Entreprises

YouCode: Des «happy few» pleins de détermination

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5387 Le 07/11/2018 | Partager

Ils ont, pour certains, rêvé d’une deuxième chance, tandis que d’autres souhaitent se reconvertir. Leur histoire de vie et leur projet d’avenir sont différents, mais ils ont une chose en commun, la motivation. Les 112 jeunes étudiants de YouCode ont tout laissé tomber pour venir suivre cette formation en coding, totalement gratuite, à Youssoufia. Paléontologue, enseignante, ancien maçon... l’établissement regroupe des profils différents les uns des autres, mais qui ont pu en quelques jours créer un esprit de cohésion et de solidarité exceptionnel.

■ L’ancien maçon qui rêve de devenir geek!

happy_few_1_087.jpg

 

Originaire de Tinghir, Hamza, 22 ans, se sent «extrêmement chanceux» d’être à YouCode. «Jamais je n’aurais imaginé intégrer une telle école», confie-t-il, des étoiles plein les yeux. «L’équipe de YouCode met tout à notre disposition pour que nous puissions nous consacrer exclusivement à nos études. Je ne m’attendais pas à ce qu’autant d’intérêt nous soit accordé», se réjouit-il.
La vie de Hamza n’a pas été des plus faciles. Après avoir abandonné l’école au primaire, il a enchaîné les petits boulots dès son jeune âge. Il a été maçon, électricien, avant de travailler dans une société spécialisée en caméra de surveillance et une autre en domotique. Ayant toujours été fasciné par les nouvelles technologies, le jeune de Tinghir, en autodidacte, cherchait continuellement des formations sur le Net. «J’ai suivi une formation en ligne avec Cisco et des open classrooms sur Youtube. Mais même si cela étoffait mes maigres connaissances, ce n’était pas suffisant», avoue-t-il. En effet, le jeune de Tinghir rencontrait de grandes difficultés, notamment celles de la langue et de l’absence d’échange. «A YouCode, c’est différent, nous avons des formateurs présents sur place que nous pouvons consulter à tout moment», souligne-t-il. C’est par pur hasard qu’il tombe sur l’annonce sponsorisée de l’école sur les réseaux sociaux. «J’ai vu la vidéo une première fois, mais j’avais du mal à croire qu’une telle formation puisse être entièrement gratuite», explique-t-il. C’est après l’avoir revue à plusieurs reprises qu’il décide de tenter sa chance en remplissant le formulaire. «Je cherchais auparavant des formations dans le domaine. Cependant, toutes nécessitaient un certain investissement financier, que je ne suis pas en mesure de prendre en charge», raconte-t-il. C’est grâce à sa détermination et sa motivation qu’il a pu intégrer l’école. Cette chance inouïe qui lui a été offerte, il compte en profiter au maximum pour s’offrir un nouveau départ professionnel.

                                                                                  

■ Une paléontologue qui veut faire la différence

happy_few_3_087.jpg

Leila est doctorante en paléontologie, elle prépare sa thèse sur l’évolution des baleines en collaboration avec National Geographic. «Quand je suis tombée sur l’annonce de YouCode sur internet, j’ai voulu tenter ma chance et voir comment je peux valoriser mon travail de recherche grâce au coding», explique-t-elle. Elle dit n’avoir aucun mal à apprendre ce nouveau langage qui lui était totalement inconnu avant. «La recherche vous pousse à être autonome, et c’est la même chose ici. Nous nous auto-formons», indique Leila. Maintenant, la jeune doctorante apprend à travailler en groupe et développe une «écoute active». «Avant, j’avais l’habitude de travailler seule, de suivre des cours, passer des examens. A travers cette méthode, je sors de ma zone de confort et ça me plaît», confie-t-elle.

                                                                                  

■ Une prof bien spéciale

happy_few_2_087.jpg

Nawal est la doyenne de la première promotion de YouCode. A 34 ans, elle décide de suivre une formation en coding. Sa motivation, le partage de ses connaissances. Enseignante durant 4 ans dans différents établissements de la région, elle souhaite, à travers ce programme, pouvoir créer du contenu et le partager en ligne. «J’ai enseigné les mathématiques, et j’étais la seule à maîtriser le Soroban, une technique de calcul mental japonaise, que j’ai pu transmettre à mes étudiants», précise fièrement Nawal.
L’idée de suivre des cours de coding a toujours germé dans son esprit. «J’ai déjà trouvé des formations adéquates. Cela dit, j’avais à chaque fois un sérieux obstacle qui m’empêchait d’y accéder, celui de l’âge», raconte-t-elle. En effet, Nawal dépasse largement l’âge fixé par la tutelle pour pouvoir intégrer une formation initiale. «Même avec mon diplôme qui me permet d’avoir un travail stable, j’ai toujours senti un manque. Mais je ne voulais pas baisser les bras. Une fois que l’occasion s’est présentée, j’ai foncé!».

                                                                                  

■ Après l’anglais, le code

happy_few_4_087.jpg

Joviale et enthousiaste, Karima 25 ans, native de Youssoufia, est aux anges au sein de YouCode. Avec un diplôme en langue anglaise de la faculté de Marrakech, elle donnait quelques cours, ici et là, dans sa ville.
 Aujourd’hui, elle se consacre à un deuxième langage qu’elle souhaite maîtriser, celui du coding. «C’est un domaine qui me passionne et où je me retrouve», livre-t-elle. Karima n’est pas venue seule à l’école. Son frère fait, lui aussi, partie de ces «happy few». «Mon frère n’a pas réussi à décrocher son bac.
Démotivé, il n’a pas voulu le repasser une seconde fois. Il a donc choisi de tenter sa chance ici», explique-t-elle.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc