Régions

Fès: L’embellie touristique continue

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5398 Le 26/11/2018 | Partager
La ville enregistre une hausse spectaculaire des nuitées
Renouveau de la médina et dessertes aériennes… clés du succès
Animer Bab Boujloud, Jnane Sbill et Son et lumière en priorité
fes_tourisme_098.jpg

Avec l’ouverture du ciel, les arrivées touristiques ont enregistré une nette progression au niveau de l’aéroport Fès-Saïss de 2014 à 2017. Il en est de même pour les nuitées touristiques. Dans les établissements d’hébergement classés, durant les 3 premiers trimestres de 2018, les nuitées ont atteint 787.525. Elles sont en évolution de 21% sur un an

Pour la première fois dans son histoire, Fès dépasserait cette année 1,5 million de nuitées touristiques. Une performance due principalement au désenclavement aérien dont jouit la capitale spirituelle.

Amorcée grâce à un partenariat tripartite réunissant l’ONMT, les Collectivités territoriales et la compagnie Air Arabia, l’ouverture du ciel de l’aéroport Fès-Saïss a permis d’accueillir, durant les 10 premiers mois de 2018, plus de 1,1 million de passagers. Notons que le nouveau terminal est doté d’une capacité de 2,5 millions de voyageurs. L’Economiste revient sur les principaux points de cette embellie spectaculaire.

■ Sécurité, stabilité et connexions aériennes
Pour les professionnels du tourisme, la dynamique du secteur, constatée depuis 2016, émane certes des connexions aériennes point à point mais aussi de l’image positive entretenue par la destination depuis l’achèvement des travaux de restauration des 27 monuments historiques. Ainsi, le Maroc tire son épingle du jeu malgré une conjoncture géopolitique et économique difficile de son entourage. Face à la frilosité des touristes, le Royaume reste «une valeur sûre», grâce à sa stabilité politique et sa sécurité, par rapport à d’autres destinations d’Afrique du Nord. Dans ce contexte, les principaux indicateurs touristiques de la ville de Fès sont très prometteurs. Ainsi, durant les neuf premiers mois de l’année en cours, les établissements d’hébergement touristique classés ont enregistré près de 800.000 nuitées, soit une hausse de 21%, par rapport à la même période de 2017. Cette croissance s’explique par la forte augmentation des nuitées des non-résidents, à hauteur de 89% des nuitées supplémentaires, en augmentation de 28% par rapport à l’année d’avant.

■ Les marchés français, américain, japonais… explosent
Par marché, les touristes français arrivent en tête des visiteurs de la cité idrisside. Ils sont de plus en plus nombreux (+12% en comparaison avec 2017) à venir découvrir l’histoire de la capitale millénaire. Viennent par la suite les marchés américain (+38%), allemand (+51%), espagnol (+42%) et japonais (+22%). Cette tendance haussière est également enregistrée en matière des arrivées. Ainsi, les hôtels classés ont totalisé plus de 422.000 clients à fin septembre, contre 343.323 durant la même période de 2017. Les statistiques établies par la délégation du tourisme soulignent une croissance à deux chiffres pour les marchés italien (+68%), allemand (+44%), espagnol (+41%), américain (+39%), français (+32%) et japonais (+18%). Et ce n’est pas fini, puisque les établissements touristiques ont affiché une bonne performance durant le mois d’octobre et ont une bonne visibilité pour novembre et décembre. A noter que le musée vivant de la médina de Fès est l’un des sites les plus prisés de la capitale spirituelle. Les cures thermales offertes par la nouvelle station Vichy Moulay Yacoub ne sont pas en reste. Ceci pour dire que la destination dispose d’un produit diversifié (médina, art de vivre et bien-être).

■ Renforcement de la capacité litière
Par ailleurs, le parc hôtelier de la ville se renforcera avec l’ouverture imminente de plusieurs hôtels (en cours de rénovation ou en création), tels le Palais Jamaï, Nour Plaza, et bien d’autres établissements. D’un investissement global de près d’un milliard de DH, ces hôtels doteront la ville d’une importante capacité additionnelle. Prévue également, la construction d’un palais des congrès de 2.500 places. En attendant, la destination compte quelque 165 établissements d’hébergement touristique classés, avec une capacité litière totale de plus de 9.400 lits. Toutefois, face au manque d’animation, la durée moyenne de séjour (DMS) stagne, depuis des années, à 2 nuitées. D’où l’idée de «tuer l’ennui» en proposant une animation culturelle permanente.

■ CRT, promotion, animation… les actions prioritaires
Depuis quelques semaines, les présidents des différentes associations professionnelles s’activent pour la préparation de l’élection d’un Conseil régional du tourisme (CRT Fès-Meknès). Ceci, afin de lancer la machine promotionnelle avant début 2019, régulariser la situation des salariés du CRT de Fès (sans salaires depuis plusieurs mois), et entamer des actions de marketing au niveau des marchés émergents. En revanche, l’amélioration du produit touristique reste de mise. A ce titre, les autorités locales insistent sur la réactivation du spectacle «Son et lumière», ainsi que l’animation du jardin Jnane Sbill et la place Bab Boujloud. Cette dernière, rappelons-le, est la principale entrée des circuits touristiques de la médina. Elle devrait abriter une animation permanente. «Son projet de réaménagement devrait faire revivre et préserver une culture orale populaire (halqa) tout en contribuant à la promotion du secteur touristique», souhaitent les professionnels du tourisme. En clair, ils soutiennent l’idée de faire de la place Boujloud «la soeur jumelle de Jamaâ el Fna». Sans prétendre voler la vedette à la place de la ville ocre, les professionnels du secteur préconisent une forme de complémentarité

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc