Culture

Marrakech rend hommage à Juan Goytisolo

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5125 Le 12/10/2017 | Partager
Pour son œuvre éclectique et son engagement en faveur des opprimés
Et sa démarche en faveur du classement de Jamaa El Fna comme patrimoine universel
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Un 3e hommage rendu au célèbre auteur espagnol, organisé cette fois-ci par l’Institut Cervantès et l’ambassade d’Espagne. Ci-dessus, l’ambassadeur espagnol Ricardo Diez-Hochleitner, la consule honoraire Khadija El Gabsi (à gauche), le DG de l’Institut Cervantès, Juan Manuel Bonet (au milieu) accueillant les amis artistes de feu Goytisolo (Ph. Abdellah Alaoui)

Mohamed Bariz, Mahi Binebine, Hassan Bourkia, Mohamed Mourabiti, Hassan Aourid, Mehdi Qotbi…Ils ont tous répondu présent à l'hommage rendu à l’écrivain Juan Goytisolo, décédé le 4 juin à Marrakech. L’hommage s’est déroulé à travers plusieurs espaces de la ville ocre: le Palais Bahia, l’Institut Cervantès de Marrakech et la place Jamaa El Fna. Aux côtés des écrivains, artistes et intellectuels et amis marocains, espagnols et français de l’inoubliable auteur qui a été un pont entre l’Espagne et le Maroc.

Moment phare de cette rencontre, une exposition collective de peinture et une activité de «halqa» dédiée à Goytisolo, promoteur de la déclaration de la place Jamaa El Fna comme patrimoine de l’humanité. Mohamed Bariz, le célèbre narrateur y a raconté, selon une tradition millénaire, des contes inspirés par son ami Juan. Organisé par l’Institut Cervantès et l’ambassade d’Espagne, avec la collaboration du ministère de la Culture et de la Communication, la wilaya de la région Marrakech-Safi et la commune de Marrakech, cet hommage a voulu saluer la mémoire d’un intellectuel, espagnol de naissance, rendu citoyen du monde par son engagement contre «le triomphe d'un nouvel ordre mondial qui écrase les opprimés».

Goytisolo a été surnommé l'écrivain «des deux rives», tant il s'est, au fil de son œuvre, engagé pour la défense du monde arabe, de la cause de la Palestine et du Maroc. «Juan ne voyait pas le Maroc avec des oeillères occidentales et portait un respect profond à la réalité marocaine»,  souligne Ricardo Diez-Hochleitner, l’ambassadeur d’Espagne à Rabat.  Natif de Barcelone en 1931, Juan Goytisolo est l’auteur de plus d’une cinquantaine d’essais et de romans. Lauréat en 2016 du Prix Cervantès, considéré comme le Nobel de la littérature hispanophone, le défunt avait remporté aussi le Prix «Europalia» en 1985, le Prix «Octavio Paz» en 2002, le Prix Juan Rulfo de la littérature latino-américaine en 2004 et le Prix national des Lettres espagnoles en 2008.

Le directeur général de l’Institut Cervantès, Juan Manuel Bonet a tenu d’ailleurs à être présent pour l’hommage de cet auteur  qui incarne la figure de l’intellectuel engagé et a rappelé qu'une bibliothèque de l'Institut porte désormais son nom. Marrakech a été pour l’auteur espagnol une terre d'accueil autant que de création. «La ville se souviendra toujours de ce géant, dont les œuvres resteront éternelles dans l'histoire», insiste pour sa part, le maire de la ville, Mohamed Larbi Belkaïd.

Il y a nourri des amitiés solides, celles des intellectuels, des artistes, des artisans de Jamaa El Fna… et s’est passionné pour la place qui a inspiré une partie de son œuvre. Goytisolo sera d’ailleurs l’instigateur d’une démarche militante engagée aux côtés d’un certain nombre d’intellectuels marocains pour l’inscription  de la place sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2001 et sa proclamation «chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité».

 

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