Culture

Théâtre et cinéma: Une relation complexe

Par L'Economiste | Edition N°:3028 Le 20/05/2009 | Partager

. Issam El Yousfi analyse les interférences entre les deux genres . Le mélange permet l’enrichissement des deux langages«Théâtre et cinéma, une esthétique de l’impur», c’est un ouvrage qui vient de paraître aux éditions Esquisse. L’auteur, Issam El Yousfi, est dramaturge, traducteur et professeur chercheur dans le domaine théâtral. Son livre essaye de traiter de la relation entre les genres, pour voir quelle est la particularité de chaque langage au niveau des techniques d’expression. «Ce qui est central dans cette approche, c’est de repérer les emprunts réciproques, les interférences et les influences entre les deux genres», explique-t-il. Autrement dit, «comment le cinéma peut influencer la mise en scène théâtrale ou l’écriture dramaturgique, en empruntant des techniques telles que le travail de cadrage par la lumière ou le montage». De la même manière, le livre donne des pistes de réflexion également sur comment le théâtre peut influencer le cinéma à travers la direction d’acteurs, le travail sur le dialogue… L’idée qui se dégage de cette approche, c’est un certain dépassement des frontières entre les genres, d’où le titre de «l’impureté». Ce mélange permet l’enrichissement des deux langages. C’est une notion qui reflète une modernité au niveau de l’approche de l’œuvre artistique. Cela permet aussi de refléter une certaine liberté de l’artiste, qui est ouvert sur plusieurs genres. «Le théâtre est un art vivant, humain, naturel, qui permet une relation directe avec le public. Les émotions sont grandes et vraies. Pour sa part, le cinéma a le mérite de pouvoir toucher un large public», souligne encore l’auteur. Pour ce qui est de l’état des lieux au Maroc, El Yousfi pense que le cinéma commence à se développer sérieusement puisqu’il y a de plus en plus de films qui paraissent chaque année. Il cite par exemple les expériences de Nabil Ayouch et Jilali Ferhati, très actifs dans le domaine. «Mais reste encore un effort à faire au niveau du scénario et de la direction d’acteurs», soutient-il. Concernant le théâtre, chacun sait que ce n’est pas un art suffisamment développé au Maroc. Toujours est-il que les étudiants de l’Isadac essaient de développer une nouvelle vision des choses à travers l’écriture ou le travail de mise en scène. Plusieurs manques sont à souligner à cet égard, notamment au niveau de l’infrastructure et de la formation. A noter que Issam El Yousfi est titulaire d’un doctorat en «art du spectacle», de l’université de Paris VIII. Il enseigne la dramaturgie et l’écriture théâtrale à l’Isadac (Rabat, Maroc), dont il était également directeur. Il est adaptateur et traducteur de plusieurs auteurs, notamment B.M. Koltès, M. Schisgal et A. Chédid. Il a aussi publié en tant que pédagogue et critique plusieurs articles liés à la formation théâtrale et à la théorie des genres artistiques.Nadia BELKHAYAT

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