Analyse

Positionnement international: Les écueils qui plombent les efforts du Maroc

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5402 Le 30/11/2018 | Partager
Le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat en recul
Taux de dépendance élevé pour les importations de céréales et d’énergies
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La richesse globale du Maroc a connu une légère amélioration entre 1995 et 2005, selon l’Ires. En face, le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat reste encore faible, même si les responsables de l’Ires considèrent qu’il «ne reflète pas les potentialités économiques du pays»

Quel est le positionnement du Maroc au niveau international? C’est la question à laquelle ambitionne de répondre le tableau de bord stratégique, réalisé par l’Institut royal des études stratégiques (Ires), publié la semaine dernière. Sur la base de 187 indicateurs, ce document a mis en avant les domaines où le Maroc a avancé, a stagné ou a reculé, durant les deux dernières décennies.

Cette radioscopie a concerné les différents aspects liés au développement du Maroc et aux conditions de vie des citoyens. L’un des principaux sujets examinés porte sur la richesse globale du pays et son capital immatériel. Il en ressort que le Maroc a connu une «légère amélioration en termes de richesse globale par habitant, en gagnant deux places entre 1995 et 2005».

Pour l’Ires, ce positionnement pourrait être amélioré, si Rabat parvient à «opérationnaliser la nouvelle Constitution, qui consacre l’approche fondée sur l’immatérialité». Par contre, le Royaume a perdu des places dans le classement en matière de PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA). Il a reculé de la 111e position en 1995 à la 116e en 2005, avant de s’établir à la 112e place en 2016.

Pour les rédacteurs de ce document, ce positionnement «ne reflète pas les potentialités économiques du pays». Pour ce qui est du capital immatériel, «il représente les trois quarts de la richesse globale du Maroc, soit un niveau proche de celui des pays de l’OCDE», est-il précisé. Par contre, de nombreuses insuffisances sont identifiées dans d’autres aspects liés à ce domaine.

Par exemple, en matière de sécurité alimentaire, l’Ires a insisté sur «l’accentuation, sur le long terme, de la dépendance extérieure en céréales, à cause de l’augmentation de la population et de la fréquence des sécheresses». Le taux de dépendance aux importations est passé de 14,03% entre 1963 et 1971 à 43,44% entre 2002 et 2013.

Cette situation est accentuée par la faible mobilisation des marges offertes par les progrès techniques, qui auraient pu compenser les effets négatifs du changement climatique et de la dégradation des bases productives. Autre élément négatif: «le retard enregistré en matière de durabilité alimentaire». Cela est lié, selon l’Ires, au mode de consommation, au gaspillage alimentaire ou encore à l’insuffisance des installations de stockage et de réfrigération.

Le niveau de dépendance extérieure est également très élevé dans le domaine énergétique. Cela, même si ce taux a été ramené de 96,6% en 1999 à 93,3 en 2016, grâce notamment au développement de la production hydroélectrique et au lancement de la stratégie des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

En matière de capital naturel, l’Ires considère que la situation est préoccupante. «Le coût moyen de la dégradation de l’environnement, selon les estimations de la Banque mondiale, s’élevait à près de 4% du PIB en 2014». En face, Rabat ne consacre que moins de 1% de son PIB à la préservation de l’environnement.

Alerte sur la paix sociale

Au-delà de la richesse globale, le tableau stratégique élaboré par l’Ires a également mis l’accent sur une série de domaines liés à la sécurité globale du pays. Il en ressort un «recul du positionnement en matière de l’indice global de paix, à cause notamment des manifestations sociales enregistrées dans certaines régions du Royaume». Rabat a reculé de la 66e à la 71e place entre 2008 et 2018. Sur le registre du développement humain, les efforts menés par le Maroc sont plombés par «la durée de scolarisation, qui n’est en moyenne que de 5,5 années en 2017, contre 12,2 années pour les pays à développement humain élevé». Résultat, le Maroc est classé à la 123e position sur 189 Etats dans l’Indice de développement humain du PNUD. La position en termes de prospérité et de bien-être est également défavorable. Rabat a reculé dans cet indice de la 62e à la 97e position entre 2009 et 2017.

M.A.M.

     

 

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