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Analyse

Soft Drinks: L’industrie du jus toujours tributaire de l’import

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5036 Le 01/06/2017 | Partager
Le concentré de jus importé coûte 50% moins cher
La création de plantations dédiées à la transformation industrielle, une solution
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Ayant franchi la barre des 2,3 millions de tonnes d'agrumes, le Maroc garde sa position de gros producteur d’agrumes. Mais paradoxalement, les embouteilleurs nationaux importent la matière première sous forme de concentré de jus prêt à la consommation. «En réalité, il existe très peu d'unités de transformation d'oranges en jus ou en concentré au Maroc», explique Oussama Sebti, directeur général de Juice & Nectar Partner (JNP).

«Les prix proposés par le marché de bouche rendent inaccessible le fruit pour des transformateurs comme nous», ajoute-t-il. Sur ce créneau, le Maroc est très concurrencé par des pays qui ont su développer un système de production principalement dédié à l’industrie du jus. Il s'agit par exemple de l'Egypte dont les industriels bénéficient de subventions, l'Espagne ayant l’avantage de la proximité avec le principal marché européen.

S'ajoutent également le Brésil et le Mexique qui disposent de capacités de production d'agrumes et de transformation énormes. Ces pays peuvent par conséquent proposer aux embouteilleurs marocains de la matière première, du concentré surtout, à des prix plus abordables. «L’accord de libre-échange avec l’Egypte fait que le kilo de concentré d’oranges coûte à peine 1 DH alors qu’au niveau local les  prix dépassent 1,5 DH le kilo», souligne Khalid Bounajma, président de l’Association des conditionneurs d’agrumes au Maroc (Ascam).

Une situation qui explique le recours à l’import par les opérateurs qui peuvent se fournir en matière première puisqu’ils peuvent acheter à des prix 50% moins chers. Ainsi, les besoins des embouteilleurs nationaux ne peuvent être couverts par la seule production marocaine de concentrés pour des raisons de quantité et de prix élevé, étant donné que les producteurs doivent payer à toutes les étapes de la chaîne de production.

Pour tourner, l’industrie du jus au Maroc a besoin de bénéficier de prix très compétitifs ne dépassant pas 1 DH le kilo. «La création de plantations dédiées particulièrement à la transformation industrielle serait une bonne solution pour redresser la situation», propose cet industriel. Une formule qui a marché ailleurs et qui pourrait permettre au Maroc de continuer à produire du concentré de jus en grande quantité et à des prix compétitifs.

Actuellement, le marché local des jus de fruits est estimé à 200 millions de litres, dont 155 millions sont produits de façon artisanale chez les ménages ou dans des laiteries et cafés. Seuls, 45 millions de litres de jus proviennent de l’industrie.

Après la croissance...

Le développement des superficies dédiées aux petits fruits a connu  une croissance rapide dans le cadre du Plan Maroc vert (PMV). Toutefois, cela n’a pas été le cas pour les oranges car elles sont très concurrencées sur les marchés traditionnels. Ces fruits mettent par ailleurs plus de temps pour  entrer pleinement en production, contrairement aux petits fruits. Ce qui a accentué le déséquilibre du verger national, sachant que le marché local est très demandeur d’oranges. Le défi aujourd’hui est de mettre en place un système de régulation du marché local pour organiser la partition de la production agrumes au niveau national pour que chaque marché prenne les quantités dont il a besoin, à des prix rentables et bénéfiques pour les producteurs, de même que pour les consommateurs.

L’avantage égyptien…

L’Egypte ne connaît pas de stress hydrique, grâce au Nil. Une situation qui a permis à ce pays, en quelques décennies, de passer d’une production de 500.000 à 3 millions de tonnes. Et les plantations sont toujours en cours pour davantage développer la filière des agrumes.

 

 

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