Economie

Le Maroc à la Cédéao: Rabat moins protectionniste

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5173 Le 21/12/2017 | Partager
La moyenne des tarifs douaniers à moins de 10% contre 20 à 35%
Produits agricoles et industriels, les plus taxés
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La Cédéao  bénéficie déjà  d’un accès relativement favorable  au marché marocain, mais il reste plusieurs produits qui sont extrêmement protégés par le pays. Il s’agit entre autres de vêtements et accessoires, de chaussures, du cuir, des légumes, du tabac, des produits laitiers, des boissons et des spiritueux, qui doivent acquitter des droits de douane de 25% minimum

Le Maroc est moins protectionniste que les pays membres de la Cédéao. Son accès à ce marché sera donc plus difficile, notamment pour les produits agricoles et industriels. La moyenne des tarifs douaniers y dépasse les 20%. Toutefois, ce chiffre cache une grande disparité entre ces deux secteurs.

Les biens tels que les produits pharmaceutiques exportés par le Maroc vers la zone  sont exonérés des droits de douane, alors que d’autres, tels les engrais, les matériaux de construction, les machines et les équipements de transport sont soumis à des tarifs relativement bas à modérés (moins de 10%). Il n’est donc pas surprenant de constater que ces produits constituent l’essentiel des exportations marocaines vers la Cédéao.

En revanche, des produits comme le textile, les vêtements, le tabac, le sucre, la viande, les légumes, le savon et le cacao figurent parmi les plus protégés par des tarifs douaniers compris entre 20 et 35%. C’est la résultante du tarif extérieur commun (TEC)  en vigueur depuis 2016 au sein de la Cédéao.

Ce mécanisme comprend 5 catégories: les «biens sociaux de base, y compris les médicaments essentiels», exempts de droits de douane,  «les biens de première nécessité, les matières premières et des intrants spécifiques», taxés à 5%, «les intrants et les produits intermédiaires», imposés  à 10% , «les biens de consommation finale», taxés à 20% et «les biens spécifiques pour le développement économique», taxés à 35%.

Ces produits, qui sont actuellement fortement protégés par la Cédéao, sont certainement ceux sur lesquels le Maroc espère engranger des positions à l’exportation. «Toutefois, il serait utile d’examiner  quelles incidences les exportations en franchise des produits marocains pourraient avoir sur les recettes d’importations des pays de la communauté», observe l’étude d’impact présentée au dernier sommet de l’organisation régionale.

Certes, la Cédéao bénéficie déjà d’un accès relativement bon au marché marocain, mais il reste plusieurs produits qui sont extrêmement protégés par le pays. Il s’agit entre autres des vêtements et accessoires, des chaussures, du cuir, des légumes, du tabac, des produits laitiers, des boissons et des spiritueux, qui doivent acquitter des droits de douane de 25% minimum. Ce constat suggère que les gains attendus pour la Cédéao seront peu importants.

Mais l’examen plus approfondi de l’organisation élargie au Maroc montre qu’elle gagnerait en diversification pour exporter une large gamme de produits à forte valeur ajoutée. D’autant plus que cette dynamique sera portée par deux pays: le Maroc et le Nigéria. «Deux locomotives de croissance valent mieux qu’une pour tirer un train vers la prospérité». C’est un argument décisif du dossier marocain.

 

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