Economie

Tourisme: 2017, l’espoir d’un redressement en Tunisie

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5038 Le 05/06/2017 | Partager
Le renforcement de la sécurité encourage les étrangers
La tutelle table sur 6,5 millions de visiteurs
tourisme-tunisie-038.jpg

Jamâa Ezzaitouna ou mosquée de l’olivier,  est le plus vaste et vénérable sanctuaire de Tunis.  Construit en 734, son minaret n’a été rajouté qu’au 19e siècle. Elle a su conserver une belle harmonie à travers les siècles. A une certaine période, l’art et la culture religieuse y ont été enseignés, en plus du Coran (Ph. TEG)

Loin des idées reçues, la Tunisie a, depuis le printemps arabe et les attentats de 2015 repris un train de vie normal. Après avoir supporté la forte instabilité causée par le soulèvement populaire contre le régime Ben Ali et les attaques terroristes, le tourisme balnéaire tunisien repart de plus belle. Secteur important pour l’économie tunisienne, le tourisme génère 7% du PIB (au Maroc, sa part est de 11%).

Depuis 2011, date du démarrage des soulèvements du peuple, l’activité a nettement décéléré. Ce n’est qu’en 2014 que la Tunisie réussit à regagner la confiance des touristes. Un fort retour est constaté sur les différents marchés, plus de 7 millions d’entrées, dont la majorité vient de l’Algérie, la Libye, la France, l’Allemagne ou encore du Royaume-Uni. Mais ça n’a été qu’une brève reprise.

«Nous avons connu des événements tragiques en 2015, suite auxquels, le secteur touristique a considérablement lâché. Nous avons enregistré seulement 1,3 million d’entrées d’Européens cette année-là, contre 2,8 millions en 2014», indique Ameur Bouzomita, chargé de la promotion du tourisme au Maghreb auprès de l’Office national tunisien de tourisme (ONTT). Dans sa globalité, le nombre d’arrivées dans le pays est passé de 7,2 millions en 2014, à 5,4 millions en 2015, pour reprendre légèrement en 2016 et s’établir à 5,7 millions.

touriste_tunisie_038.jpg

Pilier de l’économie tunisienne, le tourisme a été mis à terre suite aux attentats de 2015. Moins de 2 millions de touristes sur cette année. Un léger rebond de 7,5% a marqué 2016

D’un autre côté, la chute du tourisme n’est pas sans conséquences pour les Tunisiens. Le secteur générait alors plus de 400.000 emplois directs et indirects, dont plusieurs ont dû être supprimés en temps de crise. Pour redonner à l’activité son aura d’antan, le ministère de tutelle tunisien a lancé une stratégie pour le redressement du secteur.

Cette dernière est axée sur le renforcement de la sécurité, la rénovation de centres de formations, la communication digitale via des capsules de témoignages des touristes, la participation aux salons et foires à l’international, l’accueil d’agences de voyage dans des Eductours, auquel L’Economiste a été invité la semaine du 22 mai.

Le ministère du Tourisme croit fort en sa stratégie. Confiant, il table sur 6,5 millions de touristes pour 2017. Une ambition qui pourrait se concrétiser au vu des signaux prometteurs de ce début d’année, près de 37% d’entrées de plus entre la première période de 2016 et celle de 2017, (du 1 janvier au 30 avril). 

De plus, la destination a tout pour réussir son opération de charme avec une côte de 1.200 km sur la méditerranée, des sites archéologiques et historiques, musées, centres de thalassothérapie, des médinas pleines de trésors cachés,... Berceau de la civilisation carthaginoise, la Tunisie a été aussi impactée par d’autres cultures comme celles des Romains, des Arabes ou encore celles des chrétiens. Elle les a intégrées à des degrés divers pour donner ce qui représente aujourd’hui, la culture tunisienne. Le meilleur endroit pour s’imprégner de cette mixité culturelle est l’ancienne médina.

Celle de la ville de Tunis est l’une des plus vastes du pays (elle est inscrite depuis 1979 au patrimoine mondial de l’Unesco). A 70 kilomètres de la capitale Tunis, se trouve la station balnéaire Yasmine-Hammamet. A l’image de Tétouan, au nord du Maroc, Yasmine-Hammamet est l’une des villes les plus touristiques du pays. Les hôtels et palaces s’y comptent par centaines. Cependant, une grande partie d’entre eux ont dû mettre les clés sous le paillasson, suite aux tragiques événements survenus depuis 2011. Pourtant la destination a tout pour séduire et propose un service de qualité à des prix très compétitifs. La ville de Sousse est elle aussi pleine de charme.

tunisie-tourisme-038.jpg

La marina de Port el-Kantaoui a perdu de son attractivité. Seulement une poignée de touristes  s’y baladent. Les serveurs et moussaillons abordent les visiteurs en leur proposant des virées en bateau pour quelques dinars tunisiens (Ph. TEG)

Ancienne médina, plages somptueuses, musée et le très connu port de plaisance «El Kantaoui», s’y trouvent. Autre endroit idyllique, le village de Sidi Boussaid. Cette ville bleue est sans aucun doute l’un des plus jolis sites de la Tunisie. Paisible, il a attiré de nombreux artistes. Il faut grimper jusqu’au sommet pour profiter de la splendide vue sur la plage. L’un des meilleurs endroits pour le faire est l’incontournable café maure, le «café des délices».

Mis à part le balnéaire, qui est la première attraction touristique, la Tunisie a plusieurs autres atouts. Le pays recèle de milliers de sites historiques et archéologiques où les amateurs d’histoire se plairont.  Le pays compte aussi quelques belles oasis comme Tazeu, Nefta, Kébili... Par ailleurs, la Tunisie est classée parmi les meilleures destinations au monde en thalassothérapie. Près de 60 centres sont répartis sur tout le littoral où sont proposées des offres variées et compétitives.

Plage paradisiaque à perte de vue, désert, ruines romaines, parc d’attraction, ... il y en a pour tous les goûts. Le critère sécuritaire demeure le principal frein au redécollage du secteur. Pour cela des mesures assez draconiennes ont été instaurées. Caméras de surveillance dans les rues, en infrarouge, agents de sécurité dans les lieux publics.... Les hôtels, eux, sont encore plus vigilants. Ils se sont, presque tous, munis de SAS de sécurité et scanners.

Plus de 46.000 entrées de Marocains en 2016

DU côté des maghrébins, les plus importantes arrivées qu’enregistre la Tunisie sont celles de ses voisins algériens et libyens. En 2016, ils étaient plus de 1,8 million de visiteurs en provenance d’Algérie, et 1,2 million de Libye. Le Maroc, quant à lui, prend la troisième place avec seulement 46.547 visiteurs sur la même période. La Mauritanie, elle, n’enregistre que 13.586 entrées en Tunisie.
(Les chiffres ont été communiqués par l’ONTT)

DNES en Tunisie, Tilila EL GHOUARI

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc