Analyse

Matériaux de construction: Signes avant-coureurs de reprise pour 2018

Par Nadia DREF | Edition N°:5161 Le 05/12/2017 | Partager
La commande publique redonne espoir à la filière
Le secteur génère un chiffre d’affaires annuel de 45 milliards de DH

L’année 2018 sera-t-elle celle de la reprise pour le secteur des matériaux de construction? En tout cas, les professionnels restent optimistes et s’attendent à des jours meilleurs après les contreperformances de 2017. Les opérateurs misent sur les 42 milliards de DH d’investissements publics annoncés par le ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’eau pour les infrastructures. Ce qui donnera un nouvel élan aux entreprises du secteur.

L’année 2017 aura été une année difficile pour la filière des matériaux de construction. «Elle sera certainement négative. Nous espérons que l’activité baissera de 5 à 10%», tient à préciser David Toledano, président de la Fédération des matériaux de construction (FMC).

Ralentissements de la construction et des transactions des logements sociaux, baisse de l’auto-construction, retards des travaux publics, rallongements des délais de paiement, absence de visibilité… Autant de facteurs qui impactent négativement l’activité.  La demande, affectée par cette conjoncture défavorable, a également fléchi au cours des 11 derniers mois.

Les anticipations des professionnels de la construction, dans le cadre de l’enquête de conjoncture du HCP ont, d’ailleurs, confirmé la poursuite du recul des carnets de commandes des entrepreneurs du bâtiment, en ligne avec la baisse des prix des actifs immobiliers et le recul des transactions immobilières. Autre indicateur pertinent, la baisse des ventes du ciment.

Les écoulements ont atteint 11,4 millions de tonnes contre 11,82 millions de tonnes, en recul de 3,67%, à fin octobre dernier. C’est ce qui ressort des statistiques fournies par l’Association professionnelle des cimentiers (APC). Le secteur cimentier se caractérise par une saisonnalité de l’activité, essentiellement due au ralentissement ou reprise des chantiers de construction lors des périodes de fêtes religieuses et nationales ainsi que des périodes de forte pluviométrie ou encore de forte chaleur.

Le secteur des matériaux de construction génère un chiffre d’affaires annuel de 45 milliards de DH. Avec une production annuelle de 14,2 millions de tonnes, l’activité des cimenteries draine, à elle seule, 15 milliards de DH de chiffre d’affaires. Elle est suivie par la branche acier qui cumule 2 millions de tonnes de production et un chiffre d’affaires de 10 milliards de DH. Le préfabriqué arrive en troisième place avec une production de 3,93 millions de m² et un chiffre d’affaires de 4,72 milliards de DH.

Il est talonné de près par le béton prêt à l’emploi (BPE) grâce à une production qui s’élève à 6 millions de m3 et un chiffre d’affaires de 4 milliards de DH. Pour sa part, le sable produit annuellement 28,5 millions de m3 et réalise un chiffre d’affaires de 3,74 milliards de DH. Par ailleurs, dans la branche céramique carreaux, la production s’élève à 100 millions de m². Le chiffre d’affaires réalisé par cette filière est de l’ordre de 3,5 milliards de DH.

Quant à l’industrie de briques rouges, elle produit 9 millions de tonnes par an et génère un chiffre d’affaires de 1,7 milliard de DH. La filière céramique sanitaire cumule une production de 5 millions de pièces pour un chiffre d’affaires de 1 million de DH. Vient ensuite la branche «plâtre» avec une production de 650.000 tonnes et un chiffre d’affaires de 500 millions de DH. Pour sa part, le marbre produit 1 million de m² et réalise un chiffre d’affaires de 300 millions de DH.

Verbatim

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■ Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau
«Pour le BTP, il y a un signal fort qui est en train de se déclencher. Le secteur a connu ces dernières années des dysfonctionnements quant aux modes d’exploitation et d’émergence de carrières informelles. Le décret d’application de la  nouvelle loi n°27-13 relative aux carrières a été adopté par le Conseil de gouvernement réuni le 23 novembre. Il entrera en vigueur, une fois publié au Bulletin officiel. Ce texte permettra d’améliorer les modes de gestion des carrières, de rationaliser leur exploitation et leur contrôle et d’assainir le secteur. Ceci garantira l’émergence d’une filière responsable».

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■ El Mouloudi Benhamane, président de la FNBTP
«Nous sommes optimistes pour 2018. Le secteur a atteint un bon niveau de maturité grâce à la percée de nos entreprises. Au niveau de l’export, nous demandons plus d’accompagnement en plus d’une loi sur la non-double imposition pour les entreprises. Nous sollicitons également le gouvernement pour sensibiliser l’Office des changes afin d’adopter des lois spécifiques à notre secteur ainsi que les banques pour financer les projets du BTP».

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■ Nabil Benazzouz, président de la Fédération marocaine du Conseil et de l’Ingénierie (FMCI)
«Nous souffrons d’une baisse anormale des honoraires des cabinets conseil et d’ingénierie. S’y ajoutent un manque de transparence affectant le secteur ainsi que le rallongement des délais de paiement. Nous misons énormément sur le contrat-programme qui est le fruit d’un travail qui a longuement mûri».

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■ Azzedine Nekmouche, président de l'Ordre national des architectes
«L’octroi d’une autorisation de construire traîne jusqu’à 8 mois, voire un an, pour tout projet immobilier. La dématérialisation n’a fait qu’empirer les choses. La corruption est aujourd’hui plus importante qu’auparavant, malgré les mécanismes de lutte».

 

 

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