Economie

Crise de trésorerie: Les exigences du patronat

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5159 Le 30/11/2017 | Partager
Délais de paiement, remboursement TVA et restitution de l’IS
Réformes: Décalage entre l’agenda politique et économique
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Abdelkader Boukhriss, président de la commission Fiscalité et Réglementation des Changes à la CGEM: «Il est prématuré d’évoquer un plan d’urgence» (Ph. L’Economiste)

- L’Economiste: L’entreprise vit une crise de trésorerie. La CGEM est attendue sur ce dossier. Qu’avez-vous entrepris?
- Abdelkader Boukhriss:
Le problème de trésorerie des entreprises demeure au cœur des préoccupations de notre confédération car il hypothèque leur avenir. Il n’existe pas une seule solution pour y remédier mais un ensemble  de mesures sont nécessaires pour le dépasser. La CGEM n’a ménagé aucun effort, depuis déjà quelques temps, sur ce sujet et a interpellé toutes les parties prenantes à la solution. Cette dernière passe par le rétablissement d’un délai de paiement normal et raisonnable des arriérés de l’Etat, ainsi que l’accélération des remboursements de TVA et des restitutions d’IS. A ce titre, lors de la rencontre avec le chef de gouvernement, ce sujet a été abordé et nous attendons un retour de sa part. D’autre part, la solution passe par un engagement du secteur bancaire pour permettre aux entreprises de franchir cette difficulté dans des conditions satisfaisantes. Et nous sommes confiants sur cet engagement de nos partenaires du GPBM pour accompagner nos entreprises en ces temps difficiles, comme ils l’ont toujours fait. Enfin, la solution passe aussi par l’introduction de mesures fiscales permettant d’améliorer la trésorerie de nos entreprises. Certaines ont été prises en compte dans le projet de loi de finances et nous comptons sur l’écoute du gouvernement pour faire aboutir les autres.  

- La conjoncture s’annonce difficile. Faut-il un plan d’urgence?
-Il est prématuré d’évoquer la mise en place d’un plan d’urgence car la partie n’est pas encore perdue. Toutefois, il appartient au gouvernement de déclencher un plan d’urgence s’il l’estime nécessaire. N’oublions pas que la loi organique des finances accorde la possibilité au gouvernement de modifier certaines rubriques en cours d’année budgétaire et de les entériner lors de la prochaine loi de finances. Il peut également présenter une loi de finances rectificative si les hypothèses retenues initialement ont connu des variations significatives.  

- Un certain nombre de réformes structurelles est listé par la Banque mondiale et la CGEM. Avez-vous le sentiment que les choses avancent?
- La CGEM a constaté avec satisfaction les réformes introduites lors des dernières lois de finances et demeure confiante sur les réformes envisagées. La difficulté réside dans le décalage entre l’agenda politique et les contraintes économiques que vivent les entreprises. Nous aurions souhaité une accélération des réformes ou au moins une visibilité sur l’agenda qui sera retenu pour les réformes envisagées.
 
Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

 

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