Economie

Le challenge de 1 million de véhicules par an

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5117 Le 02/10/2017 | Partager

«Le Maroc s'industrialise et c'est dommage que des opérateurs économiques n'y croient pas. C'est soit qu'on est dans le train, soit qu'on préfère rester sur le quai». Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Investissement met en garde contre la contamination en particulier des jeunes par le syndrome de «rien ne marche».

A la réunion mensuelle de la Chambre française de commerce et d'industrie, le ministre a notamment annoncé que le taux d'intégration dans l'automobile a dépassé les 50% et l'ambition affichée est d'atteindre 1 million de véhicules par an.  Sur les importations, il a rappelé que le Maroc a fait le choix de la libéralisation et qu'il respecte les accords de l'OMC.  L'arrivée des normes dans tous les secteurs mettra incontestablement de l'ordre.

■ Automobile: Le taux d'intégration «dépasse 50%»
Avec 60 milliards de DH bruts, l'automobile est devenue le premier secteur exportateur du Maroc. Ses ventes devraient atteindre 100 milliards de DH à l'horizon 2020.  PSA, dont l'usine devrait démarrer en 2019, arrivera avec une capacité de 200.000 véhicules et autant de moteurs. «Nous étions à 28% de taux d'intégration, nous sommes à plus de 50%», annonce le ministre. Le taux d'intégration dans l'automobile a toujours fait l'objet de contestations. Les industriels (sous-traitants) remettent souvent en cause les chiffres officiels comme ils devraient sans doute le faire cette fois-ci.   En tout cas, avec Renault l'engagement pris est de passer à un taux d'intégration de 65% et à 85% avec PSA. Ce qui fait dire à Elalamy que le Maroc connaîtra «une vraie transformation sectorielle».  Un contrat de sourcing de 2 milliards d'euros par an est signé  avec Renault et de 1 milliard par an avec PSA.
L’objectif fixé est d’atteindre une capacité de 1 million de véhicules par an. Ce qui nécessitera l’installation d’autres constructeurs et propulserait le Maroc à la 7e place mondiale contre la 27e actuellement.
■ Villes industrielles et zones modestes
C'est une mise en garde contre les erreurs en matière de zones industrielles qui ne risque pas de passer inaperçue.  «La zone  industrielle de 400 hectares à Kenitra est située un peu trop loin. Pour la réaliser, il a fallu investir près de
400 millions de DH hors site. Un coût qu'il faut amortir sans compter le
problème de l'éloignement pour les salariés. Par rapport à cette zone industrielle les problèmes sont derrière nous», souligne Elalamy.  La tendance à l'international est soit de mettre en place des villes industrielles, soit des zones modestes et rapprochées des villes.  Ces deux options permettent d'optimiser les coûts.

■ Investissements chinois: «Nous n'avons pas d'objectifs»
«Nous n'avons d'objectif d'investissement avec aucun pays. Et vous ne pouvez pas demander à l'Etat de vous accompagner sur un projet qui n'est pas dans son intérêt», répond le ministre à une question sur les attentes par rapport aux investissements chinois au Maroc.
Des changements structurels s’opèrent en Chine avec le recentrage sur la consommation intérieure qui a induit une forte hausse des salaires.  Ce qui pousse les industriels chinois à chercher des modèles plus compétitifs pour une relocalisation des activités productives. Ce qui constitue, selon le ministre, une opportunité de taille que le Maroc compte saisir et «il en est parfaitement capable».
■ Cedeao: Les craintes des opérateurs «démultipliées»
L’intégration du Maroc à la Cedeao ouvre un espace de coopération économique et de croissance de près de  340 millions d’habitants, soit autant que les Etats-Unis mais sans le même pouvoir d'achat ni le même niveau de développement. Des retombées importantes sont attendue de cette intégration notamment en termes de création de chaînes de valeurs transnationales.  Reste que cette intégration est à l'origine de craintes des opérateurs. «Elles sont démultipliées de part et d'autre  mais le débat est constructif et s'effectue dans la plus grande transparence. Dans un processus d'intégration nous sommes contraints de part et d'autres d'avoir des accords», indique le ministre de l'Industrie.  

■ Risque/profit…
Le risque Afrique notamment par rapport à la sécurité juridique, à la gouvernance… inquiète les opérateurs. «Dans quels pays en Afrique vous faites des plus-values aussi fortes», soutient le ministre. Pour lui, le risque est présent dans toutes les entreprises. «Ce continent regorge d'opportunités et les frileux laisseront la place aux autres».

Co-émergence avec l'Afrique

Le Maroc se positionne certes en acteur majeur du développement du continent mais il oriente sa démarche vers le progrès et la croissance partagés. Selon Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie «avec le lancement du Plan d’accélération industrielle 2014-2020, le «réflexe Afrique» s’est développé davantage. Nous entrons de plain pied dans l’agenda transformatif du continent dans le cadre d’une logique de co-émergence».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc