Régions

Khénifra (re)prépare un nouveau positionnement

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5249 Le 11/04/2018 | Partager
490 millions de DH pour une deuxième mise à niveau
Elle sera, en principe, achevée en 2021
Le premier plan est resté un vœu pieux

 La ville de Khénifra va-t-elle retrouver son aura d’antan? L’agréable cité de l’Atlas a perdu de son attrait ces dernières années pour plusieurs raisons, notamment une mauvaise gestion de l’espace urbain. Ses principales rues sont dans un état déplorable.

Ses trottoirs mal ou non pavés, les chaussées sont délabrées et de nombreuses artères, particulièrement dans les quartiers populaires, sont défoncées et jonchées de déchets… Mais apparemment, autorités de tutelle et élus veulent remédier à cet état de délabrement qui n’honore en rien cette ville, chef-lieu de la province de Khénifra.

En effet, une convention-cadre a été signée entre les parties concernées pour la mise à niveau de la ville. Elle a pour objet le financement et la réalisation, entre 2017 et 2021, de la première tranche du Plan de développement de la ville. Ce dernier devrait, selon les termes de la convention en question, permettre un développement urbain intégré et durable de toute la commune de Khénifra. Serait-ce, encore une fois, un vœu pieux? Il faut espérer que ce ne soit pas le cas.

En tout état de cause, un budget de quelque 490,50 millions de DH est consacré à ce plan. C’est peu, il faut le reconnaître, au vu des nombreux projets retenus dans le cadre du plan de développement appelé à devenir un levier pour l’attrait des investissements dans cette cité géostratégique. Et, par conséquent, de lui assurer le décollage socioéconomique escompté, et ô combien tant attendu par ses habitants.

Ainsi, la plus grosse part de ce budget (soit 178,35 millions de DH) sera consacrée à l’élargissement et au renforcement des voies urbaines et à la réalisation d’autres devant relier les différents quartiers de la ville et permettre une jonction utile et rapide entre ses composantes urbaines. Sinon, à quoi bon réaménager les quartiers dépourvus d’équipements de base et ceux de l’ancienne ville? Un budget de 132,95 millions de DH a été réservé à ces projets.

Autre projet d’envergure, et non des moindres, l’aménagement des rives de l’oued Oum Errabiâ qui traverse la ville de bout en bout. Quelque 86,51 millions de DH ont été réservés à cette opération. Surtout que cet aménagement pourrait constituer un nouvel atout touristique pour la ville, voire pour toute la région de Khénifra.

Les espaces verts ne sont pas en reste. Leur aménagement (ou réaménagement) coûtera 59,69 millions de DH. Ajoutés à cela, le renforcement des équipements publics qui nécessitera un budget de 18 millions de DH, le secteur socio-éducatif à qui seront consacrés 10 millions de DH et la mise à niveau de celui de la jeunesse et des sports (5 millions de DH).

A rappeler qu’un premier plan de mise à niveau de la ville avait été adopté pour la période 2008-2011. Quelque 220 millions de DH lui ont été alors alloués. Trois axes avaient été retenus notamment un programme de renforcement et d’élargissement des principales artères de la ville en mal d’un réseau de voiries adapté à son développement. L’embellissement de la cité de l’Atlas y figurait également.

Il s’agissait du carrelage, de l’aménagement de nouvelles places publiques et de la création de nouveaux parcs et espaces verts sans oublier l’amélioration et le renouvellement de l’éclairage de la ville. Il était question également d’une restructuration et d’un réaménagement des quartiers où règne l’habitat anarchique.

De gros budgets avaient même été prévus à cet effet. Mais, force est de constater que cette première mise à niveau n’a pas été menée jusqu’à sa fin.

Autrement dit, elle est restée au stade de vœu pieux. D’ailleurs, une commission d’enquête officielle du ministère de l’Intérieur avait effectué une visite à l’improviste dans la ville en 2011 pour s’enquérir de l’état d’avancement des projets lancés en 2008. Elle a constaté et relevé de nombreux dysfonctionnements et irrégularités. Les 220 millions de DH ont été engloutis sans pour autant que la ville ait changé d’aspect. Un grand fiasco couplé à un scandale qui avait défrayé la chronique. On avait parlé alors de «détournements de projets».

Actuellement, des programmes ont été lancés, d’autres le seront au fur et à mesure dans le cadre du deuxième plan de mise à niveau. On a, en effet, constaté que des travaux sont en cours dans certaines parties de la ville, notamment au niveau des pénétrantes et de certains espaces.

Reste à espérer que cette fois sera la bonne et que ce plan permettra à la ville de combler son déficit de développement. Et surtout de faire oublier les avatars de la précédente mise à niveau dont on parle encore dans toute la ville.

Sources de financement

Le Plan de développement de la ville de Khénifra est financé par six entités. C’est le département de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville qui supporte la plus grande charge (126,5 millions de DH). Viennent, ensuite, la commune de Khénifra avec 123,4 millions de DH, la Direction générale des collectivités locales (116 millions de DH) et le Conseil régional de Béni Mellal-Khénifra à hauteur de 62,5 millions de DH. Le secrétariat d’Etat chargé de l’Eau participera avec un montant de 55 millions de DH, alors que le Conseil provincial de Khénifra mettra 7,1 millions de DH.

 

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