Courrier des Lecteurs

CDG: Des relations plus commerciales avec les partenaires

Khalid Kadiri, directeur général de la CDG

Par L'Economiste | Edition N°:547 Le 09/07/1999 | Partager

· Après la gestion protégée, la Caisse s'ouvre au marché

· Rajeunissement de la Caisse et encouragement aux départs de 10% du personnel

· La Caisse présente dans le consortium Medi Telecom


- L'Economiste: Pendant quarante ans, la CDG a bénéficié d'un statut privilégié par rapport aux autres intervenants du marché. Qu'en est-il aujourd'hui?
- M. Khalid Kadiri: J'estime que la CDG a accompli sa mission durant ses quarante années d'existence. Elle a concouru à donner au Maroc l'image d'un pays à haut potentiel. C'est un bilan satisfaisant aussi bien en termes de réalisations que d'équilibres financiers, de sécurité pour les déposants ou encore de savoir-faire accumulé. Par les temps qui courent, les entreprises du secteur financier ne sont pas à l'abri des vicissitudes du marché, la CDG a pu négocier des virages importants dans son parcours.
La gestion de la Caisse est passée par deux étapes majeures. La première période était plutôt celle de la prudence et de la gestion protégée. Aujourd'hui, la Caisse s'ouvre au marché.
D'ailleurs, l'entreprise a entamé une cure de jouvence en développant de nouveaux métiers. Nous cherchons à moderniser l'entreprise. Au total, 50 personnes parmi les 500 travaillant à la Caisse ont été aidées à partir dans le cadre de départs volontaires. Nous opérons en douceur de manière à éviter tout conflit social.

- Doit-on comprendre qu'il n'y a pas eu de confrontations sociales?
- Au contraire. Nous avons eu quelques mouvements de protestation au début de l'année. Il est tout à fait normal qu'il y ait des résistances au début. Mais cela s'est terminé sans heurts.

- Vous avez axé votre plan stratégique sur les métiers de la finance et les produits de placement dédiés. En aviez vous vraiment besoin?
- Face au développement du marché, la Caisse se devait d'être plus présente dans les nouveaux métiers.
Jusqu'à présent, les résultats du plan stratégique dépassent nos espérances.
J'en donnerai aujourd'hui pour exemple CD2G qui gère des OPCVM comptant parmi les premiers de la place. Ce qui est un indicateur important.
Par ailleurs, nous avons poursuivi le renforcement de notre position dans l'ensemble du secteur financier. Actuellement, 65% des partcipations de la Caisse sont orientées vers les établissements de crédit. Nous détenons des parts non négligeables dans la BNDE, le CIH, la BCP, la BCM, Wafabank, Crédit du Maroc, Sofac Crédit, Maroc Leasing...
Pour le cas du CIH, par exemple, la CDG est actionnaire de référence avec 35% du capital. La Caisse lui apporte également des ressources longues qui prennent la forme de souscription d'emprunts obligataires ou autres. Les créances sur cette institution représentent en moyenne entre 20 et 25% du total des engagements obligataires de la CDG.
Le reste du portefeuille est réparti comme suit: 14% en tourisme, 9,6% en industrie, 4,3% en assurances, 1,7% en immobilier...
A l'avenir, la Caisse poursuivra sa stratégie de développement des compétences dans les nouveaux métiers de l'ingénierie financière, à savoir les montages financiers, l'animation et la régulation du marché des titres de l'Etat en tant qu'intermédiaire en valeurs du Trésor (IVT).

- Les dépôts provenant de la CNSS et des caisses de retraite ont connu un véritable coup de frein. Ceci n'est-il pas inquiétant?
- Au contraire, je vois l'évolution future des dépôts d'un oeil favorable.
Il est vrai que plusieurs de nos déposants sont tenus par la loi de verser leurs fonds à la Caisse, mais nous préférons entretenir des relations beaucoup plus commerciales avec eux.
Pour cela, nous allons jouer sur la qualité de service plutôt que d'obliger nos principaux déposants à venir vers nous. A titre d'exemple, la Caisse est en train de développer un instrument de gestion monétaire pour les trésoreries. Ce type d'opérations est de nature à ramener les partenaires vers la Caisse.

- Le tourisme est connu pour être un secteur déficitaire dans l'activité de la CDG. Y en a-t-il d'autres?
- Le secteur touristique est en effet déficitaire chez nous. Notre patrimoine a besoin d'être remis à niveau. De plus, la situation du tourisme dans le pays ne s'y prête pas. Nous devons aussi avouer que nous n'avons pas le savoir-faire nécessaire pour gérer des hôtels. D'ailleurs, nous venons de passer un accord avec la chaîne Oberoï qui va reprendre la gestion de l'hôtel Jnan Palace à Fès. Il est également prévu de concéder la gestion du Royal Golf d'El Jadida au groupe Accor pour une période de 10 ans. Ceci d'une part, d'autre part, Cellulose du Maroc a une activité très cyclique, vu son lien direct avec les cours internationaux de la pâte à papier. Mais ce n'est pas pour autant que nous envisageons de nous désengager de cette affaire. Au contraire, nous sommes un actionnaire important de Cellulose du Maroc et nous comptons le rester.

- L'Etat vous a réservé un fauteuil dans le consortium gagnant pour la deuxième licence GSM. Etait-ce une mesure de protection?
- Je tiens à préciser que c'est la CDG qui a demandé au gouvernement de lui garder une place avec le gagnant.
Vu son statut d'institution financière et son rôle d'investisseur, la Caisse se devait d'être présente dans un secteur à fort potentiel tel que les télécoms. Les membres de Medi Telecom ont tous réagi favorablement. Nous allons tenir prochainement des réunions avec le groupe pour étudier son business-plan et prendre une décision conséquente.


Qu'est-ce que la CDG?


La Caisse de Dépôt et de Gestion est un établissement public doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière. Sa vocation première est d'assurer la gestion des fonds et la conservation des valeurs appartenant aux organismes qui y sont tenus ou qui demandent à l'être. Elle est chargée de la réception des consignations administratives, judiciaires, des cautionnements ainsi que la gestion des caisses ou services spéciaux qui peuvent lui être confiés. Ainsi, la Caisse reçoit principalement les sommes qui sont versées à la Caisse d'Epargne Nationale, les dépôts de fonds effectués par les notaires et ceux des secrétaires greffiers des tribunaux, les coopératives agricoles et artisanales, les caisses de retraites du personnel des offices, établissements publics et sociétés concessionnaires.
Il en est de même pour les sociétés et caisses mutualistes qui déposent obligatoirement leurs valeurs mobilières.
Elle est aussi habilitée à recevoir en dépôt et à gérer les avoirs de la Caisse des Retraite créées en faveur des salariés de l'industrie et du commerce. Parmi les grands déposants de la Caisse, la CNSS. Avec plus de 13 milliards de DH, les fonds en provenance de la CNSS représentaient 48% de l'ensemble des dépôts de la CDG à fin 1998.

A noter que les fonds disponibles de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, autres que ceux nécessaires à son fonctionnement courant, doivent être déposés à la Caisse de Dépôt et de Gestion par dérogation aux dispositions de l'article 54 du Décret Royal n°330-66.
Le taux des intérêts à allouer au titre de ces dépôts est déterminé chaque année d'un commun accord par le ministre de la Santé Publique et le ministre des Finances.
En tant que promoteur de l'investissements au Maroc, la CDG entretient des relations spéciales avec certains établissements. Cas exemplaire, le CIH. Avec 35% de son capital, la CDG en est l'actionnaire de référence. La Caisse apporte également des ressources longues au CIH sous forme de souscriptions de ses emprunts obligataires ou autres. Les créances sur cette institution représentent en moyenne 20 à 25% du total des engagements obligataires de la CDG tandis que les engagements du CIH vis-à-vis de la Caisse avoisinent 50% de son endettement global.

Yousra MAHFOUD & Hanaâ FOULANI

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