Régions

Filles rurales: Condamnées à rester au foyer, elles bousculent leur destin

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5255 Le 19/04/2018 | Partager
Elles accèdent aux études de médecine, d’économie ou de droit[scald=22044:sdl_editor_representation]
Soutenues par le Club Soroptimist et son internat ouvert il y a 13 ans
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Depuis 13 ans, l’internat de Marrakech, créé par le Club Soroptimist Marrakech-Fondateur, prend en charge les jeunes filles du rural pour qu’elles poursuivent leurs études (Ph. Soroptimist)

Elles rêvaient de devenir médecin, avocat, professeur ou ingénieur. Mais leurs ambitions étaient freinées par leur milieu de vie, trop loin des établissements scolaires. Cette injustice sociale est le cheval de bataille du Club Soroptimist Marrakech-Fondateur, créé en 2000.

Son projet phare a été la construction d’un internat à Marrakech, d’une capacité d’hébergement de 192 filles, tout équipé, des dortoirs aux salles d’étude, avec salles de bain, unité médicale, réfectoire, bibliothèque… Sans ce projet, et à défaut de collège et de lycée à proximité, les jeunes filles de ces régions rurales voisines étaient forcées d’interrompre leurs études dès l’âge de 12 ans.

Cet internat les prend gratuitement en charge depuis 13 ans. Résultat, une jeune interne est aujourd’hui en 3e année de médecine, et une grande majorité d’entre elles sont en Master II en économie, en droit, en histoire-géographie, en sociologie, en biologie, en anglais…

Afin de préparer le création de la Fédération Soroptimist International d’Afrique (SIAF), les membres de l’association Soroptimist International (SI), qui a pour base les principes de bonne volonté, de compréhension internationale et d’amitié universelle, se réunissent à Marrakech jusqu’au 22 avril prochain.

Ce rendez-vous, placé Sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, marque donc un nouveau départ pour les clubs des pays africains, rattachés jusqu’à présent à la Fédération SI européenne pour les francophones et à la Fédération SI de Grande-Bretagne et d’Irlande pour les anglophones.

Une volonté appuyée par Touria Binebine, présidente fondatrice du club de Marrakech, qui explique que «le Soroptimist International d’Afrique s’inscrit dans une démarche de rapprochement et d’union de 27 pays du continent. En créant sa propre fédération, l’Afrique pourra se réunir, s’entraider et appréhender des problèmes propres à notre continent, à notre culture et à un passé qui nous lie au lieu de nous séparer».

La branche africaine s’est donnée une ambitieuse feuille de route. Il s’agit avant tout de partager les expériences respectives de tous les pays membres pour mettre en place des solutions durables visant l’éducation et l’autonomie financière des femmes et des jeunes filles. Autre ambition: éradiquer la violence qui les touche et les faire participer à la résolution de conflits propres au continent.

Sécurité alimentaire, accès à des soins de santé de qualité, tout en répondant à leurs besoins spécifiques et en contribuant à la protection de l’environnement, sont également au programme. La création de la SIAF est donc une étape essentielle. «La participation du Maroc dans cette création engagera notre pays dans des relations étroites de soutien mutuel, d’amitié, de compréhension et de réseaux professionnels entre les femmes des 27 pays qui forment le SI d’Afrique» conclut Binebine.

De notre correspondante permanente, Stéphanie JACOB

 

 

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