International

Transition énergétique: Les coûts faramineux du développement durable

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5364 Le 04/10/2018 | Partager
Entre 4.000 et 4.500 milliards de dollars par an d’ici 2030
Nécessaire implication du secteur privé
Les conclusions d’une étude de la Banque mondiale

Pays sinistré récemment par les catastrophes naturelles, l’Indonésie est aussi confrontée à un défi de taille: 20 millions d’habitants n’ont ni eau ni électricité. Selon la Banque mondiale, l’archipel doit par ailleurs  satisfaire la demande énergétique  d’une économie à revenu intermédiaire, tout en respectant ses engagements nationaux: porter à 23%, d’ici 2025, la part des énergies renouvelables et réduire ses émissions de carbone de 29% à l’horizon 2030.

L’Indonésie possède cependant un atout exceptionnel: son sol abrite 40% des réserves géothermiques mondiales. Mais le développement en est freiné par des coûts et des risques souvent considérés comme prohibitifs. Une campagne de prospection coûte entre 30 et 50 millions de dollars, avec le risque d’un investissement à fonds perdus si la source géothermique s’avère en définitive insuffisante.

L’exemple de l’Indonésie, bien évidemment, n’est pas isolé. De nombreux  autres pays dans une situation similaire  n’ont pas  accès aux financements et aux solutions technologiques dont ils ont besoin pour réaliser des investissements coûteux et néanmoins cruciaux pour un développement durable et inclusif.

Cet enjeu a amené le groupe de la Banque mondiale à redéfinir son approche de financement du développement. La  nouvelle démarche s’attache à mobiliser de manière systématique toutes les sources de financement, d’expertise et de solutions en faveur de la croissance durable des pays en développement.

À l’instar de l’Indonésie, de nombreux pays sont confrontés à des défis complexes qui ont  un coût très élevé. Pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), les besoins se chiffreraient entre 4.000 et 4.500 milliards de dollars chaque année jusqu’en 2030.

Même en ajoutant à l’aide publique au développement les transferts de fonds des diasporas, les investissements directs étrangers et les dons, le déficit mondial de financement est estimé à  2.500 milliards de dollars chaque année.

En mobilisant les capacités de l’ensemble des institutions du groupe, l’approche  cherche à optimiser l’utilisation des ressources publiques et à permettre aux pays d’attirer  les capitaux du secteur privé. A défaut, les pays concernés risquent de s’exposer à des niveaux d’endettement insoutenables.

Son approche visant à «maximiser les financements pour le développement» (MFD) permet au groupe de la Banque mondiale d’allier, dans l’ensemble de son portefeuille, son expérience et son expertise  à la fois dans le secteur public et le secteur privé.

L’aide apportée  à travers cette approche repose sur les principes de mobilisation des financements privés adoptés par le G20 à Hambourg en juillet 2017 et bénéficie du soutien des autres banques multilatérales de développement. Elle permettra de promouvoir des transformations sectorielles dans le monde entier.

Le cas de l’Indonésie

L’exploitation de la géothermie en Indonésie illustre la manière  dont l’approche MFD peut soutenir le développement. Afin de réduire les obstacles qui entravent le déploiement de cette énergie, la Banque mondiale et la Société financière internationale collaborent avec ce pays pour débloquer les possibilités d’investissement privé qui sont à l’heure actuelle inexploitées.
Tout d’abord, afin de combler les besoins de financement et de réduire les risques, la Banque mondiale aide les autorités indonésiennes à mettre en place un dispositif de crédit innovant qui permettra d’investir 650 millions de dollars dans la prospection géothermique. Cette enveloppe comprend 150 millions de dollars apportés par l’État, 175 millions de financements climatiques. A charge pour l’Institut international des finances de mettre au point un instrument pour intéresser les investisseurs privés.

 

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