Analyse

Haute fonction: Ce qui va changer dans les recrutements

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5190 Le 18/01/2018 | Partager
L’appel à candidature sera supprimé
Vers la création d’une agence de recrutement rattachée à la Primature
Face à la difficulté de réforme, le ministre procèdera par décret
haute_fonction_090.jpg

En dépit des promesses du gouvernement, l’accès des femmes aux postes de responsabilité dans la fonction publique reste loin de l’objectif de parité, se limitant à un peu plus de 16%

Près de 6 ans après son entrée en vigueur, le système de nomination dans les emplois supérieurs est à bout de souffle. La décision de le réformer est prise, reste à arrêter dans les détails le contenu et les modalités des nouvelles procédures à mettre en place. Déjà, le ministère en charge de la Réforme de l’Administration et de la Fonction publique est convaincu de la nécessité de passer par la promulgation d’un décret, un chemin plus rapide que l’amendement de la loi  92.

Plusieurs scénarios sont sur la table. Le tout sera déblayé lors du forum qu’organise ce département en février prochain et consacré à la haute fonction publique. Les secrétaires généraux, les directeurs centraux ainsi que d’autres responsables se pencheront sur ce dossier. Un benchmark des expériences internationales dans le recrutement des grands commis de l’Etat a été mené.

Le débat sera enrichi par la présentation des conclusions de la première évaluation du système actuel. Les recommandations de ce forum constitueront la matière première du nouveau modèle à construire. En attendant, des pistes sont explorées dont l’une est de savoir si on doit se contenter des nominations politiques. Dans ce cas, le Maroc ira vers une administration politique où le secrétaire général et les directeurs centraux quittent le département après le départ de leur ministre.

Une version de cette formule prévoit que le ministre soit accompagné de son secrétaire général, avec qui il signe un contrat d’objectifs. S’il ne remplit pas ses clauses, il est remercié. A son tour, le secrétaire général passe des contrats d’objectifs avec les directeurs, lesquels déclinent cette formule sur les chefs de division. Avec la multiplicité de cette procédure, une nouvelle dynamique sera créée au niveau des ministères.

Toutefois, cette formule présente le risque de vider la fonction publique de ses compétences et de poser le problème de continuité de l’administration. D’autres proposent un système hybride qui allie le politique aux compétences. Cette question sera tranchée à l’issue du forum. En tout cas, l’appel à candidature sera supprimé.

Ce sujet semble passionner les spécialistes. Certains d’entre eux proposent la création  d’une structure sous forme d’agence, rattachée au chef du gouvernement. D’une composition collégiale avec des représentants de l’administration, du secteur privé et de la société civile, elle sera chargée de départager les candidats proposés par le ministre. L’avantage de cette formule, en vigueur dans d’autres pays, est de supprimer les commissions à la solde des ministres et d’unifier les critères de recrutement dans les emplois supérieurs.

Mode d’emploi

Selon le mode d’emploi en cours dans le texte, une commission, instituée pour chaque opération de recrutement, fait une première sélection de 7 candidats au plus. Vient par la suite l’audition des candidats présélectionnés qui sont tenus de faire un exposé sur leur vision personnelle du poste. Le ministre est tenu de présenter au chef du gouvernement, dans un délai de 15 jours après la fin de dépôt des candidatures, un mémorandum contenant trois candidats classés, accompagné notamment d’un rapport de la commission et d’une copie d’ouverture de l’appel à candidature.
En cas d’absence de candidatures, le ministre est en mesure de prendre l’initiative de proposer un candidat au chef du gouvernement pour le soumettre à la délibération du Conseil. A l’issue du Conseil de gouvernement, les candidats sont nommés pour une durée de 5 ans, renouvelable instantanément pour 5 autres années, sur proposition du ministre de tutelle. Toutefois, selon la procédure, le chef du gouvernement est habilité à demander à son ministre la révision de la proposition ou la correction dans la procédure suivie. Ce qui ne s’est jamais produit. Toutefois, dans le cadre de la mobilité, le responsable nommé peut être muté vers un autre poste de même niveau dans un autre ministère ou dans un établissement public. Cette nouvelle nomination a lieu par décret après délibération dans le Conseil de gouvernement et sur proposition du ministre.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc