Législatives 2016

Omar Balafrej, tête de liste de la FDG: «C’est l’abstentionnisme qui nous pénalise»

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4861 Le 22/09/2016 | Partager
Entretien avec Omar Balafrej, tête de liste de la Fédération de la gauche démocratique
Près de 350 bénévoles disposés à contribuer à la campagne électorale
Focus sur la classe moyenne déçue par le PJD, et les sympathisants de gauche
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Pour Omar Balafrej, le véritable combat est celui de l’enseignement, secteur qui a été «sacrifié» par le gouvernement Benkirane (Ph. OB)

- L’Economiste: Lors des dernières élections, la FGD a créé la surprise en se plaçant à la 2e place après le PJD dans l’arrondissement Agdal-Ryad. Une performance qui pourrait se reconfirmer en octobre prochain?
- Omar Balafrej:
Nous sommes optimistes, mais la tâche ne sera pas aisée. Optimiste, parce qu’il y a un retour très positif de la part des citoyens de l’arrondissement Agdal-Ryad qui ne nous connaissaient pas auparavant et qui découvrent notre travail et l’engagement de nos 9 élus. Nous avons publié le bilan de nos actions au profit des habitants. Et nous avons clairement affiché notre désapprobation et opposition à de nombreux dossiers contraires à l’intérêt général. Toutefois, je tiens à signaler qu’il y a eu une collaboration efficace avec un membre du PJD au Conseil de la ville concernant la transparence dans la distribution des subventions aux associations.

- Quels sont ces dossiers conflictuels?
- Je me limite au point concernant le manque d’informations sur la gestion des projets par la société Rabat-Aménagement qui pilote le programme de la mise à niveau urbain de Rabat avec un budget de 9 milliards de DH. Nos élus étaient farouchement opposés à l’opération du transfert des budgets sociaux par le maire pour l’achat de voitures au profit de ses vice-présidents. Nous avons tenu à garder le contact avec les habitants à travers des rencontres directes ou via notre page Facebook. Ce travail commence à donner ses fruits, car près de 350 bénévoles ont déjà affiché leur accord pour participer aux côtés de nos militants dans notre campagne électorale.

- La zone de Yakoub Al Mansour, abritant la grande partie des électeurs, va constituer votre point faible. Comment vous aller pallier ce handicap?
- Effectivement, contrairement à Agdal-Ryad, nous sommes moins présents et actifs dans cette zone. Notre stratégie vise notamment à cibler la classe moyenne avec présentation de notre bilan communal et notre programme électoral qui propose une 3e voie pour le Maroc. Il ne faut pas oublier de signaler que le 2e candidat de ma liste n’est autre que le grand militant Mohammed Sassi, nationalement connu et qui m’a fait l’honneur de me soutenir. Il est en outre un enfant de Yakoub Al Mansour avec une longue et riche expérience en matière de participation aux élections.
- On dit qu’une partie des sympathisants de la gauche va  voter en faveur du PJD. Quel est votre commentaire?
- Effectivement, beaucoup de sympathisants de la gauche ont voté pour le PJD en 2011. Ils croyaient que c’était le seul parti capable d’apporter des changements à la gestion des affaires du pays et l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Mais 5 ans plus tard, il me semble que beaucoup d’entre eux ont regretté ce choix du PJD. Le même constat est valable pour une partie des Marocains notamment la classe moyenne et les couches défavorisées dont le pouvoir d’achat s’est détérioré. En matière de politiques publiques, on constate que le gouvernement Benkirane a adopté une politique ultralibérale en affichant sa volonté de sacrifier l’éducation et la santé au profit du privé. Sur ce volet, je tiens à rappeler l’exemple des Américains dont près de 90% des enfants passent leur scolarité du primaire et du secondaire dans des établissements publics. On ne peut pas concevoir le développement d’un pays sans un système d’enseignement public de qualité accessible à tous les citoyens. Ce qui n’est pas le cas au Maroc et pis encore depuis l’arrivée du gouvernement Benkirane.

- Mais ce dernier s’est attaqué à des dossiers chauds comme la Caisse de compensation et les retraites?
- Rappelons que plusieurs dossiers y compris celui de la Caisse de compensation ont été entamés par les gouvernements précédents. Mais pourquoi ce gouvernement n’a pas abordé d’autres dossiers portant sur la démocratisation du pays et l’équité sociale à commencer par une vraie réforme fiscale et la lutte contre la corruption. Pour le moment, les salariés restent la classe la plus fiscalisée du pays.
Propos recueillis par
Noureddine EL AISSI

 

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