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Finances-Banques

Secteur bancaire: Moody’s confirme la détérioration de la qualité du crédit

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4867 Le 30/09/2016 | Partager
La capacité bénéficiaire des banques restera soutenue
Le système judiciaire ne favorise pas le recouvrement des créances
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Olivier Panis, senior credit officer chez Moody’s Europe, Moyen-Orient & Afrique. Il couvre le secteur financier (Ph. Moody’s)

Dans son dernier rapport sur les banques (voir L’Economiste du 23 septembre 2016), l’agence de notation relevait une inquiétante montée du coût du risque due aux difficultés de certains secteurs tels que le textile, l’immobilier et le transport maritime. Olivier Panis, senior credit officer, chargé des institutions financières chez Moody’s dans la région Europe, Moyen-Orient & Afrique (EMEA), analyse les grandes évolutions à moyen terme du secteur.
 
- L’Economiste: Où situez-vous aujourd’hui les points de vulnérabilité du secteur bancaire?
- Olivier Panis:
Nous soulevons dans notre récent rapport un certain nombre de vulnérabilités des banques marocaines. D’abord, nous notons qu’elles ne devraient pas bénéficier d’une croissance du crédit très élevée, en raison notamment d’un niveau d’investissement qui reste faible comparé aux niveaux enregistrés entre 2008 et 2011, mais aussi du fort taux d’endettement privé. Si une croissance faible du crédit permettra de stabiliser les ratios de capitalisation, c’est en revanche une contrainte pour la croissance des revenus d’exploitation. Cette croissance, les trois plus grandes banques marocaines vont la chercher en Afrique sub-saharienne. Ce qui crée des risques de crédit additionnels pour le système car la qualité moyenne des portefeuilles de prêts dans ces pays est inférieure à celle du Maroc et plus volatile.
Ce nouveau risque s’ajoute à une qualité de crédit qui s’est déjà détériorée ces dernières années en raison des difficultés rencontrées par un certain nombre de secteurs industriels tels que le textile, l’immobilier ou le transport maritime, et d’un système judiciaire qui ne favorise pas le recouvrement rapide des créances. Cette détérioration conduit également les banques à augmenter leur niveau de provisionnement, ce qui pèse sur leurs profits nets, à hauteur de près de 35% des bénéfices avant provisions.
 
- Comment évoluera leur capacité de profitabilité à moyen terme?
- La profitabilité des banques devrait selon nous rester soutenue par plusieurs facteurs: un coût de financement relativement faible en raison d’un accès large aux dépôts à vue, des marges d’intérêt stables en dépit des baisses du taux directeur et grâce au faible coût de financement; des coûts opérationnels stables depuis 2011. A ces éléments, il faut ajouter une stabilisation des coûts de provisionnement attendue après plusieurs années de hausse. La croissance de l’activité en Afrique sub-saharienne devrait continuer à contribuer favorablement au profit des banques, malgré la hausse des besoins de provisionnement sur ces portefeuilles.
 
- Le développement en Afrique subsaharienne a-t-il pu être un accélérateur de risques?

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- Le Maroc étant une des économies les plus stables du continent, tant sur le plan institutionnel que sur le plan économique et monétaire, la croissance des trois banques systémiques marocaines dans la zone sub-saharienne détériore le profil de risque de leurs portefeuilles. En moyenne, le taux de créances douteuses sur ces portefeuilles a été supérieur à 10% depuis 2012 pour les trois grandes banques. C’est bien au-dessus du niveau de créances douteuses marocain qui atteint un pic à 7,7% sur la même période. Un certain nombre de facteurs expliquent cet écart, comme la volatilité de certaines économies, leurs dépendances aux prix des matières premières ou encore le manque de stabilité monétaire. Il s’agit aussi de reconnaître que l’acquisition de nouveaux portefeuilles s’accompagnent d’un long processus d’assainissement. Enfin, nous remarquons les efforts des banques en matière d’alignement des politiques de risque, de reporting et de contrôle sur les normes marocaines, ainsi que la surveillance accrue de Bank Al-Maghrib sur les activités internationales des banques et la coopération croissante entre les différents régulateurs bancaires de la région.
 
- Quelle est l’appréciation de Moody’s de la conformité des banques marocaines aux règles de Bâle 3?
- Le Maroc est certainement un des pays les plus avancés en matière de mise en place des standards Bâle 3 sur le continent africain à  la fois en matière de capitalisation et de liquidité. Des sujets liés au Pilier 2 tels que les «buffers» supplémentaires pour couvrir les risques des banques systémiques et la constitution d’un coussin contracyclique sont déjà bien avancés.
Propos recueillis par
Abashi SHAMAMBA

 

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