Entreprises

Polémique autour d’une nouvelle marque de cigarettes

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4533 Le 26/05/2015 | Partager
Le produit ne serait pas conforme à la variante homo-loguée
Les distributeurs crient à la concurrence déloyale
L’américain Philip Morris s’en défend

Selon la définition internationale, les cigarettes brunes doivent être composées d’au moins 60% de tabac brun. Mais, au Maroc, il n’existe pas de norme par rapport aux mélanges de tabac. Pour contrer la triche, certains distributeurs réclament l’uniformisation de la taxation des tabacs blond et brun

Du rififi dans le secteur du tabac. L’Emiratie-marocaine pour l’industrie et la distribution (EMID) vient de lancer la commercialisation des cigarettes Next à 15 dirhams. Produite par l’américain Philip Morris, la marque de tabac avait été homologuée il y a plus d’un an et demi par la Société marocaine des tabacs (ancienne Imperial Tobacco), qui ne l’a jamais commercialisée. Mais ce qui suscite une levée de boucliers dans l’industrie, c’est que l’on soupçonne Next d’avoir été officiellement listée comme étant du tabac brun. D’où son prix très bas. Mais le produit qui vient d’être lancé à coup de publicité sur les lieux de vente serait plutôt un blend entre le tabac brun et le tabac blond. Ce qui ne serait pas conforme à ce qui a été autorisé par la Commission d’homologation du tabac. Des analyses de laboratoire sont d’ailleurs en cours pour déterminer la véritable composition des cigarettes Next. Mais l’on soupçonne déjà une forte prédominance de tabac blond. La Commission d’homologation, qui est composée des ministères du Commerce et de l’Industrie, de la Santé, de l’Agriculture et des Finances, pourrait être interpelée pour faire sa propre enquête et réagir par rapport à cela.
Pour l’introduction sur le marché marocain de Next, marque premium de tabac brun, le distributeur a choisi les régions du sud de Casablanca, notamment Kelaâ Sraghna, Marrakech… Des zones connues pour la préférence des cigarettes Value For Money (low cost). La distribution de la nouvelle marque est en train de se déployer progressivement sur tout le territoire.
Pourquoi la nouvelle marque de cigarettes est à l’origine d’une forte tension entre les distributeurs? Si elle est vendue comme tabac blond alors qu’elle a été listée comme tabac brun, ce qui devrait encore être prouvé par des analystes en laboratoire, cela représenterait un manque à gagner en termes de recettes fiscales. La taxation des deux variantes va du simple au double.
Contacté par L’Economiste, Philip Morris rejette toute accusation. «Le produit que nous commercialisons est conforme à ce qui a été homologué par la Commission. Il s’agit bel et bien d’un tabac brun tel qu’autorisé», affirme le géant du tabac. Ce dernier rappelle que la plupart des fabricants de tabac recourent à des mélanges de tabac pour personnaliser un produit et que c’est une tendance généralisée à tous les opérateurs. La polémique ne manquera pas de s’intensifier une semaine avant la publication d’une nouvelle liste de cigarettes au Bulletin officiel, prévue par la loi début juin de chaque année.
Avec la libéralisation du secteur du tabac, la concurrence s’exacerbe. Il serait intéressant de voir quelle issue aura cette affaire.
Hassan EL ARIF

 

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