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    Développement régional
    La Banque Populaire veut déclencher la reprise à Fès

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4863 Le 26/09/2016 | Partager
    Renforcement de l'attractivité, octroi de crédits et relance économique… les priorités
    Décrivant un environnement sinistré, les opérateurs fassis tirent la sonnette d’alarme
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    Mohamed Benchaaboun, président du groupe Banque Populaire, s’est rendu à Fès pour sa 3e escale régionale. Très attentif aux doléances, le patron de la première banque de la place cherche à réinstaurer la confiance avec les opérateurs économiques (Ph. L'Economiste)

    C’est un environnement économique «sinistré» que décrivent les opérateurs fassis qui ont rencontré Mohamed Benchaaboun, président du groupe Banque Populaire, jeudi dernier à Fès. Rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la troisième étape du road-show des Banques Populaires Régionales (BPR) après Agadir et Rabat.
    En effet, les escales régionales du groupe BP visent à identifier les opportunités d’investissement dans les régions et les moyens de les accompagner. A Fès, le patron de la première banque de la place (un portefeuille clients de +420.000 relations), accompagné de Ahmed Tadili Kida président du directoire de la BP de Fès-Taza, est venu écouter ses hôtes.
    Le débat s'est focalisé sur les moyens de sauvegarder l’existant, rapportent les participants. Selon eux, tous les secteurs clés (agro-industrie, textile et cuir, immobilier, tourisme, artisanat…) de la capitale spirituelle sont touchés par une véritable «récession». «Nous faisons face à une crise sans précédent. Si les banques ne nous appuient pas, n’ouvrent pas leur robinet, et avec des conditions très favorables, la situation peut dégénérer à n’importe quel moment», alerte Mohamed Guessous, président du groupe AFEJ immobilier. Même son de cloche auprès de Fouad Zine Filali, PDG du groupe Zinelec et ancien président de la CCIS, pour qui «seule une intervention royale» pourrait contrecarrer le marasme économique et social que connaît Fès depuis plusieurs années. Outre une volonté politique «claire et exécutive», les opérateurs qui vivotent, réclament des investissements publics d’envergure afin de restaurer la confiance.
    Entourée de quartiers pauvres, de poches de bidonvilles et de localités rurales où le taux de chômage frôle les 50%, leur ville est «une bombe à retardement». Ce n’est pas d’ailleurs fortuit que Fès enregistre chaque jour, et depuis près de deux mois, des centaines d’arrestations. Son «insécurité» est due, entre autres, au chômage, manque de projets structurants, et pauvreté. «L’Etat doit prendre les mesures nécessaires pour remédier à cette crise… afin d’éviter à ce que nos malheurs soient exportés vers les villes qui se développent (Rabat, Casablanca, Tanger…). Autrement dit, si le bateau coule, personne ne sera épargné», estime Guessous. Que faut-il pour relancer l’économie au niveau de la ville de Fès? «Nous devons militer pour activer ce besoin urgent de redynamiser les secteurs clés, sources de créations d’emplois», estiment les opérateurs. Leurs échanges avec les responsables de la BP étaient sincères et très riches. Ils ont porté sur, la conjoncture économique régionale et les difficultés structurelles, les nouveaux enjeux de repositionnement, ainsi que sur les voies et moyens susceptibles de renforcer l’attractivité économique et la compétitivité de ce vaste territoire.
    Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par un recul des secteurs clés de la région. Un des piliers de l’économie régionale, l’agriculture, en dépit de la modernisation des exploitations, continue à subir les aléas climatiques. Le tourisme pâtit de la conjoncture internationale. L'immobilier souffre de l'accumulation de stocks invendus combinée à un faible pouvoir d'achat. Tandis que l’activité manufacturière a été considérablement impactée par la relocalisation d’unités de production au profit d’autres régions. «Les échanges ont donc mis l’accent sur les capacités de la région à créer de la richesse et à relever le défi de la compétitivité des secteurs stratégiques, en tenant compte de ce que les politiques publiques assurent comme moyens pour garantir l’attractivité territoriale», affirment les responsables de la banque. «Leaders historiques en matière de financement du tissu économique et d’accompagnement des différents plans sectoriels de la région, nous allons rester aux avant-postes en ces domaines, pour permettre à cette région de regagner son positionnement clé dans l’échiquier économique national», concluent-ils.

    Faire tourner la machine

    «Notre démarche stratégique se base sur la relance de l’investissement», souligne Ahmed Tadili Kida. Ainsi, le président du directoire de la BP de Fès-Taza insiste sur la réinstauration de la confiance pour «faire tourner la machine». En fait, les difficultés des entreprises et la montée spectaculaire des créances en souffrance ont incité les banques à plus de prudence, à recadrer la distribution des crédits de manière que ceux-ci produisent et ne soient nocifs. Pour relancer l’activité économique, la BPR maintiendra sa vocation de banque régionale et coopérative. Elle facilitera l’accès aux crédits, mais avec «une meilleure maîtrise des risques». Elle financera les crédits pertinents pour toute sorte de clientèle (particuliers, ménages, PME, et grandes entreprises…). Ce n’est pas d’ailleurs fortuit si ses instances de gouvernance régionale sont formées des acteurs économiques de la région. «Avec 116 agences et 24% de parts de marché, notre réseau bancaire est le plus dense de la région. Nous sommes aussi le 1er collecteur de dépôts avec une part de marché de près de 35%, et nous finançons l’économie régionale: 1 client sur 2 est financé par la BP Fès-Taza», souligne Tadili.

     

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