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    International

    L’air toxique s’invite au débat

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4888 Le 01/11/2016 | Partager
    Un enfant sur sept souffre de la pollution, selon l’Unicef
    L’Asie et l’Afrique les plus touchées
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    A quelques jours de la COP22 qui se tiendra à Marrakech, du 7 au 18 novembre, l’Unicef publie une nouvelle étude «Assainissons l’air pour les enfants». En effet, les enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution atmosphérique, en raison de leur physiologie ainsi que du type et du degré d’exposition. Ils respirent deux fois plus vite, prenant plus d’air par unité de poids corporel que les adultes.
    Près de 300 millions d’enfants vivent actuellement dans des zones où la pollution de l’air extérieur est au moins six fois supérieure aux limites internationales. Au total, environ 2 milliards d’enfants vivent dans des zones qui dépassent la limite annuelle moyenne de 10 μg/m3 fixée par l’Organisation mondiale de la santé (quantité de microgrammes de matières particulaires par mètre cube d’air qui constitue un danger à long terme).
    La pollution de l’air peut causer des maladies mortelles. En 2012, elle était liée à 1 décès sur 8 dans le monde – soit environ 7 millions de personnes. Environ 600.000 d’entre elles étaient des enfants de moins de cinq ans. Près d’un million d’enfants meurent de pneumonie chaque année, plus de la moitié de ces décès sont directement liés à la pollution de l’air. Celle-ci est étroitement associée à d’autres maladies respiratoires telles que la bronchite et l’asthme, entre autres.
    Alors que les pays continuent à s’industrialiser et à s’urbaniser, la consommation d’énergie, de charbon et de carburant tend à augmenter. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que la pollution de l’air extérieur en zone urbaine a augmenté d’environ 8% entre 2008 et 2013. Les projections sont pessimistes. Selon l’OCDE, le taux de mortalité des moins de 5 ans pourrait être de 50% plus élevé que les estimations actuelles d’ici à 2050, en raison de la pollution de l’air extérieur. De son côté, la revue scientifique Nature indique que cela pourrait être encore pire – le taux pourrait doubler d’ici à 2050.
    Au niveau mondial, jusqu’à 88% de tous les décès dus aux maladies associées à la pollution de l’air extérieur et plus de 99% de tous les décès dus aux maladies associées à la pollution de l’air intérieur surviennent dans les pays à revenu faible et intermédiaire (Ndlr, dont fait partie le Maroc). L’Asie enregistre actuellement la grande majorité des décès attribuables à la pollution atmosphérique. Cependant, les proportions sont en train de changer.
    En Afrique, l’intensification de la production industrielle, de l’urbanisation et de la circulation est à l’origine de l’augmentation rapide de la pollution de l’air extérieur. Dans ces conditions, le nombre d’enfants africains exposés à la pollution de l’air extérieur est également susceptible d’augmenter. D’autant plus que la part du continent dans la population infantile mondiale devrait fortement progresser. D’ici à 2050, plus d’un enfant sur trois dans le monde devrait être africain.
    Pour l’Unicef, les changements climatiques menacent déjà le bien-être des enfants. Réduire les combustibles fossiles et investir dans des sources d’énergie renouvelables peut contribuer à réduire la pollution atmosphérique et les gaz à effet de serre qui accélèrent les changements climatiques. Réduire cette pollution peut aussi contribuer à améliorer la productivité et la performance économique. Il faut s’attendre aussi à une baisse des dépenses de santé au niveau des ménages et du gouvernement. Ce qui peut entraîner des milliards de dollars d’économies à l’échelle nationale. L’OCDE estime le coût total annuel de la pollution atmosphérique à environ 0,3% du PIB mondial, et devrait atteindre 1% du PIB d’ici à 2060. La Banque mondiale et l’Institut de métrologie sanitaire et d’évaluation ont révélé que les décès dus à la pollution atmosphérique coûtent à l’économie mondiale environ 225 milliards de dollars de pertes en revenu du travail et plus de 5.000 milliards de dollars de pertes de bien-être en 2013.

    Recommandations

    Au niveau gouvernemental, des programmes doivent être mis en œuvre pour réduire les émissions des combustibles fossiles et accroître les investissements réalisés dans les énergies durables et dans le développement à faible émission de carbone, recommande l’Unicef. Il s’agit notamment des engagements pris dans le cadre de la COP21 et de l’accord de Paris sur les changements climatiques et des contributions déterminées au niveau national.  Au sein des communautés, une meilleure gestion des ressources est nécessaire, ce qui passe par l’élimination sûre des déchets, de meilleures options de transports publics, ainsi que l’apport d’informations et de connaissances sur la réduction de la pollution. Une surveillance de la pollution est aussi primordiale.

     

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