Régions

Sommet d’Ifrane: Quel modèle de gouvernance pour l’Afrique?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5154 Le 23/11/2017 | Partager
L’instauration de la démocratie et la lutte contre la corruption, une priorité
Réadapter les lois, encourager la R&D et évoluer ensemble…
sommet_ifrane_054.jpg

Les participants au 2e sommet d’Ifrane «L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique» ont appelé à échanger les bonnes pratiques en matière de gouvernance. Démocratie, investissements et lutte contre la corruption étaient les maîtres mots de cette édition (Ph. Y.S.A.)

«Quel modèle de bonne gouvernance pour un continent qui consacre moins de 1% de son budget à la recherche et développement, où des femmes sont encore enchaînées et la démocratie laisse à désirer?». Des questions débattues, deux jours durant (du 20 au 22 novembre), lors du 2e «Sommet d’Afrique pour le Commerce et l’Investissement, Ifrane Forum».

Organisée sous le Haut patronage de SM le Roi, cette rencontre de «réseautage» entre les différents acteurs de l’entrepreneuriat social dans le continent «nous permet de mieux nous connaître», a souligné Khadija Idrissi Janati, directrice du forum. Pour elle, «les débats et B to B doivent doper les synergies afin d’atteindre 30% d’échanges intra-africains à l’horizon 2020 (au lieu de 13% actuellement)».

Pour aller vite, Ale Lo, vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, propose de «changer de paradigme». «Il faut échanger, développer et investir dans nos pays afin d’évoluer… Il ne faut pas oublier non plus que l’Afrique est le grenier pour nourrir les populations de demain», renchérit-il. Outre l’agriculture, indique-t-il, le continent devrait s’intéresser aux énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, ce qui permettrait de sortir les populations de l’obscurité.

«C’est à nous de nous poser les vrais problèmes et trouver ensemble les solutions», souligne le responsable sénégalais. Pour réussir, ajoute-t-il, «il faut actionner la décentralisation pour permettre aux élus de jouer pleinement leur rôle et participer au développement local». Doter les communes de moyens humains et financiers et booster les PPP sont vivement recommandés.

Pour ce dernier volet, la confiance devrait constituer la clé de voûte de toute action, surtout en matière d’investissement. En ce sens, l’une des expériences présentées lors du forum d’Ifrane est celle de la «Focus ventures». Sa directrice Haoua Mamoudou a évoqué une véritable compétence sur les marchés émergents d’Afrique francophone et leur potentiel de croissance.

Cette diplômée en Affaires internationales (France) et de l’Université nationale de Yokohama (Japon) a rappelé que la Côte d’Ivoire a opté pour l’intégration dans les pays de l’Afrique francophone. Ainsi, les citoyens de 54 pays d’Afrique ont les mêmes droits que les Ivoiriens. «Ils sont soumis aux mêmes textes de loi, en ce qui concerne la création d’entreprise», explique-t-elle. Et d’appeler à exporter les expériences qui fonctionnent aux autres pays.

En ce sens, le syndicat patronal des PME tunisienne, «Connect group», se dit précurseur dans l’appui des partenariats Sud-Sud. Son dirigeant, Issam Ben Youssef, fait état d’une implantation dans 6 pays d’Afrique. Toutefois, selon lui, les entreprises exportatrices de Tunisie manquent d’appui en matière de financement, tout comme le transport aérien.

«Il faut travailler en groupe, résoudre les ambiguïtés et participer à des grands projets d’infrastructures pour concurrencer la Chine et l’Europe», conseille Ben Youssef. «Engager des investissements qui iront vers les masses serait d’un grand apport aussi», complète Ndiaye Samba de la société sénégalaise Sirn. Pour avoir parcouru l’Afrique en long et en large, Libass Ka, directeur développement du groupe «les Afriques» signale qu’il va falloir «vivre et décomplexer la confiance intra-africaine».

«Les Africains ont la maladie de la boussole. Ils regardent constamment vers le Nord…», dit-il. En attendant, la gouvernance reste encore juvénile en Afrique. Maintenant que l’élite politique s’est appropriée le terme, «il faut édicter les règles, les respecter et les suivre».

Comme dans une entreprise, la bonne gouvernance doit être le cheval de bataille des Etats. Enfin, la lutte contre la corruption reste une condition sine qua non pour la réussite de tout le continent. «Des pistes de succès sont proposées dans l’ouvrage «L’Afrique en marche»…à lire», invite Charif Belafkih, vice-président de l’Université Al Akhawayn. «Il faut également partager les résolutions du Sommet d’Ifrane», conclut-on.

Créer une rupture

Sous le thème «L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique», le Sommet d’Ifrane, qui s’est achevé le 22 novembre, a appelé à créer une rupture avec l’isolement et aller ensemble, évoluer et se développer. Il faut favoriser les investissements par l’égalité des chances et du traitement. «L’encouragement des entreprises passera également par le respect des délais de paiement», soulignent les participants.
Dans cette optique, réorienter les visions des investissements vers l’Afrique reste une priorité. Pour y arriver, la réadaptation des textes de loi est une nécessité… Tout comme la démocratie et la paix sociale.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc