Entreprises

Attijariwafa bank surfe sur la reprise du crédit

Par Franck FAGNON | Edition N°:5224 Le 07/03/2018 | Partager
La moitié de la croissance des bénéfices provient de la Banque au Maroc
5,4 milliards de DH engrangés en 2017 en hausse de 13,3%
Le groupe tempère l'impact de l'IFRS 9
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La reprise de la demande de crédit sur le marché domestique a été le premier moteur de la croissance du groupe en 2017. La Banque au Maroc concentre la moitié de la croissance des bénéfices. Les performances de la filiale égyptienne compensent la baisse de la contribution de Wafa Assurance au résultat net part de groupe

Attijariwafa bank a dégagé un bénéfice en forte croissance de 13,3% en 2017 à 5,4 milliards de DH pour un produit net bancaire en progression de 10% à 21,6 milliards de DH. La poursuite de l'amélioration de l'environnement économique sur son principal marché devrait l'aider à soigner davantage sa rentabilité.

«Lorsque la conjoncture s'améliore au Maroc, nous sommes les premiers à en tirer les bénéfices», a indiqué Ismaïl Douiri, directeur général d'Attijariwafa bank lors de la présentation des résultats annuels. La moitié de la croissance des profits provient du marché marocain qui a capitalisé sur la reprise de la demande de crédit. Les encours moyens du secteur ont progressé de 4,5% en 2017 contre 2,6% en moyenne entre 2012 et 2016.

A l'international, le contexte de taux favorable en Egypte a permis à la filiale locale d'afficher des hausses vertigineuses. Ses performances compensent l'effet de la réduction de la participation dans Wafa Assurance sur les bénéfices. Les changements dans le périmètre de consolidation ont contribué pour 2 points à la croissance des bénéfices. Plus globalement, la Banque de détail à l'international à généré 138 millions de DH de bénéfices supplémentaires en 2017 hors effet périmètre.

Au-delà de la conjoncture dans les différents marchés qui pourrait affecter les performances du groupe, les changements réglementaires et en particulier l'entrée en vigueur d'IFRS 9 ne sera pas neutre pour le secteur à court terme. La nouvelle norme comptable change profondément l'appréciation du risque, puisque les banques doivent désormais provisionner les créances saines.

Mécaniquement il y aura une augmentation des provisions. Cela aura un impact sur le coût du risque, mais pas en milliards de DH, tempère le directeur général. Les discussions se poursuivent avec la Banque centrale sur l'implémentation de la norme. Les banques ont obtenu deux mois supplémentaires pour affiner leurs modèles.

Elles pourront retarder la publication des comptes consolidés du 1er trimestre jusqu'à fin juillet 2018. En anticipation des éventuels besoins en fonds propres, Attijariwafa bank a ralenti la croissance de son dividende. Elle proposera un coupon de 12,5 DH par action en augmentation de 0,5 DH contre 1 DH l'année précédente.

                                                                                                            

El Kettani: La transformation digitale est vitale

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Mohamed El Kettani, PDG d'Attijariwafa bank

Attijariwafa bank a vu son portefeuille client augmenter à 9,1 millions en 2017. Au Maroc, la banque a recruté 512.734 nouveaux clients en douze mois. Elle déploie un plan de développement axé notamment sur la transformation digitale. «Si nous restons à l'écart, nous serons totalement déconnectés et cela pourrait remettre en cause la pérennité de la banque», prévient Mohamed El Kettani, président-directeur général de Attijariwafa bank.

Pour ne pas rater le train du numérique, le groupe investit fortement dans les systèmes d'information. Nous allons poursuivre l'effort sur les prochaines années, assure El Kettani. Pour les opérations de base (virement, mise à disposition, paiement de factures...), les clients privilégient de plus en plus le canal digital.

Il a concentré 43% des opérations traitées par la banque en 2017 contre 18% en 2016. «Cette évolution importante permet d'optimiser le coût de traitement des opérations et de libérer plus de temps en agence pour mieux conseiller les clients, adresser leurs besoins bancaires les plus complexes et leur créer une valeur optimale», complète Rachid Kettani, directeur exécutif en charge des Finances Groupe.

Malgré les améliorations du parcours client, il y a encore des gisements de progrès. Au-delà de la formation et la sensibilisation des collaborateurs, les enquêtes mystères et les réclamations de la clientèle sont des moyens pour mesurer le niveau de qualité de service.

«Les réclamations sont des occasions pour expliquer au client qu'une erreur est toujours possible et qu'il est de notre devoir de la corriger le plus rapidement possible. En tout cas, l'accent est vraiment mis sur la diffusion des valeurs de qualité sur l'ensemble des collaborateurs», assure Ismaïl Douiri.

 

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