorisé un changement de perception quant à leur relation au pouvoir. Le rapport du Pnud souligne que «les Arabes parmi les plus jeunes et les plus instruits semblent moins obéissants au pouvoir». L’impact de l’âge et du niveau d’éducation est plus visible dans des pays comme le Maroc et la Tunisie, qui restent, toutefois, proches de la tendance mondiale dans ce domaine.
    ■ Et moins engagés en religion que leurs aînés
    Plusieurs enquêtes avaient montré la grande présence de la religion dans la vie sociale des Marocains. Le rapport élaboré par le Pnud nuance ce constat, en précisant que le niveau de religiosité augmente avec l’âge. Ceci est notamment le cas au Maroc, ainsi que dans d’autres pays comme la Tunisie et le Yémen. Ce document rappelle également la consolidation de certaines valeurs libérales. Ce qui témoigne de l’état d’une société en transition, marquée par des identités plurielles interconnectées, selon les conclusions de cette organisation internationale.

    ■ Faible participation civile
    Le Maroc semble encore en retard en matière de participation civile des jeunes. Il se retrouve avec des pays comme la Jordanie, le Qatar et l’Egypte, qui connaissent des tendances similaires. Cela, contrairement à d’autres pays de la région comme l’Irak, la Palestine et le Liban, où le niveau de participation civile est le plus élevé. Cependant, les conclusions de ce rapport montrent qu’au Maroc, l’implication des jeunes dans ces domaines est plus importante chez les personnes ayant un niveau éducatif élevé.

    ■ Islam politique: La désillusion
    Les manifestations du Printemps arabe avaient favorisé la prise du pouvoir par des partis issus des mouvements de l’islam politique. «L’hégémonie précoce de ces courants s’est traduite par un effet négatif». Cette parenthèse semble vécue par les jeunes comme une désillusion. Cependant, les populations des différents pays arabes semblent encore contre la séparation entre la religion et la politique. Cela est essentiellement l’avis des personnes âgées. Au Maroc, 80% des seniors interrogés ont affiché leur soutien à un Etat non laïque.

     

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