Culture

Art plastique: Habbouli et les 4 magiciens

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5129 Le 18/10/2017 | Partager
La fondation CDG donne carte blanche à l’artiste Bouchaïb Habbouli
4 artistes invités aux expressions variations très différentes
L’exposition se poursuit jusqu’au 20 octobre
art-plastique-habbouli-029.gif

Les reliefs de Bouchaïb Habbouli, un travail sur du cuivre, qui fait partie d’une des différentes facettes de l’œuvre de cet artiste extrêmement prolifique (Ph. FCDG)

Refusant d’emblée la relation «maître/élève» si chère à nos artistes seniors, Bouchïab Habbouli a préféré mettre en avant des artistes plasticiens, confirmés, mais qui ne sont pas suffisamment médiatisés sur la scène artistique et culturelle nationale.
L’artiste, natif d’Azemmour, s’est vu, en effet, confié une Carte blanche par la fondation CDG, qui se poursuit à la galerie d’art «Espace Expressions CDG» jusqu’au 20 octobre.

Le concept initié par la fondation qui attribue, chaque année, à un artiste, de notoriété établie, la mission de choisir d’autres artistes, émergents ou débutants, de les mettre en avant en affichant, le temps d’une exposition, ses œuvres aux côtés des leurs.

«Nous avons, artistes et acteurs culturels, le devoir citoyen de sortir et d’aller chercher la jeune peinture marocaine, en dehors des grandes places artistiques, dans les régions et manifestations locales, et particulièrement là où la pratique artistique a besoin d’attention et d’accès à la sphère culturelle», précise l’artiste, justifiant le choix de quatre plasticiens: Hassan Abarou, Rachid Bakhouz, Anas Bouanani et Aziz Sahaba, qui nous proposent une palette de styles allant de l’abstraction lyrique à la nouvelle figuration.

Une variété de formes, de traits et de couleurs, offrant ainsi plusieurs «Regard d’artistes», thème de l’exposition, indépendants, créatifs et fantaisistes. Habbouli, lui, a choisi de montrer l’une des dernières facettes de son travail sur le cuivre. Né en 1945, dans la cité nichée entre le fleuve Oum Errabia et l’océan, l’artiste, un des grands peintres marocains les plus suivis sur la scène nationale et aussi internationale, a développé une importante carrière plastique. Celle-ci a évolué avec la maturité de l’homme et avec le perfectionnement du métier de l’artiste.

Il réalise parallèlement des travaux à l’encre de Chine sur du papier de soie, avec des taches abstraites pouvant évoquer des cellules vues à travers le microscope; des tapis de grand format qui reproduisent les thèmes de son répertoire pictural. Des têtes, avec une importante dose d’ironie, restent les principaux protagonistes de ses peintures essentiellement sur papier. Des têtes souvent solitaires, élancées, aplaties, des fois à peine suggérées que l’artiste a procédé, à partir de 2015, à transposer sur des feuilles de métal.

art_plastique_habbouli_029.jpg

Les œuvres de Aziz Sahaba, réalisées grâce à une technique mixte qui mêle carton, papier et fragments de journaux,  mettent en scène des personnages  en proie à une mélancolie et une angoisse indicibles
(Ph. FCDG)

Parmi les artistes invités on notera l’expressionnisme mélancolique de celui qui représente, le plus, cette nouvelle figuration, qui a rompu avec une certaine abstraction hégémonique. Aziz Sahaba  élabore, grâce à une technique mixte qui mêle carton, papier et fragments de journaux,  une peinture résolument moderne, où des personnages asexués, en proie à une mélancolie et une angoisse indicibles, occupent l’essentiel de l’œuvre.

Face à cette détresse poétique, les couleurs intenses, renvoyant à un champ d’action et d’énergie que dégagent les œuvres minimalistes de Rachid Bakhouz, témoignent de la diversité et des variations de styles et d’expressions plastiques choisies par le commissaire de l’exposition.

La peinture de Hassan Abarou, quant à elle, propose une abstraction esthétique extrêmement maîtrisée. Les nuances de couleurs neutres, entre noir et blanc qu’un bleu de Klein vient parfois éclabousser, confère, au travail de Abarou, une douceur aquatique qui cache mal une fougueuse mais imperceptible énergie. C’est un autre Zemmouri, mais d’origine zaïlachi, qui clôture la liste des invités. Les œuvres de Anas Bouanani portent en elles toute l’énergie de l’océan, omniprésent dans ses deux villes de prédilections.

Nourri à l’art dès son plus jeune âge, dans les deux citadelles artistiques, Bouanani s’est très vite affranchi de toute contrainte académique pour adopter une franche abstraction qui se réfère néanmoins aux éléments du réel. Femmes en haïk, éléments d’architecture, ou espaces marins, à peine évoqués, évoluent, sous le pinceau de l’artiste  dans une sorte d’utopie insaisissable.

La carte de la transmission

Depuis 2010, plusieurs artistes reconnus et de sensibilités différentes se sont prêtés au jeu de la Carte blanche, proposé par la galerie d’art «Espace Expressions CDG». Le premier à inaugurer le cycle est Fouad Bellamine.
Pour Bellamine ce sera un seul  et unique invité: Youssef Titou. Brillant plasticien, Titou, l’un des seuls que le maître ait adoubé, le parrainant même pour ses premières expositions individuelles et dirigeant ses travaux. D’autres grands maîtres de l’art marocain se sont succédé à l’instar de  Mahi Binebine qui s’est entouré de feue Leila Alaoui, Florence Arnold, Youness Khourassani, Hafid Marbou, Mohamed Mourabiti, Lamia Skiredj et Monia Touiss. Les autres commissaires ont tour à tour été: Mehdi Qotbi, Hassan Bourkia, Amina Benbouchta, et enfin, en 2016, Najia Mehadji. L’artiste, très imprégnée par l’influence de l’architecture et des figures géométriques de l’Islam, a choisi de mettre en lumière des artistes contemporains qu’elle affectionne tels que Mustapha Azeroual, Hicham Berrada, Nabil El Makhloufi, Houda Kabbaj, Safaa Mazirh et Younes Rahmoun.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc