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Enquête ReKrute.com: Les jeunes diplômés déçus par leur premier job

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5067 Le 18/07/2017 | Partager
Seulement 6% sont satisfaits par le poste décroché
Un travail qui ne «correspond à rien» pour le tiers
Et «purement alimentaire» pour près du quart

Sans grande surprise, la rémunération est le premier critère de choix de poste des jeunes diplômés. C’est l’un des constats qui ressort de la dernière enquête du jobboard ReKrute.com. 64% des répondants s’intéressent d’abord au salaire qui leur est proposé. Les perspectives d’évolution offertes sont également très importantes à leurs yeux  (54%), suivies des missions qui leur sont attribuées (35%), de l’adéquation du projet professionnel à leur formation (32%), et de l’environnement de travail (31%). 

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Malgré l’optimisme des jeunes diplômés, ils doivent passer par au moins 5 entreprises avant de décrocher un premier job. Les moins chanceux d’entre eux (4%) ont passé au moins vingt entretiens pour s’insérer dans le monde professionnel

Près du tiers des lauréats parvient à décrocher un premier job deux mois après leur sortie de l’école, 22% après 3 à 4 mois. Environ 18% ont dû attendre entre 5 à 7 mois pour pouvoir intégrer le monde professionnel. Les plus chanceux ici, sont les lauréats d’écoles d’ingénieurs et de commerce, dont près de un sur trois intègrent rapidement le marché du travail (un à deux mois). Les titulaires d’un diplôme en formation continue sont encore plus avantagés: 64% d’entre eux sont embauchés dans les deux mois suivant leur recherche. Sans surprise, les lauréats des facultés publiques (à accès ouvert), sont ceux qui rencontrent le plus de difficultés à trouver des opportunités. 37% d’entre eux ne décrochent un job qu’après un an de recherche, contre 14% pour les ingénieurs et 10% pour les lauréats d’écoles de commerce.  Pour décrocher leur emploi, pas moins du tiers des jeunes lauréats ont dû rencontrer au moins cinq recruteurs (voir infographie). 
Malgré les difficultés rencontrées, les deux tiers des jeunes diplômés sondés déclarent être optimistes. Afin de trouver le poste idéal, ils privilégient les candidatures spontanées (74%)  et les jobboard (73%).  «Ces moyens-là ont depuis longtemps fait leurs preuves et ont gagné la confiance des jeunes diplômés», précise le management de ReKrute.com. Les réseaux sociaux, tels que LinkedIn, Viadeo, Facebook prennent de plus en plus de place dans les habitudes de jeunes fraîchement diplômés (63%). Les sites de recrutement des entreprises ont également la cote (43%). En revanche, les cabinets de recrutement, les forums de l’emploi, le réseau de proches (cooptation) ou encore les annonces dans la presse écrite, viennent en dernier recours, selon l’enquête.
En dépit de leur optimisme, seule une infime proportion des jeunes diplômés (6%) semble satisfaite de son premier job. Pour plus du tiers, il ne correspond à rien! Ils sont déçus du salaire, des missions, du climat de travail... En revanche, 14% indiquent que leurs tâches quotidiennes répondent à leur niveau de qualification, et 46% à leur formation.  
D’un autre côté, près de la moitié des jeunes lauréats sont stimulés par les défis du quotidien. Ils souhaitent donner du sens à leur rôle en entreprise, et pour y arriver, ils aspirent à plus de responsabilités et de challenge à relever. L’ambiance au bureau est aussi importante pour eux. 24% affirment qu’un bon climat de travail est essentiel. Tandis que près du quart, accordent une plus grande importance à l’autonomie dans l’exécution des tâches. Cependant, les relations avec le management semblent complexes. 27% déclarent ne pas être en parfaite osmose avec la hiérarchie de leur entreprise ou leur collègue. Le rythme de travail, lui aussi ne convient pas aux jeunes candidats qui, à hauteur de 35%, affirment ne pas en être satisfaits. Les perspectives d’évolution dans l’entreprise (52%), ainsi que la rémunération (59%) semblent décevoir un bon nombre de jeunes recrues. En effet, près du tiers démarrent leur carrière avec un salaire de 4.000 DH ou moins, et seulement 7% touchent plus de 15.000 DH (voir page V). 
Par ailleurs, 21% des jeunes diplômés affirment qu’aucune motivation particulière ne les stimule à aller au travail. Sa finalité est «purement alimentaire», en attendant de trouver une meilleure opportunité. Ces défaillances en entreprises poussent les jeunes diplômés à changer fréquemment d’entreprise. Plus de la moitié déclare avoir changé de travail au moins une fois en l’espace de quelques mois, dont 12% ont affirmé avoir quitté leurs employeurs plus de trois fois. 

Méthodologie

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La dernière enquête du jobboard, ReKrute.com, portant sur le recrutement des jeunes diplômés, a été réalisée en juin dernier auprès d’un échantillon de 2.719 titulaires d’un bac+4 ou bac+5. 
Ces jeunes disposent d’au moins trois ans d’expérience professionnelle. Près de la moitié des répondants (43%) possèdent un master, le tiers un diplôme d’école d’ingénieurs et 17% sortent d’école de commerce. Le reste est diplômé de l’université, de formations continues ou spécialisées dans différents domaines. Par ailleurs, plus de 50% de ces jeunes occupent leur premier job depuis moins d’un an, le quart sont en poste depuis 1 à 2 ans, et le reste depuis plus de deux ans.
 L’étude du site d’emploi prend également l’âge en considération. Plus de la moitié des répondants sont âgés de moins de 25 ans. 40% sont âgés de 25 à 30 ans, et 9% de plus de 30 ans. En outre, le tiers n’a aucune expérience professionnelle. Le reliquat a, à son actif, entre 1 et 3 ans en entreprise. 

 

 

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