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    Législatives 2016

    Pourquoi l’Istiqlal a régressé

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4872 Le 10/10/2016 | Partager
    Plus de voix, mais moins de sièges qu’en 2011
    Chabat appelé à s’expliquer
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    Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Hamid Chabat doit aujourd’hui faire face aux membres du comité exécutif. Et justifier le score de seulement 45 sièges (Ph. Bziouat)

    De 60 sièges en 2011, le Parti de l’Istiqlal est tombé à 46 en 2016. Pourtant, en nombre de voix, la formation politique a fait beaucoup mieux en 2016 qu’en 2011 (660.000 en 2016 contre 590.000 en 2011). Comment expliquer cette régression? Evidemment, de nombreuses voix au sein même de la formation politique n’ont pas tardé à accuser le secrétaire général du parti d’être à l’origine de ce «déclin». C’est «la faute à Chabat», s’empressent d’affirmer ses détracteurs.
    En tout état de cause, les résultats des urnes sont là et ne sont pas particulièrement en faveur de Hamid Chabat. Rendu responsable de tous les maux du parti, le tonitruant leader de l’Istiqlal s’en défend bec et ongles et, à son tour, accuse «ceux et celles qui se sont élevés contre lui de vouloir continuer à avoir la mainmise sur le parti». Cela, sans les citer, bien sûr.
    Cependant, dans les coulisses de la formation politique, on continue à lui reprocher la débâcle des élections communales de septembre 2015. Débâcle, dont la cause principale serait la sortie du gouvernement. «L’Istiqlal a toujours été présent dans les gouvernements qui se sont succédé depuis l’avènement de l’indépendance. Chabat, arrivé à la tête du parti, en a décidé autrement. Et cela nous a été fatal», estime un haut cadre de la formation politique, pourtant très proche de Hamid Chabat.
    En fait, d’autres «istiqlaliens» lui reprochent d’avoir «péché par un excès de confiance démesuré». Et aussi d’avoir sous-estimé les membres du «Mouvement sans répit» qui lui sont hostiles et qui espèrent encore voir Abdelouahed El Fassi (fils de Allal Al Fassi) à la tête du parti. Ceux-là mêmes qui l’ont traîné devant la justice, mais c’est lui qui a eu gain de cause en fin de compte. La justice a, en effet, reconnu en première instance et en appel la légitimité de son élection au poste de secrétaire général de l’Istiqlal. Ce n’est pas pour autant qu’ils ont baissé les bras. Un richissime istiqlalien de Casablanca et proche ami de Abdelouahed Al Fassi, a été même jusqu’à dire qu’il «est prêt à dépenser la moitié de sa fortune pour chasser Chabat et de Fès et du parti». De l’autre côté, les islamistes du PJD ont toujours affirmé qu’ils voulaient «déchabatiser» Fès. Ils y sont finalement arrivés. Du coup, pris entre deux feux, «Chabat n’a pas su bien garder cette ville», estime un membre du bureau politique du parti de la balance. «Et Fès, le grand symbole de la réussite de Chabat et qui était devenue sa chasse gardée, a pratiquement été livrée sur un plateau d’argent au PJD», ajoute-t-il. Et c’est à partir de là qu’auraient débuté les problèmes, du moins électoraux, de la formation politique.     
    Le Parti de l’Istiqlal a eu une chance de faire basculer la balance de son côté et à son profit. Mais il ne l’a pas saisie, estime-t-on. Lui qui a été à la tête de plusieurs gouvernements bien avant l’avènement du PJD. Cela veut tout simplement dire que les stigmates de la déroute de septembre 2015 sont encore bien visibles et les plaies ouvertes à l’intérieur même du parti ne sont pas encore guéries.
    L’engagement de l’Istiqlal dans cette bataille législative était donc vital tout autant pour son secrétaire général, Hamid Chabat, que pour toute la formation politique. La régression du parti lors de ces législatives, pour ne pas dire l’échec, aura assurément un impact direct sur les deux. Pour Chabat, en sursis à la tête de la formation politique depuis la débâcle des communales, c’était peut-être la bataille de la dernière chance. Réaliser au moins un honnête ou bon score, à défaut d’arriver premier, c’est ce qui lui était demandé. C’était la condition sine qua non pour espérer rester à la tête de l’Istiqlal. Le comité exécutif devrait trancher sur cette question et décider de la suite des événements lors d’une réunion prévue ce lundi au siège du parti à Rabat. Le départ ou le maintien de Chabat à la tête de l’Istiqlal figureront-ils à l’ordre du jour? En tout cas, le secrétaire général sera invité, à n’en point douter, à donner des explications sur un score qui n’honore en rien l’Istiqlal.

    Le PI dans le prochain gouvernement?

    Moins de 48 heures avant le scrutin du 7 octobre 2016, Hamid Chabat a affirmé que son parti «sera dans le prochain gouvernement et cela quels que soient les résultats obtenus». «Toutes les alliances sont envisageables et la politique est l’art du possible», a-t-il affirmé devant un parterre d’hommes d’affaires et de chefs d’entreprises. Cela veut pratiquement dire qu’une alliance avec le PJD reste possible. Mais cela ne peut se faire sans un feu vert du conseil national.  Ce dernier devra décider de la nature des prochaines alliances de la formation politique.
    Pour rappel, l’Istiqlal avait claqué la porte du gouvernement en 2013 pour rejoindre les rangs de l’opposition. Toutefois, Hamid Chabat avait promis que son parti allait apporter «un soutien critique» au gouvernement Benkirane.

     

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