Economie

Les chantiers qui attendent Benchaaboun aux Finances

Par Franck FAGNON | Edition N°:5337 Le 27/08/2018 | Partager
La relance de la croissance et de l’emploi en priorité
Des comptes publics en bien meilleur état que ne l’a trouvé son prédécesseur
La maîtrise du déficit budgétaire est essentielle pour garder la confiance des investisseurs
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Le remplaçant de Mohamed Benchaaboun à la tête du groupe Banque centrale Populaire sera l’un des sujets les plus discutés dans les milieux d’affaires dans les prochains jours tout comme la conduite des finances publiques du nouveau ministre.

En dix ans à la tête du groupe mutualiste, Benchaaboun a doublé la taille du bilan à 384 milliards de DH et du produit net bancaire à 16,4 milliards de DH. Le groupe a recruté 2,2 millions de clients supplémentaires entre 2008 et 2017 et a vu son résultat net progresser de 21%.

A bientôt 57 ans, les chantiers qui attendent ce diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications de Paris sont tout aussi stratégiques. La fonction publique n’est pas terra incognita pour Benchaaboun. Il connaît bien les rouages de l’administration pour avoir été pendant cinq ans directeur général de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT).

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Mohamed Benchaaboun a pris ses fonctions ce vendredi 24 août. L’arrivée du banquier à la tête du ministère des Finances est peut-être un signal pour le climat des affaires. Il devra mettre tout en œuvre pour notamment redonner confiance aux chefs d’entreprise afin qu’ils relancent l’investissement (Ph. Bziouat)

Le nouveau ministre des Finances devra mettre tout en œuvre pour relancer une croissance assez fragile. Il sera attendu sur l’emploi, l’investissement ou encore la gestion de la dette. L’ex-patron du groupe BCP prend les clés du département des Finances à un moment où les comptes publics se trouvent dans un meilleur état que ne l’a trouvé son prédécesseur Mohamed Boussaid.

Ce dernier avait hérité du portefeuille après deux années pénibles durant lesquelles le déficit budgétaire s’était creusé à 6% en 2011 puis à 7% en 2012. La remise en ordre des finances publiques (déficit budgétaire ramené à 3,5% en 2017) qu’il a entrepris a permis d’enclencher des réformes lourdes comme celle du régime de change.

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Le dérapage budgétaire en 2011 et 2012 a failli coûter l’investment grade. La remise en ordre des finances publiques entrepris par Mohamed Boussaid a permis d’enclencher des réformes lourdes comme celle du régime de change

Mais, les alertes incessantes des institutions de prévision (BAM, HCP, FMI, Banque Mondiale, CMC...) sur la dégradation de la qualité de la croissance, la faible efficacité de l’investissement public ou encore les impayés de l’Etat ont davantage pesé au moment du bilan. L’arrivée de Mohamed Benchaaboun est peut-être un signal pour le climat des affaires.

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La qualité de la croissance s’est beaucoup détériorée ces dernières années avec comme conséquence une hausse du taux de chômage. Celui-ci atteint des niveaux alarmants chez les jeunes de moins de 24 ans

Les banques sont au front office sur la question des difficultés des entreprises puisqu’elles même en souffrent avec le ralentissement de la demande de crédit et la hausse des créances en souffrance. Il devra apporter des réponses rapides pour rétablir la confiance des chefs d’entreprise afin de relancer l’investissement privé.

Son prédécesseur l’a encore inscrit parmi les priorités pour la prochaine loi de finances. Il reste à trouver les bons dosages aux bons endroits pour stimuler l’investissement. Pour 2019, le HCP anticipe une croissance de 2,9%. BAM est un peu plus optimiste avec un score de 3,6%.

Le gouvernement, lui, table sur une hausse de 3,2% du PIB dans la note de cadrage. La gestion de la dette sera aussi l’un des dossiers sur lequel sera jugé le nouveau ministre des Finances. La dette du Trésor a été multipliée par 2 en moins de dix ans à 692 milliards de DH à fin 2017, soit 65,1% du PIB. L’endettement du Trésor devrait être ramené à 60% du PIB à l’horizon 2021 selon les engagements pris lors de la souscription de la ligne de précaution et de liquidité auprès du FMI.

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