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Analyse

Lait frais: La filière en quête de relance

Par Nadia DREF | Edition N°:5044 Le 13/06/2017 | Partager
Les industriels font face à une surproduction ouvrant la voie à l'exportation de produits laitiers
5 entreprises absorbent 75% du chiffre d'affaires du marché
La filière compte 400.000 producteurs réunis autour de 82 industriels
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La filière laitière fait face à une surproduction en 2017, en raison de la hausse de la production couplée à une baisse de la consommation. Un déséquilibre entre l’offre et la demande qui risque de s’aggraver dans les années à venir. Cette situation est la conséquence d’une surproduction observée en période de haute lactation et de la concurrence déloyale du circuit informel ou colportage (laiteries) qui vendent le lait moins cher au détriment de la santé des consommateurs.

Face à ce constat, les industriels se tournent vers l’export pour écouler leurs stocks d’invendus. «La production du lait en poudre a été dictée par la nécessité de valoriser le surplus du lait produit et collecté par les usines, en dépit de sa compétitivité par rapport au marché international», précise-t-on auprès de la Fédération interprofessionnelle marocaine du lait (Fimalait).

Actuellement, cinq usines produisent annuellement  entre 18.000 et 20.000 tonnes de poudre de lait, en fonction du surplus de lait enregistré dans l’année. La Fédération dénonce la concurrence des opérateurs internationaux, notamment ceux issus des pays avec lesquels le Maroc a conclu des accords de libre-échange (ALE).

Forte d’un contrat-programme avec Etat, la Fimalait compte mettre en place un plan visant la préservation des équilibres économiques de la filière à travers un ensemble de mesures axées sur la promotion de la consommation locale, l’amélioration de la qualité des produits et la recherche de marchés extérieurs pour l’exportation.

S’y ajoutent le développement d'unités de transformation de produits à forte valeur ajoutée ainsi qu’une offre de lait en poudre en substitution aux importations. Ces actions rentrent, d’ailleurs, dans le cadre du contrat-programme signé avec l’Etat pour la période 2015-2020.  

Au total, 82 industriels opèrent dans le secteur dont 5 entreprises génèrent plus de 75% du chiffre d’affaires total de l'industrie. Les chefs de file en termes de part de marché sont Centrale Danone et Copag. «La filière lait génère plus de 14 milliards de dirhams de chiffres d’affaires par an et joue un rôle social important, en particulier en milieu rural», fait valoir Abderrahman Benlekhal, directeur de la Fimalait.

Le secteur contribue à la création de près de 7 milliards de dirhams de richesse, répartis entre l'amont agricole (3,6 milliards) et l'aval (3,4 milliards). Plus de 400.000 producteurs tirent leur revenu directement de cette filière. Par ailleurs, plus de 474.000 emplois permanents sont créés le long de la chaîne de valeur, allant de la production à la transformation. Environ 2.700 centres de collecte ont été mis en place centralisant la production de lait et fournissant des services aux agriculteurs.

En matière d’investissements, ceux prévus concernent essentiellement l’amélioration de la chaîne de froid et de la distribution des produits ainsi que la mise à niveau de l'amont. A cet effet, les opérateurs bénéficient de l’appui de l’Etat. Pour la période 2009/2014, près de 6,4 milliards dirhams ont été investis dont 2,8 milliards à l’amont (cheptel de qualité, bâtiments d’élevage, équipements d’exploitation...), 3 milliards de dirhams à l’aval (unités de transformation) et 600 millions de dirhams comme appui de l’Etat.

Pour la période 2015/2020, le contrat-programme a inscrit un investissement de l’ordre de 6,6 milliards de dirhams, dont 1,27 milliard de dirhams apportés par l’Etat sous forme d’appui à la filière, 978 millions de dirhams pour l’appui à l’amont, 181 millions de dirhams pour le développement de l’aval et 111 millions de dirhams pour l’appui à la mise à niveau de la filière. C’est dire que nous assistons à une présence forte et continue de l'Etat en termes de politique de soutien principalement pour l'amont de la filière et le soutien à l'industrie, principalement à travers des subventions à l'investissement.

Organisation en amont

La production laitière nationale a atteint 2,25 millions de litres en 2016, contre 2,45 millions de litres un an auparavant. Elle a connu un accroissement de 39% entre 2008, année de démarrage du plan Maroc Vert, et 2016 et de 45% pour la quantité usinée et ce, malgré des années de sécheresse. L’amont est dominé par des élevages extensifs (environ 3 vaches par élevage). Selon les statistiques de la Fimalait, plus de 90% des agriculteurs ont de petits élevages (-10 vaches) et produisent 70% de la collecte. Le reste, soit moins de 10%, est constitué d’élevages modernes. Le circuit informel absorbe entre 20 et 30% de la production.

Quelques contraintes

La filière continue de faire face à de multiples contraintes:

  • - Un régime de TVA non homogène (taxation sur le chiffre d’affaires et non sur les valeurs ajoutées des produits transformés)
  • - Une augmentation des charges d’exploitation pour les usines de transformation
  • - Une exonération prévisible des produits laitiers dans le cadre des accords de libre-échange (lait en poudre, beurre, produits finis)
  • - Des coûts importants de la chaîne logistique supportés par les industriels afin de garantir la qualité du lait et sa salubrité.

 

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