Régions

Tanger: Le budget de la mairie recalé

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5181 Le 03/01/2018 | Partager
Le feuilleton de 2016 se répète avec le refus du budget 2018 par l’Intérieur
Les indemnisations pour expropriation continuent de saigner les caisses de la ville
Une deuxième mouture attendue
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La ville de Tanger a toujours eu du mal à gérer ses dossiers d’expropriation. Certaines affaires que la mairie doit apurer aujourd’hui datent d’il y a au moins 20 ans  (Ph. Adam)

Rebelote pour le projet de budget 2018 de la mairie de Tanger. Le Conseil de la ville a dû revoir sa copie à quelques jours de la fin de l’année 2017. Les responsables au ministère de l’Intérieur avaient refusé d’approuver la première mouture votée en octobre dernier. Un incident qui s’était déjà produit en 2016 et qui avait provoqué le refus du projet de budget à deux reprises, un cas sans précédent.

Pour la wilaya, il s’agit de prévoir des allocations plus importantes à certaines rubriques du budget, en particulier l’indemnisation pour terrains expropriés, un des points explosifs du budget de la capitale du détroit. En effet, depuis 2016, le rythme des procès pour expropriation s’est accéléré et les jugements ont commencé à tomber les uns après les autres.

En parallèle, l’accélération de l’application des jugements avec des prélèvements à la source de la part des autorités judiciaires a pratiquement vidé les caisses de la ville ces deux dernières années. En 2016, le montant total des jugements avait atteint les 300 millions de DH, une somme largement dépassée en 2017. Le nombre des jugements est tel que la mairie a même dû acquérir un logiciel informatique spécifique pour suivre ces types de procès.

Ces montants forts conséquents dépassent les estimations provisionnées de coutume, soit 20 millions de DH par année budgétaire. Et le danger continue d’être là, un nombre important de dossiers d’expropriations étant actuellement en instance.
A la mairie, on affirme être en faveur du respect du droit, mais la multiplication de ces affaires risque de mettre en péril la continuation du service public. Ces affaires d’expropriation ne datent pas d’aujourd’hui.

Certaines sont le résultat de dossiers ouverts il y a plus de 20 ans. En effet, le suivi des affaires communales à Tanger n’a pas toujours brillé par sa rigueur, surtout lors des années 1990 et 2000. Tanger s’était montrée à maintes reprises incapable de gérer ses expropriations à l’époque de la communauté urbaine. Par exemple, la ville avait failli perdre le droit sur plusieurs lots de terrain prévus comme espaces verts, en 2000.

La commune avait omis de les intégrer dans les plans d’aménagement et de dédommager leurs propriétaires antérieurs, ce qui avait failli annuler l’opération d’expropriation. Actuellement, l’opération d’extension du périmètre urbain est elle aussi en train de laisser derrière elle plusieurs cas d’expropriation dont certains, telles des bombes à retardement, risquent de rattraper la ville et ses habitants dans quelques années.
De notre correspondant, Ali ABJIOU

 

 

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