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    COP22

    Ces idées d’ailleurs : De quoi cimenter une révolution

    Par Preeti Mehra - BusinessLine | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
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    Un ouvrier démoulant des bordures de trottoir en LC3 à Jhansi en Inde centrale. Aujourd’hui, deux bâtiments construits avec du LC3 et des matériaux de construction à base de LC3 fournissent une démonstration de cette technologie: l’Ambassade suisse à New Delhi, et le TARAgram Orchha près de Jhansi (Ph. Development Alternatives)
     
     

    Né d’une collaboration franco-suisse, le ciment écologique «LC3» a la capacité de réduire les émissions de CO2 jusqu’à 300 millions de tonnes (30%). Une alternative viable durable au ciment traditionnel extrêmement polluant.

    Avec une économie de plus de 2 milliards de dollars et une croissance supérieure à 7 % par an, l’Inde possède un appétit gargantuesque pour des marchandises en tous genres. Comme en témoigne l’explosion dans le domaine du bâtiment visible dans tout le pays, l’Inde est la deuxième puissance au monde pour la production et la consommation de ciment, juste après la Chine.
    La production de ciment libère des émissions de gaz à effet de serre, à la fois directement et indirectement. «Beaucoup d’oxyde de carbone (CO2) est libéré lors de la combustion de carburant, et de la transformation du calcaire en oxyde qui implique la fabrication du ciment» remarque Ravindra Gettu, professeur de génie civil et doyen associé du Conseil industriel et  recherche subventionnée à l’Indian Institute of Technology, à Madras.

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    Ces idées d’ailleurs publiées dans ce spécial COP22 (voir aussi page 58) font partie de l’initiative lancée par l’entreprise sociale Sparknews et 20 grands  médias économiques de référence mondiale, dont L’Economiste. Pour la seconde année consécutive, nous avons publié simultanément le 4 novembre (www.leconomiste.com) un spécial inédit de solutions innovantes ayant un impact positif sur le climat. Les lecteurs ont ainsi pu découvrir plus de 50 solutions business sur le thème des villes durables. Les chiffres de la première opération en novembre 2015 sont éloquents: 5 millions de lecteurs touchés, 12,7 millions d’audience sur les réseaux sociaux, 82% des entrepreneurs impactés positivement...

     

    L’Ambassade suisse à New Delhi en LC3

    Du point de vue du changement climatique, c’est un désastre qui s’annonce. La recherche d’alternatives a conduit à la technologie innovante du «Limestone Calcined Clay Cement (LC3)» (ciment à base de calcaire broyé et d’argile calcinée), un matériau de construction alternatif qui diminue les émissions de CO2 et la consommation d’énergie. C’est moins cher à produire, demande peu d’investissement en capital et potentiellement deviendrait le meilleur substitut durable du ciment ordinaire Portland (OPC) ou du ciment à base de cendres volantes Portland Pozzolana (PPC).
    En Inde, la production pilote de LC3 a été achevée en janvier 2015. Aujourd’hui, deux bâtiments construits avec du LC3 et des matériaux de construction à base de LC3 fournissent une démonstration de cette technologie: l’Ambassade suisse à New Delhi, et le TARAgram Orchha près de Jhansi en Inde centrale, qui abrite un bureau de Development Alternatives (DA), l’une des plus anciennes entreprises sociales en Inde, qui se concentre sur le développement durable. 
    DA a collaboré à un projet de développement de la technologie LC3 avec l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse, qui a conduit la recherche initiale.
    «Le LC3 est sur le point d’être certifié, standardisé et produit commercialement – en Inde et dans des pays en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie», déclare Vaibhav Rathi, directeur adjoint de la gestion de l’environnement à DA.

    L’ingrédient secret

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    Mais qu’est-ce que le LC3 exactement et pourquoi tous les acteurs inquiets du changement climatique sont-ils si intéressés?
    L’originalité du LC3 réside dans sa composition: 50% de clinker; 30% d’argile calcinée, 15% de calcaire et 5% de gypse. La quantité de clinker est à peu près la moitié de celle présente dans l’OPC (qui contient 95% de clinker), mais «l’ingrédient secret» est l’argile calcinée, qui est un déchet du kaolin, abandonné par les propriétaires de mines en raison de sa mauvaise qualité. 
    Afin de produire le ciment LC3, ce déchet est calciné à 750-850 degrés centigrades; une procédure qui ne nécessite que la moitié de l’énergie utilisée pour la production de clinker, et peut être effectuée en utilisant des fours rotatifs existants.
    Le calcaire utilisé est là encore de mauvaise qualité, et on peut lui substituer des matériaux de récupération provenant de l’exploitation du marbre et de la pierre de kota, une variété à grain fin. DA et IIT Delhi mènent des recherches approfondies qui, si elles aboutissent, permettront de faire un usage productif des 7 millions de tonnes de déchets de l’exploitation du marbre générés chaque année rien qu’au Rajasthan.
    Produit de manière similaire au ciment industriel, le LC3 est plus résistant que l’OPC et le PPC. Sa production émet 30% de moins de CO2 que l’OPC et 11% de moins que le PPC.
    L’équipe de recherche a mené des analyses de la durée de vie du LC3 dans deux grandes cimenteries. «Nous avons progressé du stade de laboratoire au stade pilote, et le retour des entreprises est bon», dit Rathi. 
    «C’est un matériau important, mais cela prendra du temps pour le perfectionner», indique Shashank Bishnoi, professeur assistant à la faculté de génie civil à l’IIT-Delhi.
    Dans le cadre de sa recherche, l’équipe travaillant sur le LC3 a dessiné une carte de la localisation du kaolin disponible au Rajasthan, et au Gujarat. Une carte interactive basée sur le SIG fournit des détails sur la mine, son propriétaire et la qualité de matériau brut disponible. Cela pourrait fournir des informations cruciales aux cimenteries indiennes qui souhaitent se tourner vers des technologies plus propres.
    Une alternative viable et durable au ciment, Le LC3 a un énorme potentiel. «Il peut être reproduit partout dans le monde, partout où le kaolin est disponible en abondance», souligne Rathi. 

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