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    Elections primaires en France : Pourquoi les chrétiens démocrates sont proches du FN

    Par Fatima HAÏM | Edition N°:4900 Le 17/11/2016 | Partager
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    Pour Jean-Frédéric Poisson, candidat aux primaires de la droite, «il faut sortir la France de la crise multiple dans laquelle elle se trouve»  (Ph. Khalifa)

    Véritable «révélation» de ces Primaires, Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien-démocrate (PCD), veut incarner ce renouveau (tant attendu) du paysage politique français… Quoi qu’il en soit, «nouveau», il l’est! Sa politique, proche des idées du FN, reflète une vision très conservatrice de la société… Interview.   

    - L’Economiste: Quels sont les enjeux pour les primaires de la droite pour une formation comme le PCD?
    - Jean-Frédéric Poisson:
    Le seul enjeu de ces primaires est le redressement du pays, il n’y en a pas d’autres… Le but de ce vote, c’est de désigner un candidat de la droite et du Centre pour la Présidentielle. Au-delà, c’est de faire en sorte que le/la candidat(e) qui sera désigné(e) soit en mesure de redresser le pays, car la France ne va pas bien. Effectivement, il peut y avoir une opportunité pour notre formation politique de se faire connaître et de propager nos messages. Mais LE vrai sujet, c’est de savoir si la France peut sortir de la crise multiple dans laquelle elle se trouve…

    - Et comment un parti comme le PCD peut changer la donne?
    - Pour nous, les deux seuls vrais enjeux, c’est le redressement de l’Etat et le renforcement de l’Etat.  D’un autre côté, le retour à la cohésion de notre peuple est une chose absolument essentielle. Les autres concurrents sont plutôt engagés dans des catalogues de mesures plutôt techniques au détriment d’un projet politique bien défini. Alors oui, je pense que notre formation est de nature à défendre le pays en soi.

    - Qu’est-ce qui vous différencie des autres candidats? Vous qui êtes quasi inconnu de la scène politique…  
    - Justement, les campagnes ça sert à se faire connaître! La première différence, c’est que nous sommes conservateurs sur des sujets de société et aussi que nous défendons la place centrale de la famille au sein de la politique publique  (…) La deuxième, nous ne sommes pas des libéraux et nous pensons que la logique du marché ne doit pas s’imposer à toutes les formes de relations sociales. Même si, à la différence de mes concurrents je suis le seul chef d’entreprise de cette élection, avec une expérience économique réelle. 3e point, nous sommes souverainistes sur le plan européen. Nous regrettons depuis longtemps que la France se dissolve petit à petit dans une espèce d’ensemble anonyme et dominé par les logiques de marché. Enfin, nous ne sommes pas attentistes. Les récentes politiques menées en France, y compris celle menée par Sarkozy, étaient exagérément attentistes et nous avons perdu, en suivant les Etats-Unis, beaucoup de notre autorité et de notre crédit sur la scène internationale. La France, dans le concert des nations nécessite un équilibre plus balancé entre les deux grandes puissances: Russie et Etats-Unis (…) Je pense  que la manière dont on traite la Russie en France en ce moment est une erreur et que l’entrée de la France dans le commandement intégré de l’OTAN est également une erreur et je souhaite qu’on en sorte (…)

    - Quelles sont les grandes lignes de votre programme?
    - Il s’appuie sur deux grands piliers. Tout d’abord le renforcement de la puissance régalienne de l’Etat avec la reconstitution de notre outil de défense. Un impératif absolu compte tenu des risques actuels… Second pilier: faire en sorte que la France retrouve son indépendance et sa souveraineté… Ce qui veut dire, remettre à plat les traités européens (…) Il ne s’agit pas de détruire l’Europe mais de la sauver en lui rendant sa capacité à agir de manière concrète et ne pas se contenter d’un système administratif qui est en train de la tuer et rompre avec cette logique de marché.

    - Votre dernière sortie sur les lobbies sionistes a déclenché une vive polémique… Pensez-vous que cela pourrait compromettre votre campagne?
    - Non. Encore une fois mes propos n’étaient pas offensants, mais ils ont été mal perçus par un certain nombre de personnes en France et j’ai eu l’occasion de m’en expliquer. Il reste vrai que l’influence des groupes de pression israéliens est réelle. Cela a été démontré dans le décryptage de la campagne de Hillary Clinton. Et je reconnais bien volontiers que ma formulation n’était pas adaptée au paysage politique français, mais elle est vraie. Je ne visais personne en France. Et personne d’ailleurs n’a contesté la véracité de mes propos.

    - La France est une société multiconfessionnelle… Vous avez déclaré être favorable au port du voile et au principe de liberté de culte. Pour autant, vous avez déclaré être opposé aux flux migratoires d’origine musulmane…
    - Pas simplement d’origine musulmane, je parlais des flux migratoires en règle générale. Je pense que la France n’est plus en situation aujourd’hui d’accueillir de manière décente les populations de migrants qui viennent vivre sur son sol (…) Dans certains endroits, les Français sont déstabilisés par ces flux migratoires. Donc je pense qu’il faut marquer une pause dans cette mécanique là (…) J’ai accueilli des migrants dans la circonscription où je suis député. Il s’agit d’accueillir ces populations dans des conditions normales. Or, ils ont des besoins que nous n’arrivons pas toujours à satisfaire, que ce soit en habillement, scolarisation, etc. Je suis favorable au développement des richesses au niveau local. Par exemple, nous testons en ce moment des dispositifs de développement dans le domaine de l’industrie de transformation du bois, pour créer de l’emploi…  L’objectif, c’est que ces personnes ne ressentent pas le besoin d’émigrer pour trouver les moyens de subsistance…

    - Votre position sur ce sujet vous rapproche du parti d’extrême-droite français, le FN, dont vous êtes très proche…
    - Non. Pourquoi je serais proche du FN? Il est vrai qu’il y a des sujets que la droite et le centre ont abandonné depuis longtemps à tort… Effectivement, quand le FN reprend ces sujets et que je considère qu’il a raison, parce qu’il arrive qu’il ait raison, je l’approuve… Particulièrement lorsque le FN alerte sur la désertification de nos campagnes ou le sentiment d’abandon que subissent un certain nombre de nos concitoyens qui habitent dans les territoires ruraux…  
    Par ailleurs, je ne partage pas sa vision laïcarde ou la sortie de la zone Euro… Il y a de nombreux sujets sur lesquels nous sommes en désaccord…

    - Quel est votre pronostic pour les primaires?
    - Je n’ai pas de pronostic particulier. Je souhaite que les idées que je défends soient en mesure d’imprégner de la manière la plus vive possible le projet de société du futur candidat. Evidemment, cela sera plus facile si c’est moi ! Et puis les exemples récents au Canada et aux Etats-Unis nous ont démontré qu’il fallait être très précautionneux avec les pronostics.
    Propos recueillis par Fatima HAIM

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