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Economie

Banque: Première baisse des revenus en dix ans

Par Franck FAGNON | Edition N°:4815 Le 18/07/2016 | Partager
La banque de détail au bord de la zone de turbulences!
L'atonie du crédit et la baisse des taux d'intérêt resserrent les marges
Les profits sectoriels reculent de 6,5% à 9,4 milliards de DH
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Les revenus des banques ont doublé en dix ans. Mais la progression a marqué un premier coup d'arrêt en 2015 dans un contexte de ralentissement du crédit et de baisse des taux débiteurs. Par ailleurs, les profits sectoriels sont impactés par un coût du risque qui ne faiblit pas

Les revenus des banques (activité au Maroc) ont marqué un coût d'arrêt historique en 2015 après un recul de 1,1%. C'est la première fois en dix ans. La volatilité des résultats des activités de marché (-23% en 2015 après deux années de fortes hausses) explique en grande partie cette contre-performance. 

Cependant, la banque de détail qui constitue le moteur des résultats n'est plus ce qu'elle était. Certes, la marge d'intérêt (72% du produit net bancaire en 2015) s'est améliorée de 3,8% l'année dernière. Mais, à court terme, les choses ne se présentent pas forcément sous de bons auspices. Le crédit devrait demeurer peu dynamique en 2016 avec une croissance inférieure à 3%, plus exactement 2,7%, selon les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib. La demande des ménages est relativement bien orientée. En revanche, l'inquiétude vient des entreprises, qui ont significativement baissé leurs investissements. Dans un contexte de croissance fragile, les opportunités sont rares et les carnets de commandes moins garnis. De plus, les délais de paiement de plus en plus, longs viennent contrarier toute initiative. Les entreprises étant davantage préoccupées à assurer leur quotidien. Par ailleurs, le ralentissement du crédit incombe en partie aux banques qui ont resserré le robinet sur des secteurs en difficulté et vulnérables comme la sidérurgie ou encore la promotion immobilière. 

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Les banques gagnent essentiellement leur vie en distribuant du crédit. La marge d'intérêt pesait 72% du produit net bancaire sectoriel en 2015. Les activités de marché sont peu développées et sont en plus très volatiles. La faiblesse de la demande du crédit et la baisse des taux d'intérêt constituent une source de pression sur les résultats des banques 

Si la demande de crédit s'exprime peu, les banques doivent composer avec des taux d'intérêt qui s'effritent. C'est la conséquence des dernières décisions de politique monétaire (baisse du taux directeur) et de la compétition entre les opérateurs pour capter la demande solvable. Résultat, la marge d'intermédiation a diminué de 0,2 point en 2015 pour s'établir à 1,3%.
Globalement, si les revenus des banques sont en baisse, leurs charges, elles, ont augmenté de 5,4% pour atteindre 21,4 milliards de DH. Elles continuent notamment à ouvrir des agences à un rythme plus ou moins élevé selon les établissements. Mais la vague de digitalisation, qui est en train de transformer le business modèle des banques sur des marchés plus matures, devrait atteindre à un moment ou un autre le Maroc. Certaines banques s'y préparent déjà et ce chantier pourrait les amener à reconsidérer leur mode de développement. Pour l'instant, l'on en est pas encore là. La conjoncture a conduit à une dégradation de près de 3 points du coefficient moyen d'exploitation (charges générales d'exploitation rapportées au produit net bancaire) à 49%. La situation diffère d'un établissement à un autre. De même, la coût du risque s'est sensiblement détérioré à 8,5 milliards de DH. Il absorbe 42% du résultat brut d'exploitation. Après avoir résisté ces dernières années, les bénéfices sectoriels reculent de 6,5% à 9,4 milliards de DH. La baisse est plus marquée qu'en 2012 ou encore 2008. 
Toutefois, les leviers de croissance des banques restent nombreuses. Les jeunes actifs ou encore la TPME constituent, entre autres, des marchés d'avenir. En outre, la finance participative, même si son potentiel est difficile à cerner aujourd'hui, pourrait se révéler un soutien important aux revenus des banques.

 

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