Economie

Qualité de l’air: Casablanca inquiète les experts

Par L'Economiste | Edition N°:4251 Le 09/04/2014 | Partager
Une étude est en cours dont les résultats seront prêts fin 2014
Phase actuelle: interprétation des données

Treize stations de mesure de la qualité de l’air, gérées par la Direction de la Météorologie nationale, sont placées à Casablanca dont 7 relevant de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement

LA qualité de l’air, un sujet qui préoccupe au plus haut degré les populations de Casablanca. Bien évidemment, les niveaux les plus élevés des indices de pollution sont enregistrés à la métropole, qui subit environ 30% de la pollution due au transport, selon les chiffres officiels.
Rien d’étonnant puisque le parc automobile a enregistré une croissance considérable ces dernières années passant de 1,6 million de véhicules en 2000 à 2,3 millions en 2008, soit un taux d’accroissement de plus de 5% par an.
Cette évolution du parc et des déplacements a des effets directs sur la qualité de l’air à travers l’émission de gaz toxiques tels l’oxyde d’azote (NOx) avec 35.000 t/an, le dioxyde de soufre (SO2) avec 21.000 t/an, le dioxyde de carbone (CO2) avec 7 millions t/an et autres particules en suspension avec 5.000 t/an, selon les données du secrétariat d’Etat auprès du ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement. Certes, le parc automobile est responsable à hauteur de 50 à 60% de cette pollution. Mais la pollution industrielle a également atteint des niveaux très critiques. Pour le dioxyde de soufre, l’on relève, depuis 2004, plusieurs dépassements de la norme annuelle pour la protection des écosystèmes préconisant 20 μg/m3 (allant jusqu’à 50 μg/m3), principalement au niveau du site industriel d’Aïn Sebaâ.
Pour les poussières, la norme pour la protection de la santé préconisant
50 μg/m3 a été dépassée au niveau de certaines zones urbaines impactées par le trafic routier, depuis 2003.
Des études épidémiologiques récentes ont montré aussi qu’à Casablanca la pollution de l’air a causé l’augmentation de certaines maladies (asthme, bronchites, infections respiratoires, conjonctivites). Au niveau mondial, quelque 7 millions de personnes sont décédées en 2012 en raison de la pollution de l’air, selon une étude publiée fin mars dernier par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ces chiffres  plus qu’alarmants ont été présentés à l’occasion d’un colloque sur la qualité de l’air organisé par la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM). L’évènement avait pour objectif de réunir les principaux acteurs marocains ayant un lien direct avec la problématique de la qualité de l’air: institutionnels, industriels, bureaux d’études et associations.
Des tables rondes et des ateliers ont abordé des thématiques comme la politique de la qualité de l’air au Maroc et en France, gouvernance, mesures et traitement. Des rendez-vous B to B sont organisés aujourd’hui mercredi 9 avril dans les locaux de la CFCIM à Casablanca
«Au total, 13 stations de mesure de la qualité de l’air, gérées par la Direction de la Météorologie nationale, sont placées à Casablanca dont 7 relevant de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement», a souligné Abderrafi El Haloui, chargé de la qualité de l’air à la fondation éponyme. Sachant  que le réseau de surveillance national de la qualité de l’air comprend 29 stations, dont 13 acquises par la Fondation. Ces stations sont programmées pour recueillir des échantillons d’air toutes les 15 minutes.
D’ailleurs, la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement  planche aujourd’hui sur la mise en place d’un dispositif de surveillance éco-épidémiologique  pour protéger les populations des effets de la pollution. Pour y arriver, une étude est en cours de réalisation. «La phase de collecte de données a déjà été effectuée en 2012-2013, nous sommes actuellement dans la phase d’interprétation. D’ici fin 2014, les résultats seront disponibles», annonce El Haloui.
Parmi les indicateurs retenus par les auteurs de l’étude figurent la teneur en 6 substances (SO2, CO, PM, NOx, O3 COV), la mortalité, les problèmes respiratoire ou cardio-vasculaire, l’absentéisme…

 

Aziza EL AFFAS

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