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    COP22

    Un laboratoire pour l’architecture aussi

    Par Badra BERRISSOULE Stéphanie JACOB | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
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    Tarik Oualalou est l’architecte en chef en charge de l’aménagement du site de Bab Ighli pour la COP22. Son objectif était d’inventer une architecture qui parle du Maroc tout en parlant du monde, et bien sûr du climat (Ph. Mokhtari)

    La Conférence de novembre permet de parler du Maroc en tant que partie du monde, et de ce qui peut se passer ici et nulle part ailleurs. Des pays du Sud qui se réorganisent, la dimension spirituelle qui reprend sa part et une vision généreuse de l’humanité. Voici l’idée que s’en fait l’architecte en charge de l’aménagement du site de Bab Ighli pour la COP22, Tarik Oualalou. Confidences sur un chantier colossal.
     
    - L’Economiste: Comment avez-vous imaginé le site de la COP22?
    - Tarik Oualalou:
    C’était à la fois un challenge et une opportunité. Car c’est la 1re COP qui part d’un terrain nu. Ce qui a été fait est pharaonique. Sur ce terrain de 100 hectares, 30 ont été viabilisés pour y construire un peu plus de 120.000 m² de structures temporaires et permanentes. Il s’agissait d’inventer une architecture qui parle du Maroc tout en parlant au monde. Le thème de la tente a été une évidence. L’ensemble du site est organisé le long d’une colonne vertébrale, une canopée de 1 kilomètre sur 30 mètres de large, sur laquelle nous avons branché l’ensemble des infrastructures. Il fallait également que ce projet invente une manière urbaine et architecturale qui réponde à la question de l’urgence climatique. C’est une première expérience qui met au centre ce qui est temporel ou temporaire. Nous sommes un pays pauvre et cette conférence va nous coûter beaucoup d’argent. De ce constat, nous avons souhaité que cette canopée, le paysage de ce jardin d’essais qui couvre tous les climats du Maroc, les restaurants et la porte monumentale, deviennent l’embryon de ce qui pourrait être un grand parc d’expositions dont Marrakech a tant besoin. Notre obsession a été de se dire que nous ne fabriquons pas un événement mais on utilise l’événement pour fabriquer l’embryon d’un équipement. Une forme d’héritage en quelque sorte.
     
    - Et le résultat de ces aménagements est-il à la hauteur de vos ambitions?
     - Les trois quarts du site sont couverts par la Zone bleue des Nations unies où l’on trouve à la fois les salles plénières, les bureaux des négociateurs, les espaces de réception des chefs d’Etat et les pavillons des délégations. Pour la zone verte, ce sont deux grandes halles, une dédiée à l’innovation où seront présentes de nombreuses sociétés marocaines. L’autre étant dédiée à la société civile. Vous pouvez aisément imaginer ce que cela représente comme organisation. Un savant travail de coordination pour animer 300 pavillons avec des personnes de cultures différentes.
     
    - Les chiffres parlent d’un budget de 500 millions de DH pour l’organisation de la Conférence. Peu ou trop, selon vous?
     - Je ne peux pas m’exprimer sur ce montant car cela sort de ma propre mission. Par contre, je peux replacer ce chiffre dans le contexte. Le coût pour la COP21 est de 17 milliards de DH. Nous avons travaillé à l’économie, sans robinet ouvert. Il aura fallu mobiliser 100 à 150 entreprises, dont les trois quarts sont marocaines, pour des centaines de milliers d’heures de travail. C’est simple, il n’y a plus de société à Marrakech, Casablanca ou Agadir, qui soit disponible pour travailler sur un autre chantier, tellement nous avons siphonné le marché.
    Propos recueillis par B.B. & S.J.

     

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