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Evénement

Les chantiers de l’Enseignement supérieur pour la rentrée

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4814 Le 15/07/2016 | Partager
La massification «maîtrisée», sauf à Marrakech
De nouvelles ENCG et EST, 120 heures d’anglais pour les doctorants, du wifi haut débit,…
Révision du statut des enseignants, bourses pour la formation professionnelle,… les futurs défis
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Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur: «Il y a beaucoup de points à revoir dans le statut des enseignants. Par exemple, un professeur qui rentre des Etats-Unis ou d’Europe doit recommencer à zéro au Maroc, au stade de professeur assistant. Ce n’est pas normal» (Ph. Bziouat)

Cette rentrée 2016-2017 sera la dernière du mandat de Lahcen Daoudi. Des chantiers, il en a lancé plusieurs. Certains ont été achevés, tandis que d’autres devront être gérés par son successeur. «Le plus gros problème que nous avons au Maroc est celui des procédures administratives. Vous ne pouvez imaginer le temps que nous perdons, ne serait-ce que pour payer des experts!» regrette-t-il. 
Cette année encore, les efforts d’amélioration des capacités d’accueil des étudiants (qui devraient friser le million) seront poursuivis. Les chiffres définitifs ne sont pas encore disponibles, mais des constructions d’établissements sont lancées un peu partout dans les régions, et quelques ouvertures sont prévues. «Nous maîtriserons les flux. Aucune université ne devrait avoir de problème de capacité, à part celle de Marrakech, où nous venons de lancer le concours d’architecture du campus de Tamesna», précise le ministre. Une ENCG (Ecole nationale de commerce et de gestion) ouvrira, par exemple, ses portes à Dakhla, où une EST (Ecoles supérieures de technologie) est en cours de construction. Une EST est également en chantier à Sidi Bennour, de même qu’une ENCG à El Hoceima, et une faculté de droit à Kénitra (ses anciens locaux seront cédés à l’ENCG de la ville). Une faculté polydisciplinaire est, en outre, programmée à Taounate. Cette rentrée, les FST (Facultés des sciences et techniques), EST et ENSA (Ecoles nationales des sciences appliquées) travailleront sur leurs fusions, afin de donner naissance à des écoles polytechniques. Une quinzaine est prévue dans plusieurs villes (Marrakech, Fès, Tanger, Tétouan,…). «Le rapport Attali pour la France préconise la fusion des polytechniques. Ce que nous entamons va dans le sens de l’histoire», estime Daoudi. Des pôles de santé, à Casablanca et à Rabat, avec la fusion des facultés de médecine et de pharmacie et celles de médecine dentaire dans les deux villes, sont également prévus. Au niveau de l’encadrement, les universités auront droit à du renfort. Les 1.500 postes budgétaires accordés au ministère cette année (contre 300 à 400 les années précédentes) seront en majorité utilisés pour le recrutement d’enseignants. De quoi commencer à assurer la relève d’une population vieillissante. 
Cette année connaîtra aussi l’achèvement de la réforme des centres d’études doctorales. Les doctorants, eux, recevront 120 heures de cours d’anglais. 
Le wifi haut débit dans les cités et les universités c’est pour bientôt. Le ministère vient de procéder à l’ouverture des plis pour ce marché de 16 millions de DH, et un opérateur a été sélectionné. Les établissements bénéficieront, par ailleurs, de 23 millions de DH d’abonnements à des revues scientifiques.      
La révision du statut des enseignants fait partie des dossiers ouverts par Daoudi mais qu’il n’aura pas le temps de finaliser. «Il y a beaucoup de points à revoir. Par exemple, un enseignant qui rentre des Etats-Unis ou d’Europe doit recommencer à zéro au Maroc, au stade de professeur assistant. Ce n’est pas normal», avance le ministre, qui souhaite également introduire un grade exceptionnel pour les enseignants. L’objectif est d’encourager les professeurs ayant dépassé la cinquantaine (arrivés au niveau C), à continuer à s’investir dans la recherche. Surtout que l’on projette de prolonger l’âge de départ à la retraite des enseignants à 71 ans.
Autre projet non achevé, celui de la suppression des concours des établissements à accès régulé (ENSA, ENSAM, ENCG, FST, EST,…). Le concours devait être remplacé par une sélection sur la base de la note du baccalauréat national, via un système digitalisé. Comme l’appel d’offres pour la plateforme censée gérer le système n’a pas été concluant, le projet a été reporté.
Le successeur de Lahcen Daoudi aura aussi à gérer l’octroi de bourses d’études aux stagiaires de la formation professionnelle, les contrats avec les régions, la relève du corps professoral, la promotion de la recherche,… Le défi est de taille.

Equivalence des diplômes privés: un début de solution?

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Seuls les établissements privés reconnus par l’Etat peuvent délivrer des diplômes équivalents à ceux du public. Les écoles privées, elles, exigent que chacune de leurs filières accréditées par le ministère puisse délivrer des diplômes équivalents. Donc selon une procédure différente de la reconnaissance, lancée il y a tout juste un an, jugée «draconienne». Une procédure qui plus est prévue par la loi régissant le secteur. Les écoles ont récemment décidé de boycotter le ministère «jusqu’à ce que la loi soit appliquée». Lahcen Daoudi, lui, après avoir été contre, a ouvert le dialogue avec les représentants du secteur. Pour lui, cette disposition ne peut être de mise que si les critères d’accès aux filières accréditées sont revues, pour être proches de celles des établissements publics. «Un ingénieur dans le public, par exemple, est admis sur la base d’une moyenne de 14 ou 15, alors que dans le privé la moyenne peut être de 10. Ce n’est pas juste», estime le ministre. «Il faut que les écoles proposent de nouvelles conditions d’accès, plus pertinentes et plus justes. Il ne s’agit pas de défendre X ou Y, mais de défendre la qualité», poursuit-il. Ce sont donc à la fois les critères d’admission dans les écoles, ainsi que ceux d’accréditation des filières, jugés peu contraignants par le ministre, qui devront être révisés. Ce n’est qu’à partir de ce moment que les filières accréditées du privé (262 l’an dernier pour près de 200 écoles) pourront offrir des diplômes équivalents à leurs étudiants. Les écoles privées ont encore du chemin à parcourir.

 

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