Dossier Spécial

Comment Dakhla entame sa mue

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5386 Le 05/11/2018 | Partager
La région investit 2,2 milliards de DH pour développer la vocation d’éco-tourisme
Un hub de commerce, de logistique et d’innovation marine
Les populations locales fortement pénalisées en cas d’absence d’accord avec l’UE
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Pour le président de la région de Dakhla-Oued Eddahab, Yanja El Khattat, «notre programme de développement régional 2016-2021 prévoit une série de projets touristiques autour de la mer, du désert et de l’écologie, impliquant une forte dynamique de développement et de création de nouveaux modèles d’hébergement touristique (Ph. DR)

- L’Economiste: L’Etat vous associe de plus en plus dans les réunions sur le dossier du Sahara marocain. Comment comptez-vous vous impliquer dans ce nouveau chantier de défense de l’intégrité territoriale?
- Yanja El Khattat:
Depuis que j’ai rallié la mère patrie et surtout depuis mon élection à la présidence du Conseil régional, je me suis impliqué dans la défense de notre première cause nationale. J’ai eu à participer à de multiples réunions concernant ce dossier que ce soit à l’échelle de l’ONU, de l’Union européenne et du Parlement européen ou au niveau national. Durant toutes ces activités, je n’ai ménagé aucun effort pour plaider, avec ferveur,  pour parvenir à une solution politique définitive à ce différend régional. Cette solution doit être dans le cadre de l’autonomie, sous la souveraineté du Royaume, étant donné que c’est la seule issue réaliste et applicable qui peut garantir la stabilité, la sécurité et une sortie honorable pour toutes les parties du conflit.

- Dans quelle mesure les provinces du Sud bénéficient des revenus des produits locaux exportés vers l’Europe?
- Les revenus des produits locaux exportés vers l’Europe bénéficient énormément  aux provinces du Sud, car ils contribuent au développement socio-économique de ces régions. Ils ont des retombées positives sur les principaux secteurs productifs, notamment la pêche et l’agriculture. Ces secteurs clés de l’économie régionale sont les plus attractifs pour l’initiative privée et participent à la création de la richesse et des milliers d’emplois qui dépendent directement ou indirectement de leurs activités. Par conséquent, ils influent, d’une manière significative, sur les conditions de vie de la population locale. L’exportation vers l’UE constitue l’un des leviers du développement que connaissent ces provinces. C’est pourquoi l’économie et les populations locales seront fortement pénalisées en cas d’absence d’un accord commercial avantageux, basé sur des préférences tarifaires comme c’est le cas actuellement.

- Comment comptez-vous faire de Dakhla une destination de tourisme durable? Quelles sont les incitations prévues dans ce sens?
- Avec sa position géographique sur une baie exceptionnelle, l’ensoleillement à longueur d’année,  ses paysages alliant la mer et le désert, ses plages étendues, Dakhla a tous les atouts lui permettant de s’imposer comme une destination privilégiée pour le tourisme nautique, notamment pour les sports de glisse. De ce fait, elle est en passe de se placer dans la liste des destinations mondiales les plus attractives. Le Conseil régional ne compte pas se contenter des résultats réalisés. Il entend, en collaboration avec tous les intervenants, pouvoirs publics, élus locaux et secteur privé, diversifier son offre touristique pour développer d’autres niches comme le tourisme écologique, culturel et de découverte. Il compte  renforcer et moderniser les structures d’accueil et encourager la multiplication des liaisons aériennes. Notre Programme de développement régional 2016-2021 prévoit une série de projets touristique autour de la mer, du désert et de l’écologie, impliquant une forte dynamique de développement et de création de nouveaux modèles d’hébergement touristique. Ceux-ci seront adaptés aux spécificités de la région, ses atouts naturels et écologiques qui tendent à concrétiser cette vocation éco-touristique espérée. Le coût d’investissement estimé pour la réalisation de ce pôle s’élève à 2,2 milliards de DH.

- Où en êtes-vous dans la mise en œuvre des principaux projets du Plan de développement régional?
- Ce programme a été adopté par le Conseil régional et visé dernièrement par les services centraux du ministère de l’Intérieur. Plusieurs projets sont actuellement en cours d’exécution.  En effet, des concertations ont été entamées avec les différents partenaires institutionnels et privés, potentiellement identifiés comme étant porteurs de projets. Plusieurs conventions ont été passées avec les différents départements ministériels concernés afin de mener à bien l’exécution des projets. L’idée est de permettre la mise en œuvre de la vision stratégique du PDR, qui tend à faire de la région de Dakhla-Oued Eddahab un hub de commerce, de logistique et d’innovation marine, en addition du pôle éco-touristique, dont elle sera dotée.

- Quel bilan dressez-vous de l’implémentation du nouveau modèle de développement des provinces du Sud au niveau de la région de Dakhla?
- Depuis son lancement par SM le Roi, il se caractérise par une dynamique soutenue et un taux d’avancement considérable. Ce nouveau programme de développement intégré des provinces du Sud de 77 milliards de DH est très ambitieux. Il permettra la convergence avec les programmes nationaux et aura sans doute des répercussions très significatives sur le développement de ces régions, par le biais des projets structurants.

- Quelles sont les potentialités de la région dans le domaine agricole?
- La région de Dakhla-Oued Eddahab offre des conditions favorables et idéales, qui sont des avantages compétitifs pour l’agriculture. De ce fait, elle est en passe de devenir un véritable pôle d’attraction des investissements agricoles. En effet, les cultures maraîchères intensives sous serre s’accroissent dans la région, et des projets très modernisés dans l’agriculture ont été réalisés ou sont en cours de réalisation. Par ailleurs, le programme de développement intégré de la région comprend la réalisation d’un projet de 5.000 hectares dont l’irrigation sera assurée par une station de dessalement d’eau de mer, d’une capacité de production de 100.000 m3 par jour. C’est le fruit d’un partenariat public-privé qui s’implantera aux environs de Dakhla. A cela s’ajoutent des projets d’agriculture solidaire dont bénéficient les jeunes agriculteurs de la Région, faisant de celle-ci un modèle en la matière.

Energies renouvelables

Caractérisée par son climat aride et tempéré, la région de Dakhla-Oued Eddahab recèle des ressources considérables et des opportunités d’investissements prometteuses dans le secteur des énergies renouvelables, notamment son potentiel éolien du littoral et solaire de l’arrière-pays. Cette filière est appelée à prendre plus d’importance dans l’avenir, car elle est susceptible de drainer des investissements étrangers et nationaux. Cela pourrait positionner la région en tant que hub des énergies renouvelables au niveau national et international.

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

                                                                             

Vocation africaine?

Dakhla assure un rôle de trait d’union entre le Royaume et sa profondeur africaine. Cette donne a été réaffirmée par la lettre royale adressée aux participants au forum de Crans Montana. Ce forum international, qui a tenu jusqu’à lors quatre sessions à Dakhla, est devenu un rendez-vous annuel des responsables et des experts de tous les coins du monde pour débattre des aspects et des défis relatifs à la coopération Sud-Sud et à l’intégration africaine.

D’autre part, le nouveau port Atlantique, dont le démarrage des travaux est prévu au cours de l’année 2019, sera un port de commerce et de pêche et disposera de plusieurs zones industrielles et logistiques. Ce qui aura des retombées socioéconomiques très importantes sur la région et sur ses relations avec les pays voisins de l’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine. Notre ambition, aujourd’hui, est de faire de Dakhla une plaque tournante et un véritable hub des échanges commerciaux, économiques et sociaux entre le Royaume et les pays africains voisins.

 

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