Economie

Immobilier: Les pistes de relance de la FNPI

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5359 Le 27/09/2018 | Partager
Statut, simplification des procédures, logement pour classe moyenne…
Fausses «Amicales», double taxation, informel… des dysfonctionnements à la pelle
5 milliards de DH de perdus à cause des lourdeurs administratives
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Taoufik Kamil a été élu à la tête de la FNPI en mai 2017. Il est aussi parlementaire (RNI). Kamil a succédé à ce poste à Youssef Iben Mansour à la fin de son mandat (Ph. FNPI)

Nouveau siège, nouveau bureau, nouvelle vision. C’est le message fort des promoteurs immobiliers qui parient sur une relance de leur activité. «Il s’agit d’une vision renouvelée du secteur immobilier pour un écosystème responsable», selon les termes de Taoufik Kamil, président de la Fédération nationale des Promoteurs Immobiliers (FNPI), qui s’est exprimé à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de la Fédération.

A travers cette nouvelle vision, la FNPI veut s’ériger en incubateur d’idées pour toutes les disciplines impliquées dans l’acte de bâtir (architectes, ingénieurs, bureaux d’études, laboratoires…).

Le président des promoteurs insiste sur le besoin d’organiser et de structurer un secteur qui souffre de nombreux dysfonctionnements. A commencer par la «concurrence déloyale» des opérations à but lucratif déguisées en amicales, les lourdeurs administratives, la rigidité des plans d’aménagement, les diktats des régies et délégataires de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement, de la protection civile, la prolifération de l’informel…

«Aujourd’hui, il faut jusqu’à 147 signatures et 436 jours pour obtenir une autorisation d’urbanisme», déplorent les promoteurs. Une aberration que même la dématérialisation des guichets uniques n’a pas résolu. En fait, ce ne sont pas les ordinateurs qui délivrent les autorisations, mais des commissions composées de membres représentant la Protection civile, la commune, l’agence urbaine, le cadastre, les régies ou délégataires de distribution…

«Nous planchons sur une proposition pour ramener ces signatures au nombre de 27 uniquement, avec un délai de 72 jours au maximum. Nous allons bientôt la soumettre aux autorités compétentes», annonce le président de la FNPI. Selon Taoufik Kamil, les pertes dues aux  lourdeurs administratives se chiffrent à près de 5 milliards de DH (un calcul effectué sur la base de 150.000 unités/an à raison de 80 DH par jour et par unité).

Outre les lourdeurs administratives, les promoteurs pointent du doigt la double voire la triple taxation. En effet, le rallongement des délais d’octroi des autorisations pénalise doublement les promoteurs qui doivent s’acquitter entre-temps de la taxe sur les terrains non bâtis (TNB)! Les tarifs jugés excessifs pratiqués par Lydec et la Conservation foncière sont également dénoncés.

«Lydec a augmenté ses droits pratiquement de 300% sans crier gare! Il en est de même pour la Conservation foncière», déplore le président de la FNPI. Autre contrainte relevée par les professionnels: l’obligation de construire des équipements publics dans le cadre de projets dérogés ou non dérogés. Un processus qui gagnerait à être simplifié en mettant en place une structure dédiée aux autorisations.

Parmi les principales pistes de relance proposées, figure la redéfinition du statut du promoteur immobilier.  Une mesure censée distinguer les promoteurs professionnels, de ceux opérant dans l’informel en se basant sur des critères fondamentaux (fiscaux, financiers, techniques…). Autre proposition concrète: le lancement d’un produit, n’excédant pas les 100 m2, destiné à la classe moyenne afin de répondre aux besoins spécifiques de cette catégorie de ménages.

Les promoteurs demandent aussi à ouvrir l’accès au logement social à d’autres catégories, en élargissant le choix des superficies de 35 à 75 m2 habitables à commercialiser au prix de 5.000 DH HT/m2 dans les mêmes conditions que le social à 250.000 DH.

Les promoteurs proposent également un canevas pour le logement dans le monde rural, basé sur une étude d’évaluation des besoins et attentes des habitants. Pour rappel, les propositions de la FNPI sont déjà listées dans un mémorandum livré au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat en  février dernier (cf. éditions du 22 février et du 4 mai 2018).

Le secteur en chiffres

  • 6,8% du PIB national
  • 1 million d’emplois cumulés jusqu’en 2016, soit 10% de la population active
  • 107,3 milliards de DH de valeur ajoutée
  •  27% de recettes de la TVA
  • 260 milliards de DH de crédits bancaires octroyés sur un total de 850 milliards (30% du total des encours bancaires)

 

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