Régions

Oriental: Ce qu’attend la région de la visite d’El Othmani

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5206 Le 09/02/2018 | Partager
Unanimité autour de l'urgence d'un plan de sauvetage
Les villes minières, des poudrières
La région compte cinq des plus pauvres provinces du Royaume
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Saâdeddine El Othmani est très attendu sur les dossiers de relance économique et les investissements publics (Ph.L’Economiste)

Le Chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, est attendu ce samedi à Oujda pour sa 4e escale régionale. Elle fait suite à celles tenues à Drâa-Tafilalet, Khénifra-Beni-Mellal et Fès-Meknès et tombe au moment où plusieurs localités de la région connaissent de fortes protestations. Les sit-in et les marches de colère se multiplient sur fond de revendications socio-économiques.

Les solutions tardent à prendre forme, en dépit de la bonne volonté et des initiatives des autorités et élus locaux. «Le bout du tunnel n’est pas pour demain, si le gouvernement ne lance pas des projets et programmes de développement dans un proche avenir», souligne Omar Héjira, président du Conseil communal d’Oujda.

Les attentes d’une région, classée parmi les plus vulnérables du pays, sont multiples et la nécessité d’un «plan Marshall» pour redonner confiance aux opérateurs économiques, satisfaire les attentes sociales et relancer les projets et programmes à effet direct sur la création de l’emploi et la richesse, est impérative, ajoute le maire d’Oujda.

La région qui compte cinq des plus pauvres provinces du royaume (Figuig, Jerada, Guercif, Driouch et Taourirt) a besoin d’un intérêt particulier et de réels encouragements fiscaux (comme les provinces du Sud) du moment qu’elle est une région frontalière, exposée aux risques de l’immigration clandestine, les réseaux terroristes et le crime transfrontalier. Des handicaps à prendre en considération lors de la programmation des budgets alloués aux régions.

Le pacte national pour l'émergence industrielle adopté en 2008, boude la région. À part quelques timides initiatives en agroalimentaire, l’offshoring et le textile, les secteurs à fort potentiel de croissance qui boostent la production font défaut. Aucune unité en automobile, aéronautique et électronique n’est installée de Driouch à Figuig. «Or, ce sont ces secteurs qui assurent le plus grand nombre d’emplois et qui peuvent sauver la région de son retard économique», précise un industriel de Nador.

De son côté, Hicham Essghir, président du Conseil provincial de la préfecture d’Oujda-Angad confie à L’Economiste que les élus de la préfecture d’Oujda-Angad attendent avec impatience la concrétisation de trois projets qu’ils classifient comme prioritaires: La réalisation d’une zone d’exportation des services baptisée Oujda-Angad nearshore pour assurer l’emploi à 7.000 jeunes, la réalisation d’un hippodrome pour consolider l’attractivité de la ville et la construction d’un nouvel hôpital en remplacement à l’hôpital Al Farabî, (complètement dépassé et qui pose problème à cause de son emplacement en centre-ville). «Des requêtes ont été adressées aux départements concernés depuis plus d’une année mais sans réponse pour le moment», précise-t-il.

A Nador, tout le monde attend avec impatience le lancement des travaux pour la réalisation de Nador West Med. Le projet phare de toute la région et qui est appelé à assurer des dizaines de milliers d’emplois. Le retard dans l’opérationnalisation des programmes, porte préjudice à la compétitivité de la région et la handicape alors que le port de Tanger Med surfe sur de multiples extensions.

«C’est un coup de massue à la compétitivité régionale, souligne Abdelhafid Jaroudi, président de la Chambre du commerce et de services de l’Oriental. Les trois zones industrielles de la région (la Technopôle d’Oujda, l’Agropole de Berkane et la zone industrielle de Salouane), ont besoin d’une réelle politique promotionnelle et des encouragements sur tous les plans.

Ce n’est pas encore le cas», regrette Jaroudi. Concernant le timing de la visite, les parlementaires istiqlaliens estiment qu’elle est très en retard. Monsieur El Othmani avait la possibilité de rencontrer les parlementaires de la région depuis trois mois, mais il ne l’a pas fait. Il a préféré prendre son temps alors que la région est sur un brasier. Il doit comprendre que l’Oriental a besoin d’un soutien effectif de la part du gouvernement à un moment ou la région enregistre une régression inquiétante de l’investissement public, est-il aussi indiqué.

Jerada: Eviter les dérapages

Le chef du gouvernement sera très attendu sur le dossier de la ville minière de Jerada, lors de sa visite dans l’Oriental. Qu’apportera-t-il, comme alternatives économiques, aux milliers de protestataires qui ont fait de leur ville un haut lieu de revendication populaire, depuis plus de quarante jours. Leur assurera-t-il des opportunités d’emplois ou se contentera-t-il, lui aussi de vaines promesses pour calmer les esprits? «A Jerada, on n’est pas dupes. S’il ne nous apporte pas de projets concrets et réalisables, ce n’est pas la peine qu’il vienne», ont scandé les participants à la marche qui a sillonné la ville ce mercredi. Prise de position tranchée qui risque d’hypothéquer toute tentative d’apaisement. Toutefois, il est probable qu’El Othmani tienne une séance de travail avec les autorités et les élus de la province, pour détailler les mesures que son gouvernement compte consacrer à la province de Jerada, confie à L’Economiste un élu local.

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