Economie

Projet de budget: Le retour des privatisations

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5377 Le 23/10/2018 | Partager
Une liste actualisée bientôt présentée au Parlement
Entre 5 et 6 milliards de DH attendus par le gouvernement
Le produit des cessions partagé à parts égales entre le Fonds Hassan II et le budget de l'Etat
investissements_realises_077.jpg

Même si les investissements des établissements et entreprises publiques programmés dépassent les 100 milliards de DH par an, les réalisations tournent autour de 60 à 65%. En 2017, le taux de réalisation était de 60% en baisse de 5 points par rapport à 2016. Cela est attribué notamment à l'ajournement des projets autoroutiers autour de Casablanca pour ADM  ainsi que le retard de plusieurs projets de Step en relation avec le foncier des régies de distribution. Pour 2018, le taux de réalisation prévisionnel est de 65%

Le programme de privatisation sera relancé. Une liste actualisée sera bientôt soumise au Conseil de gouvernement avant d'être présentée au Parlement. Elle tiendra compte du secteur d'activité et de la maturité de l'entreprise. Cela permettra de rattraper le retard dans le transfert de certaines entités publiques dont l'activité relève de la libre entreprise au privé et inscrite depuis plusieurs années sur la liste des sociétés privatisables. Dans son rapport sur les établissements publics, la Cour des comptes avait cité, le cas de Sonacos et Biopharma.

La relance de la privatisation permettra aussi de stopper l'extension de la sphère publique à des secteurs d’activité devant, en principe, être laissés à l’initiative privée. La Cour des comptes avait relevé le cas de l’ONCF pour l’hôtellerie, de la CDG pour l’ingénierie, le gardiennage, l’habitat social et TMSA pour la gestion de zones industrielles et l’ingénierie.

Des analyses stratégiques sont menées pour identifier les entreprises qui pourraient intégrer la nouvelle liste. Des établissements à caractère marchand feraient l'objet de transformation en sociétés anonymes en vue de l'ouverture de leur capital à des partenaires privés comme c'était le cas pour Maroc Telecom, la Régie des Tabacs et Marsa Maroc.

Une réflexion est également menée sur l'opportunité du désengagement des participations minoritaires ne revêtant pas un caractère stratégique. «Des entreprises publiques censées procéder à l’ouverture progressive de leur capital au secteur privé, au moment de leur création ou du changement de leur statut juridique (transformation d’établissement public en société anonyme) continuent à appartenir totalement à l’Etat, comme la Holding Al Omrane, alors qu’elles agissent dans des secteurs purement concurrentiels», soulignent les magistrats de la Cour des comptes. En tout cas, une recette estimée entre 5 et 6 milliards de DH au titre de la privatisation est prévue dans le projet de loi de Finances.

recette_privatisation_077.jpg

La première opération de privatisation a été réalisée en 1993. Depuis, 51 sociétés et 26 établissements hôteliers ont été transférés au privé, (totalement ou partiellement). A fin décembre 2017, les recettes cumulées se sont élevées à 103 milliards de DH

Les opérations de privatisation seront menées dans une approche de gestion active du portefeuille public. Une démarche qui devrait  assurer la mise en place d'un dispositif permettant la réalisation «des opérations de transfert opportunes, dans des délais courts en phase avec les possibilités offertes par le marché selon des procédures adaptées au contexte de chaque opération».  

Même la répartition des recettes de privatisation serait revue. Celles-ci seraient partagées à part égale entre le budget général et le  Fonds Hassan II pour le développement économique et social. Ce qui devrait permettre au Fonds Hassan II de continuer à soutenir les projets de développement structurants et au budget général de dégager des ressources pour le financement des dépenses sociales. Jusqu'en 2000, les recettes des privatisations étaient affectées au budget général avant qu'une part ne soit versée au Fonds Hassan II (2001). Un changement est intervenu en 2011 avec le partage à part égale des recettes entre le Fonds Hassan II et le Fonds national de soutien des investissements devenu depuis 2015, Fonds de développement industriel des investissements.

Comme annoncé en exclusivité par L'Economiste, les investissements des entreprises et établissements publics vont baisser de 8% par rapport aux prévisions initiales de 2018. Elles devraient s'établir à 99 milliards de DH. Ce recul tient plus à l'objectif affiché depuis quelques années d'améliorer la priorisation et la programmation des investissements en tenant compte des prérequis en termes d'apurement du foncier, de mobilisation des financements et de disponibilité des études préalables. En 2020, ces investissements baisseraient à 86 milliards de DH avant de remonter à 92 milliards en 2021.

etablissment_public_077.jpg

L'année prochaine 90% des investissements des entreprises et établissements publics seront dédiés aux secteurs de l'énergie, des mines, de l'eau et de l'environnement ainsi que l'infrastructure du transport

L'essentiel des investissements prévus l'année prochaine, soit 61,4 milliards de DH, sera porté par six établissements: l'OCP, l'ONEE, l'ONCF, Al Omrane, RAM et ONDA. A lui seul, le groupe OCP devrait réaliser 21,2 milliards de DH d'investissements notamment dans le renforcement des capacités minières et industrielles des axes centres Benguerir-Safi et du Sud ainsi que les opérations de partenariat à l'international. L'OCP compte aussi consolider ses marges sur les produits à forte valeur ajoutée.

Les établissements et entreprises publics non marchands devraient réaliser 31,3 milliards de DH d'investissement contre 5,8 milliards de DH pour les institutions financières publiques. Le nouveau «logiciel» en matière d'investissement que le gouvernement veut implémenter accorde une place de choix au  partenariat public/ privé. Ce qui devrait diversifier les ressources et les modalités de financement des projets d'investissement public.

Plusieurs projets ont été identifiés et font l'objet d'études: 5 projets autoroutiers, 4 dans la logistique, 2 projets portuaires et un projet dans le ferroviaire. Certains sont en cours d'évaluation préalable. Il s'agit notamment de la réalisation et l'exploitation du nouveau port de Kénitra Atlantique pour un coût estimé à 7,7 milliards de DH et des ports de plaisance au niveau de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima où 6 sites ont été identifiés. Un aéroport spécialisé pour l'aviation d'affaires à Tit Mellil pour un investissement estimé à 809 millions de DH fait également l'objet d'une évaluation préalable.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc